mercredi 9 août 2017

QUELQUES DATES



Bonjour !

En ce matin frais gris humide, tout à fait incongru pour un 9 Août, mettons un peu d'ordre dans nos placards de famille.

Vous l'avez constaté, je le déplore sans m'en désoler trop non plus, il y a dans ce "bloc" quelques approximations, au mieux, des omissions, souvent, des confusions et amalgames,  quand ce ne sont pas carrément des erreurs patentées...
Mon histoire de famille se construit au fil des mois, suivant les entretiens décousus et aléatoires glanés à la source, à savoir mon père, sur le point de fêter son entrée en 90ème année le mois prochain.
L'homme est comme les anciens, sa mémoire s'aiguise au fil de la remontée dans le temps.
Il est bien plus fiable sur les dates des années 1920, 30 ou 50, que je ne le suis moi-même sur celles du début de notre joli siècle contemporain. Alors, voyez !

Je vous livre ma connaissance imparfaite au fur et à mesure de son avancée, et ce cheminement en lui-même m'intéresse presque davantage que son terme.
Je vous l'ai dit et vous le répète, les motivations de nos errances en disent aussi beaucoup, sur un factuel plat et réducteur.
Je me trompe, oui ; j'ai cru longtemps des choses qui n'étaient pas véridiques, aussi.
Loin de me flageller de mes erreurs, je me demande au contraire avec intérêt pourquoi je les ai commises,  quels indices m'ont conduite à croire ceci, fabulé, plutôt que cela, avéré.
Mon imagination fertile y est pour beaucoup, sans doute, mais, cette imagination, quelque chose la nourrit et la mène. Ce quelque chose m'intrigue, et me séduit.

La mise à plat de ces quelques dates va remettre ces méandres mystérieuses dans le fil plus droit d'un cours dont la logique se révélera à l'étude.

Je suis particulièrement interpelée par mon oncle Domingo, ce sixième, dernier de la fratrie Olaciregui, dont le nom revient souvent, quand le personnage s'éclipse et sautille dans le temps en séquences distordues.
Je le croyais plus vieux que ma mère. J'étais persuadée qu'il était mort bien plus jeune que ses 28 ans réels.
Je ne l'imaginais pas présent à la ferme Agorreta quand mes parents jeunes mariés s'y sont installés. Il l'était, pourtant.
Je pensais que nous allions nous recueillir sur sa tombe, à Biriatou, quand il a du être enterré aux Etats-Unis.
Ma mère évoquait parfois "Domingo zena", le défunt Domingo, Celui qui était Domingo, littéralement. Je reviendrai sur cette tournure si intéressante, là encore...
Rarement, elle parlait de Domingo vivant, sauf pour raconter comment il lui avait, par jeu, paraît-il, fiché la lame d'un couteau dans la joue !

Plus souvent, Nicolas venait illustrer une anecdote ou autre, quand les feux frères partirent  aux "Amériques" à une seule année d'intervalle.
Pourquoi Domingo s'est-il ainsi effacé des mémoires ? Sa mort mystérieuse dans les montagnes du Nevada l'a-t-il rendu trop douloureux à évoquer ?

J'ai été aussi très surprise de découvrir par Carmen Estomba, tout dernièrement, ce José, assassiné lui en 1943, en pleine guerre, à même pas 22 ans. De voir pour la première fois une image de lui.
Ce José que je baptisais jusque là Iñazio, et dont sûrement la dépouille a reposé sous cette tombe de Biriatou que nous allions visiter autour de la Toussaint.

J'ai allégrement confondu les deux frères, sur de vieilles photographies sépia.
Toutes ces erreurs ont une raison d'être. J'y regarderai, et distillerai ma version, en son temps.

Pour aujourd'hui, je pose juste les dates, pour les figer, et les avoir à portée de ma petite enquête familiale.

Je vais faire ça par ordre chronologique, histoire d'insuffler un semblant de logique dans ce désordre, justement !

Nous commençons tout de même deux siècles en arrière...

1894 : Naissance de José Iñazio Ildefonso Olaciregui y Delpuerto, mon grand-père maternel
1896 : Naissance de Manuela Carrera y Mancuso, ma grand-mère maternelle

Voyez, ça remonte à loin, tout ça !
Poursuivons :

1914 : début de la première guerre mondiale

1917 : Naissance de José-Marie, fils naturel de Manuela Carrera y Mancuso et  Iñazio  Olaciregui y Delpuerto, les parents de ma mère.

1918 : fin de la première guerre mondiale

1920 : Mariage de Manuella et Iñazio.

Pour la suite, nous intégrons les Legorburu, ancêtres paternels :

1921 : Naissance de José Olaciregui
1922 : Naissance de Nikolas Olaciregui
1923 : Naissance d'un enfant mort-né Olaciregui
1924 : Naissance de Carmen Olaciregui, ma mère
           Naissance TTottepin, chez les Legorburu, fratrie de mon père
1927 : Naissance d'Antton Legorburu
1928 : Naissance de Joseph Legorburu, mon père
1929 : Naissance de Domingo Olaciregui
1930 : Naissance de Léon Legorburu
1933 : Naissance de Pantxika Legorburu
1935 : Naissance de Jean Legorburu mort-né.

Voilà pour la première séquence naissances : les enfants pleuvaient drus, en ces temps-là. Morts ou vifs, les femmes n'avaient pas trop le temps de souffler, n'est-ce pas ?
Les temps morts correspondent sûrement à quelque chose... ou alors à la fatigue de ces ventres trop sollicités !

Prenons la suite :

1936 : Arrivée des Olaciregui d'Oyartzun à Hendaye, au début de la guerre civile espagnole
           passage à la ferme Domingoenea (!), puis arrivée à Agorreta

1939 : début de la deuxième guerre mondiale

1940 : Baptême  des parents Olaciregui
1942 : Baptême de José-Marie Carrera
1943 : Assassinat de José Olaciregui

1945 : fin de la deuxième guerre mondiale

1947 : Mariage de José-Marie avec Mayi d'Erreka
1950 : Mariage de Tottepin avec Pantxoa Alzuguren de Ciboure
1951 : Mariage de mes parents
           Léon migre aux U.S.A
1952 : Naissance de mon frère Gabriel
1953 : Naissance de mon frère Inazio, mort à deux mois.
           Domingo migre aux U.S.A

1954 : début de la guerre d'Algérie

1954 : Nikolas migre aux U.S.A
1956 : Mariage d'Antton Legorburu avec Marguerite d'Urrugne
           Mariage de Léon Legorburu avec Karmela de Fontarrabie, aux U.S.A
1957 : Domingo est retrouvé mort dans les montagnes du Nevada
           Naissance de Beñat, mon frère
1958 : Naissance de Nikolas, mon frère
1961 : Naissance d'Antton, mon frère

1962 : fin de la guerre d'Algérie

           Dans ces années là, aussi, mariage de Pantxika Legorburu avec Charlot Lecuona
           Aux U.S.A, mariage de Nikolas avec Lola, la sœur de Carmèle, femme de Léon.
1965 : Naissance de votre serviteur

2017 : Rétrospective...


Je sais, c'est assez indigeste !
Que voulez-vous, il y a du monde, dans ces familles, et les évènements se succèdent, heureux et malheureux.
Quatre guerres en toile de fond, trois siècles d'histoire, deux familles et un microcosme local fertile et bouillonnant : un canevas prometteur, n'est-ce pas ?

Je vous laisse ici pour aujourd'hui.
Si la mémoire de mon père a failli, pardonnez-le, et, si le cœur vous en dit, rectifiez les erreurs.
Je suis toute à votre écoute.

Je retravaillerai ma liste chiffrée, en regroupant par personnages.
Voyons comment tout cela s'articule, s'inscrit dans la marche du monde, et vient combler les trous de mon histoire imparfaite...

A bientôt !















lundi 7 août 2017

CAP ESPERANCE CITROUILLES




Bonjour !







Les journées sont bien paisibles, en ce début d'Août.
Point trop de chaud, des ciels pommelés, des pastels mélancoliques. Quelques heures lourdes par moments, où la saison rappelle ses exigences autoritaires, mais sans insister.
Une période calme et tranquille, propice au repos, à la contemplation dolente et méditative.

Mon histoire sinue dans ces entrelacs mollets, avançant comme une nage molle entre deux eaux.
J'en attends des révélations, sans les exiger, moi non plus. J'en imagine des contours flous autour de silhouettes diffuses et fuyantes.
Je ne leur cours pas derrière, ces ombres malicieuses et fugitives. Je les laisse venir vers moi, comme et quand elles le veulent.

Mes espérances sont là comme celles de mon champs de courges : perdues en lianes furtives dans le fouillis d'herbes spectaculaires et envahissantes...











Il se joue ici une petite compétition maison, souvenez-vous.
Mes citrouilles ont subi l'assaut de ce vent torride de début juillet, à un stade végétatif où elles y étaient plus vulnérables que leurs voisines, plus petites.
Du fait, les plants de Berra et de mon frère aîné sont plus beaux, plus verts, plus drus.



Les miens, chiffonnés de ces feuilles calcinées, ont du mal à repartir. Les nouvelles feuilles sont pourtant saines, mais, échaudées par l'épreuve, plus petites.
Au moins, ce n'est pas une mosaïque virale et destructrice !

J'observe ces plants voisins, si verts, aux feuilles si larges : ici, on n'a pas lésiné sur le fumier ! Cependant, je me demande, à voir un apport azoté si manifestement abondant, était-il suffisamment décomposé, ce fumier ? Avait-il eu le temps de bien digérer ses substances, pour les rendre nutritives de façon équilibrée ? Les grosses feuilles, c'est bien joli, mais ça ne garantit pas les fruits...

Vous l'aurez compris, je suis mauvaise perdante, et m'accroche à tout pour nourrir mon espérance de la plus grosse citrouille !

Allez va ! les dés semblent jetés, et ma course perdue.
Mais bon, l'espoir se nourrit, et, jusqu'au bout, il est permis, permis, que dis-je, exigé ! d'y croire.
Si je ne le fais pas moi-même, alors, dites-moi, qui, le fera ?!

Je vous laisse là, espérant de mes courges comme de mon histoire, tant qu'il est permis de le faire.
Novembre est loin encore, et la route longue pour y arriver.
Alors...

Espérons, espérons encore et toujours.
L'espérance nourrit notre quête tout autant que le fruit, peut-être, nourrira notre ventre !

Attendons en confiance, et retrouvons-nous plus tard...

mercredi 2 août 2017

QUESTIONNEMENTS... ET REPONSES



Bonjour !






Bel astre rentre gentiment au bercail, après sa virée vers la mer.
Il se voile dans les laitances du matin calme comme on s'assoit dans les vaguelettes du bord de plage.

Je repense à mon histoire familiale maternelle. La paternelle, j'y regarderai aussi bientôt, plus tard. Rien ne me presse, tout peut attendre.

J'ai plus ou moins posé les éléments connus, pour certains certifiés, pour d'autres plus aléatoirement rapportés.
De cette histoire décousue, fragmentaire, j'ai rempli les blancs à ma manière.
Nos vies sont ainsi, ponctuées d'instants gravés, ici et là, entre des plages lisses aux grains plus fuyants.
Nous nous les racontons à nous-mêmes et aux autres, arrondissant les angles et enjolivant quelques laideurs moins avantageuses.
Nous faisons tous pareil, allez, ne me racontez pas d'histoires, du moins, pas plus que je ne vous en raconte moi-même...

Une douce indulgence me vient maintenant pour tous ces arrangements où nous nous coulons confortablement, comme Bel astre ce matin s'installe dans les brumes irisées.
Trop de vérité mord. La recherche pointilleuse ennuie.
Je veux en rester à ces versions adoucies, fantasmées, comme je le disais, où nos passions et nos envies se font un lit douillet et profond.
Notre façon de raconter notre histoire en dit peut-être davantage que l'histoire elle-même.

J'ai voulu dans ce "bloc" livrer les pensées comme elles me venaient.
Vouloir ordonner, livrer un produit mieux "polissé", me semblait fastidieux, et dommage, en fait.
J'ai eu à rédiger de petits travaux de commande. Là, je devais bien me plier aux attentes de ceux qui me sollicitaient.
Il fallait organiser la chose, de façon à la rendre fluide et intelligible dans une cohérence calculée.
Ici, je suis libre et livrée à ma seule fantaisie.
Je dépose mes chroniques comme on cueille des fleurs sauvages sans vouloir imaginer le bouquet fini. Comme si, justement, tout le temps de la cueillette, on repoussait d'autant cette fin frustrante, un peu.
Je garde largement ouverte la voie de tous les possibles, recueillant tous les indices et les signes sans les ranger ni en écarter aucun.
Cette spontanéité, ce glanage hétéroclite, ce refus de trier ce qui se présente au risque de jeter ce fragment infime et pourtant important, un jour, peut-être, accouche évidemment d'une confusion, d'une profusion décourageante.
Je le sais bien : je ne me relis plus moi-même, ou alors, comme ça, au hasard d'un moment vague.
Je ne m'en décontenance pas ! Du tout ! De tout ce fatras, qu'il ne vienne rien ou qu'il en advienne ce que pourra, peu me chaut, j'en accepte les augures contraires et déroutantes.

Mon histoire familiale m'intrigue et me plaît.
Ma famille m'a menée là où je suis, et me sens bien.
Je peux à mon aise m'ébattre dans ce magma bouillonnant. Imaginer des intrigues, des passions et des élans fougueux. De jolies choses et de moins belles, aussi.
Tous ces jeunes gens morts dans la fleur de l'âge, je peux en faire les héros d'une tragédie basque comme Homère retraça son Iliade et son Odyssée. Toutes proportions gardées !!

Libre à chacun d'adhérer à mes thèses, de les ciseler comme on sculpte une pierre, ou de les jeter aux orties où elle se trouveront à leur aise, j'en suis sûre !

Je reviendrai sur les miens comme on promène en forêt, habitant les ombres et se baignant dans les rais obliques et légers d'une lumière fragmentée.
Je reviendrai sur ces Olaciregui et ces Legorburu d'alors.
J'en ferai mes personnages après qu'ils aient été mes ancêtres.

A tous mes questionnements, je ferai des réponses. Les miennes, sans les imposer comme vraies.

Je l'ai remarqué au fil du temps.
A tous nos questionnements, il y a tout autour de nous des réponses tendues en offrandes.
Nous cherchons à comprendre, quand il suffirait de se laisser imprégner, et de sentir.
Sentir, regarder et entendre, ne se font pas seulement avec notre flair, nos yeux,  et nos oreilles.
C'est une chance, sinon, je deviendrai hermétique à ce monde, moi, sourde, lunettée et souvent distraite !

Je pense même de plus en plus à la trompeuse apparence des choses, tendue en masque pour nous brouiller, pauvres innocents persuadés de la sagacité de nos sens pourtant défaillants.

Sentir, regarder et écouter autrement, cela s'apprend, aussi.
Cela demande du temps, de l'humilité et de la peine, parfois.
Mais cette peine, le sentiment d'exister autrement vous la récompense largement, à mon sens.

Je vous laisse ici, en contemplation d'une de mes fantaisies où la question, nos réponses et celles de la nature se renvoient un écho troublant, ou absurde, comme il vous plaira de l'entendre...






samedi 29 juillet 2017

LE TOUT ET LE CHAOS



Bonjour !

Un petit signe ce matin, en passant.
Nous fêtons aujourd'hui les 60 ans de mon frère Beñat, et son départ à une retraite méritée.
Un bon repas au grand air d'Ibardin, où nous avons maintenant nos usages, une promenade vers ce lac tranquille si bienfaisant, et ce sera ma foi une jolie journée !

Une de ces journées dont on se souvient.
Quand tant d'autres se diluent dans nos mémoires en instants fugitifs perdus dans la masse du temps qui passe.
Cette idée de continuité du temps est encore un leurre, tiens !
Le temps, ça n'existe pas, c'est une invention à nous, encore.
Un arrangement pris pour avoir l'illusion de préempter ce qui nous glisse entre les doigts, quoi que l'on veuille y faire.
Nous n'avons que la jouissance d'instants juxtaposés les uns derrière les autres, d'instants uniques et fondus dans notre souvenir en une continuité plus commode à se rappeler.
Une continuité plus rassurante à projeter dans l'avenir, aussi, quand chaque seconde pourrait bien être la dernière !
Notre vie serait patchwork.
J'aime bien cette idée. Il suffit de parcourir ce "bloc" pour en être persuadé...
Elle correspond assez à mon état d'esprit, à mes façons de faire, à ce joli bazar désordonné et foisonnant dans ma tête.
J'aime la sensation de faire partie d'un tout, et d'être pourtant multiple à la fois.
Non, non, je ne délire pas, enfin, il ne me semble pas, quoi !
Voui, voui, voui, voui, voui...

Allez va, laissez moi à ma folie douce. Elle est bien paisible pour le moment, et, le moment, c'est tout ce à quoi nous devons prétendre, humblement.

Les moments de ce matin ressemblent aux même moments de l'autre jour :





Zaldi et les chiens,








l'aube rosée d'une belle journée d'été,




Mère-Rhune à peine chapeautée,


la fantasmagorie des lueurs du soleil levant.












Pourtant, tout est différent.
Chaque moment, chaque instant, unique et précieux, offert d'un hasard vertigineux dont nous serions les fruits aléatoires.
Un chaos absurde et fantastique où notre sort bousculé ni ne s'explique ni ne se justifie, et pourtant, est.

Le désordre et les dangers de ce chaos s'apaisent dans ce sentiment de plénitude, d'appartenance à un tout ordonné bien au delà de nous, dont nous avons fugitivement un aperçu de sens, parfois.
C'est ma perception, mon espoir et mon bienfait.

Comme m'est bienfait la joie de se retrouver en famille autour d'une table animée, simplement.

Bonne fin de semaine à vous aussi, à votre manière, différente peut-être, et semblable pourtant, dans notre quête commune de bien-être.














vendredi 28 juillet 2017

DOMINGO OLACIREGUI



Bonjour !

Je reviens à mon histoire.

Ce matin, nous allons avancer, dans le temps et dans le drame.




Voici ici Domingo Olaciregui, le frère de ma mère.
Aux débuts de ce "bloc", je présentais deux portraits de Domingo, dont celui-ci.
L'autre, quand c'était le même, plus jeune, je pensais que c'était ce fameux Iñazio, d'après moi, José, en fait, le quatrième frère, deuxième par ordre de naissance.
Un sacré méli-mélo, une histoire entendue par bribes, au détour de phrases lâchées ici ou là.
Je vous l'ai dit, ma mère parlait peu de sa jeunesse, avec moi.
Je me souviens l'avoir interrogée, pourtant, étonnée par le fait qu'elle soit restée à la ferme, quand tous les autres en étaient partis.
De son silence, j'ai déduit un malaise, quand il n'y était peut-être pas.
Pourtant, je persiste dans mon impression.
L'explication toute simple pourrait être le mariage de mes parents, la venue de mes frères.
Cela commençait à faire beaucoup de monde à nourrir !
Les fils Olaciregui, Nicolas et Domingo, célibataires restés à la ferme, devaient faire place, partir.

Cette version est plausible, mais elle n'habite pas suffisamment mon phantasme.
J'ai besoin de mélodrame, sans doute.
Avec ces garçons fauchés en pleine jeunesse, je suis servie.

José a été assassiné à 21 ans.
Domingo n'en avait pas trente, quand on l'a déclaré mort, aux Etats-Unis.
Né en 1929, il s'est exilé en 1953, à 24 ans.
Son grand frère Nicolas l'a suivi en 1954. Celui-ci avait alors 32 ans.
Ils sont restés à Agorreta jusque là, cohabitant avec leurs parents et le jeune couple marié en 1951, mes parents.
Cela faisait effectivement beaucoup de monde.
Tout le monde travaillait, dur, mais les enfants commençaient à pleuvoir drus comme une averse de plein été, et il fallait libérer de l'espace !
Mon frère aîné est né en 1952. Le deuxième, mort à deux mois, Iñazio, (de celui-ci je suis sûre...) en 1953.

Est-ce ce nourrisson mort ? La mort encore quand elle avait déjà trop frappé ?
La ferme Agorreta était l'asile de la famille Olaciregui.
1943, l'assassinat de José Olaciregui à Biriatou, se voilait du temps de guerre, ce temps où, sous couvert de la violence légitimée, les règlements de compte privés se maquillent en faits divers noyés dans l'époque. Là encore, j'imagine, je ne sais pas...
Le malheur réactivé devait engluer la famille entière dans sa gangue mauvaise.
L'air  était sans doute devenu irrespirable, à Agorreta, alourdi d'une joie toujours éteinte, sitôt rallumée.

Ce sont des suppositions, mes imaginations. Ma mère maintenant morte ne m'en dira pas plus que de son vivant. Mon père est comme tous les paysans : les sentiments l'embarrassent.
Je fais comme je le sens, avec ce dont je dispose.

Domingo s'expatrie en 1953. Comme beaucoup de basques avant lui, il garde les troupeaux dans les montagnes du Nevada.
Son frère Nicolas le rejoindra l'année suivante.
Il était attaché à la terre de son pays basque natal, Nicolas. Il aurait voulu y revenir, même.
Avant de partir, pour ne pas quitter tout à fait, il avait acheté de la terre d'ici.
En 1972, il voulait  revenir s'établir à la ferme Errandonea, maintenant le fief de mes cousins, alors en vente.

Ca ne s'est pas fait, Nicolas est mort là-bas, de l'autre côté d'un vaste océan.

Pour Domingo, on l'aurait trouvé mort, dans la montagne, en 1957. Il avait 28 ans...



Une histoire comme un conte, tragique, toujours, des évènements dont le flou a du écorcher plus profond encore Manuela et Iñazio Olaciregui.

Il y a des familles, comme ça, où la tragédie s'invite trop souvent.
L'impression d'une spirale mauvaise où le sort ne vous laisse échapper un instant que pour vous rattraper plus fort, ensuite.
Une douleur jamais apaisée et persistante qui hurle sans laisser de répit.
Pourtant, Manuela et Iñazio trouvaient encore la force de continuer de vivre.
Ils oubliaient dans le travail et sa fatigue leur peine et ses morsures vives.
Manuela savait même rire, avait le goût des farces et l'ironie tranquille de ceux sur qui la méchanceté glisse sans accrocher.

Ma mère était de cette trempe, elle aussi, même si ses rires à elle étaient plus rares.
Elle s'était arrangée de l'histoire, la laissant là où elle était, ne voulant pas trop y fouailler.
J'étais persuadée jusqu'à aujourd'hui, où j'ai mis à plat quelques documents officiels datés, que ma fratrie était sur le même modèle que la sienne.
Elle répétait qu'elle était la dernière, après cinq frères, dont l'un était mort à la naissance. Comme nous, moi venant après cinq garçons aussi, dont le deuxième mort à deux mois.

En réalité, ma mère était la cinquième de la couvée, pas la sixième, comme je le suis.
José-Marie, l'aîné, fils naturel est né autour de 1917.
José, le deuxième, en 1921.
Nicolas, le troisième, en 1922.
Le quatrième est mort-né,en 1923
Carmen, ma mère est la cinquième en 1924.
Domingo ferme la marche en 1929.

Là aussi, les enfants pleuvaient drus, tant que la mère était en âge d'en porter un par an. Une vitalité exigeante, subie, sûrement, par ces femmes sans cesse grosses ou en couches.
J'y reviendrai plus tard, en faisant un rapprochement avec ces femmes cathares, qui refusaient la maternité.

Ma mère se représentait donc autrement que cela n'était. J'ai pu mal comprendre, pourtant, mon père garde lui aussi le souvenir de cette version fabulée.
Cette distorsion me laisse perplexe.
Ma mère est restée la dernière de la fratrie pendant cinq années. Est-ce de là qu'elle tenait cette impression d'être la dernière, pour toujours ?
Nos premières années marquent-elles à ce point nos esprits que nous ne concevons pas d'autre réalité que celle-là ?

Toutes ces questions restent ouvertes, et dans cette brèche j'aime aller voir.
Pas d'une recherche frénétique et acharnée, non.
En une quête respectueuse et émerveillée, plutôt, comme on pose le pied en terre inconnue.

Le Graal est moins important que sa quête. Le chemin riche d'enseignement, quand le but est finitude.

Assez pour aujourd'hui.
Tous ces petits cailloux clairs et moins clairs tracent une trajectoire discrète et sinueuse.
Je suis un petit point de cette trajectoire.
Je veux la laisser moins broussailleuse, si je le peux.
Sans être sûre d'y arriver !

A plus tard !








jeudi 27 juillet 2017

RESPIRATION



Bonjour !

J'ai organisé ces derniers jours autour d'un petit chantier de rénovation de la vieille cuisine de la ferme.
Un de ces projets prenants et exigeants, auxquels j'essaie de ne pas totalement m'asservir maintenant...
J'y arrive, à peu près.
Mes finitions, elles, sont restées... déconcertantes.
Qu'à cela ne tienne, à moi, elles conviennent parfaitement !
Vous savez ce que c'est : on commence ici, té... le résultat n'est pas mal ! Encouragé par ce début prometteur, on continue, puisque, c'est vrai, là aussi, il y aurait bien à faire, allez...
On avance, et, au fur et à mesure, la chance du débutant vous bouderait presque, et, là, cet alignement devient douteux, ce coloris moins heureux, cette pose plus aléatoire.
Non, ce qui pourtant avait si bien commencé, s'annonce moins aisé, plus chaotique, perd en fluidité.
Bah !!
Agorreta est vieille et les traces des années autorisent quelques à peu près. Même, trop réussi, parfait, ce serait intimidant et blessant pour ma vieille dame bien marquée.
Alors, comme pour rien au monde, je ne voudrais la froisser, ce n'est évidemment pas par maladresse, non, évidemment pas, que je commets quelques impairs et fautes de goût, (vous savez, ce goût, affaire de gens hautement autorisés, paraît-il), mais bien par délicatesse, voilà, c'est ça : délicatesse, c'est tout moi, ça !
Et tellement plus digeste, n'est-ce pas ?
Mes erreurs sont à Agorreta chez elles. Ma fougue s'y contient comme un poisson dans l'eau !

Je fais une petite pause dans mon histoire de famille.
Tous ces drames, ces guerres, ces morts, demandent halte, légèreté, respiration.
Je vais regarder les jolies choses autour de moi, et laisser pour après ces vies fracassées.
Le mal ne se nie pas, mais il peut se mettre à distance, parfois.

J'ai ici une pensée pour ceux qui souffrent, pour ceux qui sont pris dans le piège de la douleur et de la peine.
Dans ces moments, il paraît impossible de se laisser réchauffer par le soleil, tant le froid vous perce à cœur. Pourtant, un répit vient, par surprise et effraction, une brèche par où le mal se laisse distraire assez pour céder un bout de terrain. On se sent mieux, et, venu de là où l'on vient, c'est tellement bon !
Allez, allez, respirer, j'ai dit, regarder les jolies choses. C'est une mesure de préservation, une sauvegarde et une question de saine survie.

Des jolies choses, autour de moi, il n'en manque pas, à mes yeux.





Dans le déroulement rituel de mon quotidien, la fête des chiens le matin se jetant sur moi accroupie jusqu'à me faire tomber le cul par terre.
Zaldi, la toute belle, venue réclamer sa gourmandise sous le balcon, hennissant doucement comme on murmure une gentillesse.









Le lever de soleil, radieux et légèrement voilé de laitances diaprées.
Une belle journée nous vient, après la grisaille maussade. Le soleil de retour se fait aimable, sans trop peser encore.








Je fais le tour de mes bêtes, regarnis mangeoires et râteliers. Tout le monde va bien.
Remarquez le bouclage particulier de la Rubita.
Bêtement, samedi soir, en voulant lui poser la nouvelle boucle d'identification, puisqu'elle avait perdu l'originelle, assistée de mon frère Nicolas, l'homme des situations fortes, ne voilà-t-il pas que d'une maladresse idiote, je sertis la boucle dans le vide, au lieu de la fixer sur l'oreille. Mince !
J'avais bien noué un licol autour de la tête de ma rousse, Nicolas tenait ferme la cordelette.
J'essayai de remettre la boucle neuve dans l'ancien trou de l'oreille, pour ne pas repercer dans la chair. Rubita n'aime pas être entravée, elle secouait la tête, tirait. Mon frère sentait la cordelette trop fine lui serrer douloureusement la main. Rubita elle-même, en voulant se dégager, accentuait la tension de son licol autour de son mufle.
Zut et rezut !
J'étais déconfite, ma pince avec la boucle sertie au bout, à la main, comprenant que je l'avais refermée dans les poils fournis, au lieu de la glisser dans le lobe troué.
Que faire ? Une boucle sertie ne se dessertit pas. J'étais bonne pour en recommander une autre.
Tout de même, ne voulant pas rester totalement sur l'échec, avec le prompt renfort de deux autres gros bras, nous avons finalement noué la boucle en pendentif coquet, juste sous l'oreille de ma bête impatientée. L'affaire avait trop duré, et Rubita n'avait pas aimé ça, du tout, du tout, du tout !
Ce n'est guère protocolaire, là non plus, mais ça fera l'affaire en provisoire, qui risque de durer longtemps !
Rubita n'est pas rancunière, et elle tourne maintenant vers moi sa grosse tête mal "pétentée", comprenez :"pendantée", du basque "petenta", boucle d'oreille,  en ruminant paisiblement. Brave bête !

Au poulailler, rien à signaler. Mes pondeuses produisent des œufs en continu : leur passion va les perdre, elles deviennent sèches comme de petites momies, transformant tout ce qu'elles mangent en œufs, et s'oubliant sans chair. Ma foi, leurs petites têtes sont ainsi faites, et je ne les referais pas...

Après les bêtes, visite al Padre, lui aussi tout à fait satisfait de sa nuit de repos.
Puis, le tour du potager, sur lequel Mère-Rhune ouatée de nuages veille en aveugle.






Il fait bon, ce matin. On se croirait au début de l'automne, avec une rosée abondante.
Les citrouilles vont bon train, étoilées de fleurs éclatantes, promesse des fruits à venir.




















En parlant de fruits, les melons grossissent sous les feuilles drues.
Ils viendront tous à la fois, il y aura distribution !

Les choux, eux, repiqués juste avant les deux jours de grosse chaleur, ont accusé le coup. Certains plants repartent difficilement, sur une triste feuillette malingre.

Un ancien du coin disait :
 - Aditua diet aza azkarra dela, serbitzatuko zaiok !

 - J'ai entendu dire que c'est solide, le choux, ça va lui servir !

En effet, ça lui sert...

Nous avons été hier avec mon père rendre visite à notre voisine Maïté, la sœur de Mizel du Karrarro. Pour les suiveurs assidus, vous me comprenez. Pour les autres, laissez tomber.
Je reviendrai plus tard (encore!) sur cette autre figure locale. Elle vaut le détour.

Pour mettre la cerise sur le gâteau, en un ordonnancement cohérent, je garde pour la fin le futile, et non moins indispensable : les fleurs.






J'aime bien, les fleurs. C'est coloré, gai.
Mes compositions sont là aussi foisonnantes et peu académiques.
L'académie, je m'en fiche un peu. Je respecte, mais ce n'est pas tellement dans mes façons, non.

Allez, la journée est magnifique, elle tient ses promesses.

J'aime ma vie, comme me le disait dernièrement un client de la jardinerie.
Je lui expliquai que pour se débarrasser du chiendent dans sa pelouse, le mieux à faire était de les déraciner un par un, à la fraîche.
Je ne sais pas où il en est à cette heure...

Pour nous, à plus tard, et le bonjour chez vous !


vendredi 21 juillet 2017

ADIO MANUEL...



Bonjour,


Nous allons demain porter en terre Mañuel Estomba.
Confier à notre terre-mère sa dépouille de vieil homme malade et fatigué, pour qu'il y trouve un repos bien mérité; et nous reste en mémoire des jolis souvenirs partagés.

Nous sommes allés lui rendre le dernier hommage, avec mon père.
A cette occasion, nous avons  rendu visite à son frère, Juanito, lui aussi vieux et fatigué, mais encore suffisamment alerte pour pousser la chansonnette !
Ils vivent eux aussi tous dans le même quartier d'Antxorlo, comme nous le faisons à Agorreta.
C'était dans la tradition de nos vieilles familles paysannes, de rester groupés autour de la ferme.
La fratrie s'éparpillait à peine, autour de la même cour, souvent. De la main d'œuvre sous le sabot.
Toute une ribambelle de belle-sœurs et beaux-frères s'agglomérait en groupuscule plus ou moins homogène, rendant l'appareil familial parfois grumeleux...

J'étais persuadée que Juanito Estomba et Mailuixio d'Antxorlo étaient frères. Ils se ressemblaient, je trouve. Et non, ils étaient beaux-frères. Ah !
Remarquez, j'ai à un moment aussi fait d'Adrienne et de Mayi d'Erreka deux belles-sœurs, quand elles étaient bel et bien, sœurs ! Sans doute devais-je avoir intégré trop fort leur différence physique, l'une élégante et aristocratique, quand l'autre, belle femme aussi, paraissait plus rustique.

 Bouhhh !! c'est d'un compliqué, ces grandes familles !

Erreka, vous savez, une ancienne ferme voisine, la famille Cigaroa, où mon grand-père Iñazio aimait aller jouer aux cartes avec Pantxoa et les autres, à l'époque. Sans doute la seule distraction qu'il s'autorisait.
Sa destination d'ailleurs, quand, chaque nuit, durant sa maladie,  l'esprit confus et pourtant l'idée pugnace, il se réveillait, s'habillait sans faire de bruit, et se mettait en route.
Ma mère se levait alors à son tour, pour aller le raisonner et le ramener à son lit.

Mailuixio est mort depuis plusieurs années maintenant, mais je m'en souviens bien.
Nous pratiquions avec lui la mise en commun du matériel agricole. Il venait prendre une machine à Agorreta, ou en dételer une, selon. Il s'arrêtait dans la grande cuisine fraîche, pour un rapide salut entre deux travaux.
Il parlait un mauvais français, lui aussi espagnol d'origine.

  - tchauffe, tchauffe, soleil, disait-il souvent, au moment des foins, en partant d'un long rire un peu aigu.

Mailuixio, le masculin de Mailuixa, mon prénom.
En français, je ne lui connais pas de traduction : Marie-Louise, oui, mais Marie-Louis ?

Nous avons aussi beaucoup de Joseph-Marie, José Mari, Joseph-Louis, José-Luix.
Le Joseph-Louis local, d'Amuxenia, est l'un des derniers bergers véritables.
Son père, Gorria, le Rouge, je ne sais si c'était en lien avec ses convictions politiques, ou alors, avec son teint ou Dieu seul sait quoi d'autre, menait ses troupeaux de brebis avec son chien Brrick, à sifflets brefs et stridents.
Mes deux plus jeunes chiens d'Agorreta, Bullou et Txief, viennent d'Amuxenia.
Comme quoi, mine de rien, tout se tient...
Un autre José, encore, le parrain de mon père, José Alzugaray, d'Urepel, dernier charbonnier, lui, et grande figure aussi.
Tous ces prénoms, ces personnages, évoluent dans une même nébuleuse haute en couleurs, et marquent notre histoire comme les héros de légendes locales.

Les confusions et les amalgames ne me dérangent pas.
Je n'ai pas dans l'idée de faire de ce "bloc" une chronique historique véridique.
D'ailleurs, c'est quoi, véridique ?
Les transmissions orales, dans nos familles où l'écrit est rare, agrémentent souvent d'approximations parfois bien signifiantes les dates, les faits et les liens.
Tenez, je vous parlais dernièrement de mon oncle abattu dans la Bidassoa, tout jeune homme, du temps de la seconde guerre mondiale.
J'étais persuadée qu'il se prénommait Iñazio. Je ne sais pas d'où je tenais cette croyance. Il me semblait l'avoir entendu dire par ma mère.
Mon frère Beñat, lui, se demandait s'il ne s'appelait pas Beñat, justement. Un genre de parrain, pour lui ?
Et bien ni Beñat, ni Iñazio !
Mon oncle tragiquement assassiné s'appelait José.
Je l'ai appris de la bouche de la femme de Juanito, lors de cette visite de mercredi.
José Olaciregui  avait 21 ans passés, à peine, le 30 janvier 1943.
Il traversait bien la Bidassoa, selon Juanito, mais aurait été tué plus loin, dans un carré de choux, sur ces terres fertiles de bords d'eau. Une balle dans la tête, d'abord, puis, une autre, dans le dos, quand il essayait de s'enfuir.
Une autre version de la même histoire, plus précise, mieux datée, du moins.
Pourquoi cette photo était-elle précieusement conservée là ?
On peut imaginer beaucoup de choses.

Ces choses qu'on imagine et qui trament une légende à partir d'un drame.
Je rapproche les dates, je m'interroge, j'essaie de comprendre, encore.
Je ne m'acharnerai pas, non.
Cette histoire est celle de ma famille.
Ma famille et les autres familles d'ici sont liées par des liens multiples et ténus.
Et tout ça fait notre trame commune et notre fondement à tous.

Adio Mañuel.
Un pan d'histoire s'en va avec toi, et pourtant, tu nous laisses comme tous les anciens des légendes et des souvenirs de toutes les couleurs.

Adio aussi José.
Toi, ton histoire, on te l'a volée. Pourquoi, comment ?
Je garde précieusement moi aussi cette photo où un beau jeune homme rêveur et mélancolique n'a pas eu le temps de vieillir, lui.




Mais nous laisse quand-même un presque sourire si doux à contempler...