vendredi 12 février 2016

AGORRETA : UN JOLI PROJET.




Bonjour à tous !

Le vent souffle, la pluie s'insinue. Un vrai temps de chien, à ne pas mettre les miens dehors.





Je suis sortie chercher le navet, rentrer du bois, et, ma foi, pour ce vendredi de repos, je vais vaquer en intérieur.
Une bonne virée au grand air vif dans l'après-midi, pour oxygéner le neurone, et ce sera tout à fait bien pour moi.

Je vous ai terminé notre histoire du Chemin des Crêtes.
Vous avez partagé avec moi ces péripéties un peu ridicules. Elles nous ont pourtant tenus en haleine durant plusieurs années.

En 2006, nous étions vacants de toutes ces tracasseries. Satisfaits d'avoir mené à terme ce modeste mais tout de même joli projet familial.
Aguerris à la manœuvre,  nous nous sentions des fourmillements au bout des doigts.
En faisant tourner l’œil, autour d'Agorreta, d'autres possibilités de remblaiement pour une future mise en culture facilitée, se proposaient à nous. 
A croire que ce brave maire d'Urrugne, avec son "Centre d'Enfouissement Technique Type 3",  avait fini par nous le rentrer dans la moelle, à force, à force !

Agorreta est confortablement installée sur un monticule. Autour, les terrains sont pentus, et les reliefs accidentés.





Ces clichés datent de plus d'une vingtaine d'années.

Vous retrouvez le tracé du chemin encore existant dans sa partie haute, près du cabanon.

Le point le plus bas, avec le vieux pommier, est aujourd'hui à plusieurs dizaines de mètres en dessous de la surface.

















A Agorreta, il y a toujours eu des vaches colorées.

Depuis 1936, année de l'arrivée de mes grand-parents maternels à Agorreta, les terrains alentours ont fait pacager des dynasties de ces bêtes noires et blanches, fauves ou grises.

Nos vaches, nos bêtes, ancêtres des actuelles, en lignée plus ou moins directe :





Notre tradition familiale, à Agorreta, notre quotidien d'aujourd'hui, et notre idéal pour demain, envers et contre la marche d'un temps différend.


Mon frère aîné, en 2006, regardait ce paysage avec gourmandise. Et convoitise...





Cette vue, vous la connaissez, elle date de la fin d'année 2014. Le travail était déjà bien avancé.



 La neige en 2015 nous tomba dessus en février.






























































































































































































Voyez l'évolution sur un peu plus d'une année. Et imaginez le travail sur près de dix.

A Agorreta, nous avons eu la chance de travailler en paix. 
Nous sommes les premiers voisins de ce projet, et parties prenantes.
La mairie d'Hendaye, elle, est notre partenaire. 
Le maire, en 2006 et maintenant encore, un homme de bon sens et de grande qualité. Capable d'écouter, d'entendre et de comprendre. Capable de concilier et d'aplanir les difficultés, sans jamais attiser les conflits ni les envenimer. Un véritable homme de responsabilité, habitant sa fonction comme on entre en sacerdoce. Par nature profonde et conviction.

Nous avons avec la municipalité uni nos terrains, pour pérenniser un paysage et valoriser des matériaux de chantiers.
Mon frérot l'aîné s'est attelé à la tâche à sa manière particulière, solitaire et têtue. Jour après jour, il a mis en forme sa vision d'un travail d'artisan patient et tenace.

Nous voyons notre paysage prendre forme. Nous espérons voir bientôt la large prairie étaler sa générosité devant mère-Rhune l'impassible.

J'imagine mes vaches, ou leurs filles, paissant bientôt sur ces terres issues de friches il y a 80 ans.

Agorreta est la dernière ferme traditionnelle d'Hendaye. Elle est la mémoire et la marque vivante d'une histoire et d'un mode de vie.

Je ne m'accroche pas au passé. J'y puise la ressource et la force de regarder l'avenir sereinement.

Ce que les vieilles pierres d'Agorreta ont connu et enduré, elles sont capables de le connaître et de l'endurer encore longtemps. Tel est du moins mon souhait le plus cher.

Nous suivrons ensemble le déroulé de  ce quotidien simple et ordinaire. Riche et plein de sens.

A une prochaine fois, et bonne fin de semaine à tous !

mercredi 10 février 2016

CHEMIN DES CRÊTES : EPILOGUE




Suiveurs des aventures du Chemin des Crêtes, bonjour !

Le temps est bien "chaffouin", ce matin. Pluie persistante et entêtante. un joli temps pour écrire, lire... et peindre ! Et oui, je n'ai pas tout à fait terminé mon chantier intérieur. Je vous montre le résultat, bientôt.







Revenons à cet été 2004.

Au plein mois de juillet, aiguillonnés par un innocent courrier de la mairie d'Urrugne, nous reprîmes le flambeau conquérant des lutteurs acharnés.


Mon courrier de réponse était l'amorce d'une dernière ligne droite en accélération. La sortie du dernier virage de la course.






Je mettais tout le monde dans la partie.

Bien décidée à impulser le dernier sprint, je convoquais l'ensemble des participants de notre épopée rurale.

Le temps des masques était tombé.
J'écrivais en mon nom propre, et m'adressai à ce rival de qualité, en la personne du Directeur des Services Techniques.

Il n'était plus temps de nous cacher respectivement derrière mes frères, derrière le maire. 
Je m'apprêtais à un affrontement direct, tels les duellistes convoqués au pré à la petite aube.

Je n'eus jamais cette satisfaction. Le grand Boyé ne daigna pas me l'accorder, du haut de ses centimètres et de sa prestigieuse fonction. Bah ! Je pris le parti de me passer de la scène qui m'était refusée.


Les voisins étaient cités pour le plaisir du spectacle. Leurs interventions,  nos discussions, nos accords, tous ces simulacres retournaient dans les limbes d'où nous ne les avions sortis que pour la parade.

Je regrette cette désinvolture à peine voilée d'alors. Ces gens méritaient plus de respect et de considération. J'étais aveuglée par mes peurs, mes ressentiments. Incapable de leur accorder l'attention qui semblait m'être refusée, à moi. Quand j'aurais pu mériter cette attention, en m'en montrant dispensatrice moi la première. 

Il est difficile de s'extraire d'une spirale vicieuse de ce genre. On y entre bien plus facilement qu'on n'en sort...


La réaction de la mairie fut très révélatrice.
L'agacement de notre grand Jean-Bruno Boyé lui faisait perdre son latin... et ses mots.
Nous reçûmes par courrier une lettre plus ou moins définitive, et le brouillon qui l'avait précédée. 
Je notai la date anniversaire de notre fameuse réunion en plein air, dans le grandiose amphithéâtre du Chemin des Crêtes, nimbé de soleil couchant.








Tiens, mon si emblématique biais !

Vous y êtes-vous faits ?

Moi, oui...

Tenez, celui-ci est irréprochable :
























Je m'amusai de voir ce désordre, de sentir ce mouvement d'humeur. 
Ça me consolait des miens ! Piètre nature humaine, satisfaite de constater les faiblesses d'autrui, au lieu de combattre les siennes...

La mise en demeure grasse et solennelle ne m'impressionnait évidemment pas. Nous étions bien au-delà de ces intimidations pathétiques !

Ma réponse fut dans la lignée de toute l'affaire : impertinente et joueuse, sur un fond d'authentique rébellion :











































Je me régalais. Je sentais la partie gagnée. Mes arguments bien défendus se tenaient. J'avais rôdé leur déroulement et maîtrisais parfaitement les enchaînements de l'un à l'autre. Ces voltiges là me plaisaient.

J'avais fait l'année précédente, à l'occasion de nos multiples visites au commissariat de police, suite aux coupables agissements du terrible Oronos, connaissance d'une ou autre figure marquante de l'équipe en place.
Deux majors, particulièrement, ont gravé leur souvenir dans ma mémoire. Deux styles tout à fait opposés : l'un, petit homme doux et discret, au pâle regard rêveur, le major Huet. Le second, se dénommant lui-même "l'ours des Pyrénées (!)", beaucoup plus interventionniste et rubicond, le major Groundt (là encore, pas de certitude orthographique).
Deux hommes attachants, chacun à sa manière, que notre histoire ne laissait pas indifférents.
Deux figures, rattachées à cet épisode, y inscrivant une marque sympathique et optimiste.

Notre parcelle du Chemin des Crêtes fût ensemencée dans sa totalité, comme prévu, durant l'année 2005.
Nous y fîmes nos premières récoltes en 2006.

Aujourd'hui, elle s'étale, large et paisible, face à la mer, tour à tour calme ou démontée, comme ces jours-ci, ou plane et diffusément noyée dans le ciel, comme le matin où j'ai pris ces clichés.





















Au delà de cette réussite, j'en retiens notre cohésion familiale d'alors, notre union dans la défense d'un projet commun.
J'en retiens un éclairage judicieux des différentes personnalités rencontrées, cette chance d'avoir recueilli une connaissance condensée de la nature humaine, de ces richesses et de ces écueils.

Je suis contente d'avoir vécu ces deux années. Contente de  cette petite bataille et de son issue.
Ces souvenirs rassemblés ici m'ont ramené des images pleines de lumière, et d'autres, moins claires, de ces jours où le découragement nous faisait ployer les épaules.

Aucune partie n'est gagnée d'avance. Je le sais. Mais aucune ne se gagne en partant vaincu. Ça aussi, je le sais... et je le retiens.

J'espère que notre petit conte rural vous a divertis. Et je renouvelle mon sentiment amical à tous ses participants. A ceux qui m'ont aidée en m'aidant, et à ceux qui m'ont aidée en ne m'aidant pas, aussi !


Je terminerai cet épisode des Nouvelles d'Agorreta, en revenant à Agorreta, justement, où notre goût pour les grands travaux nous a fait recommencer un autre grand projet, à notre échelle :







A la prochaine fois !






mardi 9 février 2016

ET LE CRIC FIT CRAC !!



Bonjour !

Les nouvelles d'Agorreta vont aujourd'hui se télé-transporter à la jardinerie Lafitte.
Je vous ai déjà parlé de mon lieu de travail, plus haut.

J'ai cette chance de travailler dans un milieu que j'aime, avec des gens que j'apprécie.
Je vous ai évoqué le milieu enchanté de la jardinerie, ce petit monde improbable et magique.
Je me sens à la jardinerie comme chez moi, "à la maison".  

Mes deux mondes, Agorreta et la jardinerie Lafitte, se rejoignent par une passerelle subtile et intangible. Question d'ambiance et d'atmosphère.

Chez Lafitte comme à Agorreta, les situations les plus rocambolesques se donnent volontiers rendez-vous.

Je vous raconte notre péripétie de la matinée, ici, à la jardinerie.

Vous le savez, ou pas, nous sommes en travaux depuis une bonne semaine.
Nous refaisons le revêtement de la pépinière. Nous avons détruit les jauges en bois, ces grandes jardinières remplies de terreau où nous présentions notre choix de plantes à vendre.




 

Nos équipes de Lafitte Paysages sont parfaitement outillées pour ce genre de travaux d'envergure.











Le démontage des jauges a été rondement mené. Les rondins de bordure empilés en petits tas, rapatriés pour recyclage, attendaient sagement.

Le réverbère sentait venir la marée mauvaise.

Nous l'avons lui aussi conservé, pour éventuel usage ultérieur.

Je vous le dis, Lafitte et Agorreta, même combat !






A grands coups de pelleteuse, le travail avance bien vite.

Notez cette coquette muraille de Chine version Laffitesque, rondement alignée le long du périmètre en chantier.









Dans la jauge dédiée au potager naturel, les fèves et petits-pois fleuris, délicats et touchants dans leur vulnérabilité, n'ont pas ému grand monde.
Ils ont suivi le train en marche...




Ce matin, à mon arrivée, je constatai une petite curiosité, une anomalie, une incongruité :





Notre petit élévateur maison, un engin un peu ancien, semblait en mauvaise posture.

Il était seul, au fond de la pépinière, embourbé dans un endroit gravillonné. Mince...

En principe, notre élévateur dort dans la réception, à l'arrière du magasin. Il en sort pour décharger les camions venus nous livrer de la marchandise.


Il n'a pas grand chose à faire dans la pépinière, même en chantier...
Quelle aventure l'avait mené jusque là ? Quelle distraction, quel détournement de fonction ?
Inutile de vouloir creuser la question. Mieux valait garder les forces pour creuser... sous la machine, le gravillon méchamment amoncelé sous le carénage massif.
La bête est lourde, plus de deux tonnes au garrot. 
Avec deux ou trois collègues jeunes et vigoureux, pourtant, nous ne sommes pas parvenus à le sortir de là.
Nous avons bien essayé de le hisser avec le cric de notre fourgon.





Nous comptions sur cette jolie dalle bétonnée pour nous servir d'appui.
Le fait est, la dalle a tenu. 
Le cric, lui, a fait... crac !!

Bien...
Le tractage par le fourgon maison n'a rien donné de mieux.
Les environs étant minés par des zones gravillonnées, fourbes et traîtresses, nous étions un peu empêchés dans nos mouvements.








Finalement, nous nous sommes résignés à demander un prompt renfort.
En la personne d'un remorqueur de belle corpulence :




Je ne vous dis pas la manœuvre pour introduire ce monstre dans notre petite pépinière !

Nous avons la particularité chez Lafitte d'avoir une réception exiguë.
 Demandez au premier livreur arrivé chez nous ce qu'il en pense ! Nous partageons notre cour arrière avec les établissements Labruquère. L'aire de réception marchandise ressemble à un sas, long et étroit, où il faut louvoyer entre les fourgons, les palettes et autres obstacles de toutes sortes et tous gabarits.
Les portails ne sont pas excessivement larges, eux non plus. Remarquez, depuis le passage du remorqueur de ce matin, l'un deux a pris un bon  mètre d'ouverture supplémentaire... Bah ! ça nous fera l'occasion d'en mettre un neuf, celui-ci datait un peu...

Imaginez donc, ce remorqueur imposant, cet éléphant arrivé dans un magasin de porcelaines...

Le chauffeur, adroit, certes, était perplexe. Le  gaillard chevelu et barbu à la droite sur cette photo se voyait mal engagé dans cette galère... Un agacement grandissant le gagnait. Il en devenait nerveux.
Avec l'équipage gouverné entre ses mains, nous aussi, nous devenions nerveux, et passablement inquiets !
Nos collaborateurs à pieds esquivaient comme ils le pouvaient la grosse mécanique en marche.
Finalement, le remorqueur fut rendu sain et sauf, sans faire de victimes collatérales sur la scène du délit :





Le grutier avait repris ses nerfs. Avec maestria, il accrocha délicatement notre élévateur en péril, le souleva avec douceur, et le hissa sur la terre ferme.
Une opération respectueuse, et émouvante.
Nous assistâmes à l'opération, le cœur serré de voir notre  vieil engin en si mauvaise posture.

Plus de peur que de mal au final.
L'élévateur a retrouvé son logis, sain et sauf.
Les grutiers sont rentrés dans leur repaire, prêts à ressortir pour une autre intervention de sauvetage.
Et nous, nous nous sommes divertis sur notre lieu de travail, encore une fois.

A la jardinerie Lafitte, chaque jour est une petite fête !

Je vous retrouve bientôt, à Agorreta ou sur le Chemin des Crêtes, selon mon inspiration du moment...



lundi 8 février 2016

CHEMIN DES CRÊTES : ÉTÉ 2004




Suiveurs des aventures du Chemin des Crêtes, bonjour, et bienvenus aux promeneurs en ces pages !





Les turbulences météorologiques annoncées semblent loin de nous, sur Agorreta, ce matin.
Les irisations rosées parlent quand même de risques pluvieux. Les augures sont certes sympathiques, mais pourraient s'assombrir...




Côté sud d'ailleurs,  les roses bistrés s'accentuent, derrière les Trois Couronnes.

Les boules de gui perchées en parasites hautains sur les silhouettes élevées des acacias ponctuent le ciel de leurs noirceurs piteuses.











Le long Jaizkibel  connait les tempêtes, passées et à venir.
Il sait faire le dos rond.
Pas d'inquiétude inutile sur ce paisible flanc.

Les alarmes anticipées sont fatigues et pertes d'énergie.
La lourde et ancienne roche ne se laisse pas prendre à ces pièges mesquins, dans sa grande sagesse...





Sur le Chemin des Crêtes, été 2004, la pause du début d'année a reposé les troupes.







En ce début d'été, les braises couvent toujours sous les cendres tièdes.
Notre grand projet est en suspens, mais, dans nos têtes, nous n'avons pas renoncé.
Nous irons jusqu'au bout, cela prendra le temps que cela prendra !

Le frérot aîné continue l'aménagement de la parcelle. Les apports de terre sont ralentis, mais pas arrêtés. Notre opiniâtreté nous maintient le front haut. Nous n'avons pas capitulé. Nous continuons, et continuerons jusqu'au terme de notre entreprise.

La mairie, étonnée peut-être du calme apparent sur le Chemin des Crêtes, nous fait un discret appel du pied.
Je vous l'ai dit, ce grand Boyé, géant dans un bureau trop petit pour lui, manque de distraction, parfois.  Ce début d'été 2004 ne doit rien lui amener de suffisamment divertissant...

Il se fend d'une petite missive à notre intention. Comme le vieux matou taquine du bout de la patte aux griffes rentrées la souris immobile :






Tiens, je m'aperçois seulement maintenant d'une erreur de ma part : le petit nom du grand Boyé, c'est Jean-Bruno, et non Jean-Dominique... J'avais adouci inconsciemment tout ces B aboyeurs en un D mouillé et affectueux !
Comme quoi, au fond de moi, je lui garde amitié, à cet homme...


Et quel humour ! Notez le choix délicat de chaque mot, ce conditionnel doucereux et aussi malicieux qu'un clignement de paupières appuyé. Non, vraiment, ce Jean-Bruno, faute de Dominique, est une personnalité bien attachante !

Je ne résistai évidemment pas longtemps à cet appel du pied. Vous me connaissez :








Je saisis immédiatement l'occasion de repartir en croisade.

Je ratissai au plus large, par souci d'efficacité.

Le temps de repos avait à mon goût assez duré.
Il fallait maintenant redevenir actif, et relancer la machine.

Mon petit courrier empoisonné mit comme prévu le feu aux poudres.


Les voisins s'alarmèrent comme un seul homme.

Leur réaction ne se fit pas attendre.
Ils ne vinrent pas nous voir, non. Evidemment, non...

Ils repartirent à l'assaut des autorités, mairie, polices, et tutti-quantti...

Ils se voyaient revenus une année en arrière. Les affres d'alors, dont le souvenir s'assoupissait à peine, revinrent assaillir leur imagination craintive.

Nous étions prêts à ferrailler, de nouveau, de part et d'autre...





Nous, les paysans, avions avancé. Nous voulions arriver au bout.

Notre entêtement ne s'était pas assagi.

Tels les augures de ce matin, notre projet gardait toutes ses potentialités vives.


Nous avions appris à attendre, à temporiser, à concilier... les conciliables.

Les inconciliables, nous en faisions notre affaire !







Au plein été 2004, comme les révolutionnaires s'emparant de la Bastille, nous reprîmes les choses en main !


Je vous termine ce petit conte rural bientôt.

J'entends pour aujourd'hui les premiers souffles du vent agiter l'ambiance trop calme de ce matin.
La tempête s'approche. Nous l'attendons. Comme le Jaizkibel, nous allons tâcher d'esquiver, faire le dos rond.
Et espérer avoir suffisamment ployé pour ne pas nous laisser briser, et avoir la force et le courage de tenir encore, et encore !



vendredi 5 février 2016

CHEMIN DES CRÊTES : DÉBUT 2004




Bonjour tout le monde !





Un de ces matins purs encore sur Agorreta.








La baie sort doucement de la nuit.
Elle s'apprête avec reconnaissance à accueillir une de ces journées splendides et bienfaisantes.

















Le maître des lieux attend la montée su soleil.

Dans la vieille cuisine, près du poêle ronronnant, il fait bien bon...












Un moment plus tard, lui, l'ancien vénérable, et Lola, la doyenne de la mini-meute d'Agorreta, savourent côte à côte la chaleur amicale du franc soleil d'hiver.

Un bienfait, un de plus, donné en grâce...








Chemin des Crêtes, en ce début d'année 2004, une certaine fatigue mettait certains de nos combattants à terre.






Le frérot aîné, particulièrement, accusait le coup.
Son cœur trop sollicité par les tensions et émotions de l'année précédente, faisait des siennes.
Quelques crises de tachycardie  alarmaient notre petit noyau guerrier.








J'avais brandi le drapeau blanc.
Je demandais une halte dans les hostilités.

Le trafic d'activité était de toute façon réduit.
Nous pouvions faire une pause, histoire de faire retomber la pression.

Nous décidâmes de continuer les apports de terre sur la parcelle, avec le seul camion "maison".

Les voisins, assagis eux aussi et sûrement soulagés de ne plus avoir à lutter pied à pied, se tenaient tranquilles.

Oronos faisait toujours partie de notre décor, à sa manière particulière, mais mollement, sans y mettre plus d'énergie que ça.

Lui aussi s'amusait moins sans doute de cette situation plus ou moins installée maintenant.








La mairie restait sur ses positions.
Elle ne pouvait pas trop faire autrement, sans se défausser.

En signe de bonne volonté, pour ce début d'année, en bonne résolution, elle proposait d'éclaircir la situation confuse de cette fameuse parcelle communale CA107, credo du terrible Oronos.
Une parcelle, anciennement chemin, ce fameux chemin qu'Oronos voulait voir réhabiliter pour pouvoir relier les deux terrains qu'il espérait, un jour, faire siens... Dans son délire !

Reportez-vous aux premiers articles de ce volet sur le Chemin des Crêtes, pour vous y retrouver, dans ce pataquès !




Vous noterez ces "respectueux hommages", un peu inusités, du très urbain Mr Marin. Un homme de grand cœur, j'en suis sûre.  Mieux taillé pour faire un bon grand-père qu'un maire respecté, toutefois.

Le premier semestre 2004 fut émaillé de quelques incidents, évidemment. Quelques frasques Oronésiennes, quelques vagues allusions d'autorités résignées, rien de bien marquant.

Le grand frérot se remit. La belle saison nous vint.
Notre belle terre prenait bonne allure. Nous pensions ensemencer sur l'automne, toute la partie basse de la parcelle.

Notre projet, si contrarié, semblait pouvoir aboutir.
Nous nous laissions le temps de souffler, de respirer, avant de repartir au combat, puisque nous étions tout de même décidés à ne pas abandonner, si près du but.

La lumière se laissait espérer. Sa lueur animait notre foi.


Je vous raconte l'été et l'automne 2004, le dénouement, les prochaine fois. 

mercredi 3 février 2016

CHEMIN DES CRÊTES : FIN D’ANNÉE 2003



Suiveurs de nos aventures du Chemin des Crêtes, bonjour !

Nous nous sommes quittés à la fameuse réunion d'octobre, en mairie d'Urrugne.




Cette réunion fut la deuxième occasion de notre rencontre avec l'ensemble des voisins, après celle de la fin du mois d'Août, au plein air.

L'une comme l'autre de ces réunions ne donnèrent pas grand chose. Pour la simple et bonne raison que nous restions, les uns et les autres, sur notre quant-à-soi.
Ces tentatives de conciliation n'étaient pas suffisamment sincères pour aboutir. Nous voulions donner le change, proposer en gage une bonne volonté de façade.
Au fond de nous, nous ne voulions pas comprendre les raisons et admettre la légitimité des motivations de ceux que nous affrontions. 
La confrontation n'était pas, de façon déclarée, hostile. Elle n'en demeurait pas moins biaisée par des à-priori restés vifs et aiguisés. Nous faisions mine, histoire de paraître prêts à écouter nos "confrontants", ce que nous n'étions véritablement pas.
Le jeu de rôles dans ce cas ne visait pas à distancer la passion, à préserver nos individualités hérissées pour arrondir les angles. Et faciliter un dénouement espéré.
Non, le jeu de rôles tendait à masquer, à maquiller. 

Mauvaise base pour obtenir un accord durable et sain... Un de ces accords après lequel tout le monde fait ouf !! A la suite duquel chacun ressort soulagé d'un poids trop lourd à porter.

Nous savions tous, nous, les voisins, les gens de la mairie, à quoi nous en tenir. Ces mascarades étaient du "politiquement correct". Nos volontés respectives restaient dans le fond inébranlables.
Cette fin d'année 2003, et le début de la suivante émaillèrent par des échanges épistolaires nerveux la démonstration d'une mésentente larvée.

















































































Mes rapprochements d'avec Mr R. n'avaient d'autre but que de nous faire gagner du temps.
Les courriers échangés n'étaient que des leurres, piètres mais suffisants à maintenir un semblant de dialogue avorté.

Mes rencontres avec cet homme aujourd'hui disparu me firent entrapercevoir une forme d'intégrité touchante, un souci de rigueur. Confinant à la rigidité, Presque. Il n'est plus temps d'essayer de comprendre l'homme. Il n'est plus. Peut-être de rendre une forme d'hommage à sa mémoire, tout de même...



































































Notre projet continuait, tenace et conforté par notre satisfaction d'avoir tenu bon jusque là, et l’opiniâtreté de continuer encore, jusqu'à son terme, maintenant à portée.
Nous nous accrochions, comme ce vieil arbre à son rocher :








Et nous avions raison de nous accrocher.
Comme nos voisins avaient raison de se méfier de nous.
Comme les gens de la mairie avaient raison de s'agacer de notre entêtement.

Tout le monde avait raison, de son point de vue. Et tous les points de vue, aussi respectables soient-ils, étaient inconciliables.

Il est des situations, où la meilleure volonté du monde ne suffit pas.
Et il en est d'autres, Dieu merci, où une toute petite once de cette même bonne volonté, même défaillante et fragile, fait tomber les murs et relègue au loin des pans entiers d'ombres lourdes.

Admettons les premières, sans nous y fatiguer, et cultivons la bonne réussite des secondes...





Parce-que la véritable belle lumière est au bout de ce chemin là !

A une prochaine fois, sur les hauteurs du Chemin des Crêtes, ou celles d'Agorreta !