jeudi 27 avril 2017

DU BIENFAIT D'UNE CURE DE SILENCE



Je retrouve l'alentissement d'un recul nécessaire.
J'en sens l'étrangeté, pour moi tournée vers le mouvement, et le bienfait possible.
Je sens surtout l'envie d'essayer ça, de tester les effets d'une inertie choisie.
 
Se laisser aller, enfin, s'oublier. Se sentir presque minéral comme le caillou clair au bord du chemin.
 
On ne peut pas se déconnecter de tout, dans une vie.
Du moins, je ne veux pas, me déconnecter de tout.
Je garde un peu d'énergie pour mes essentiels.
Le reste, je laisse aller.
Me préserver encore un peu de cette agitation fatigante m'est autorisé.
Je dois saisir cette occasion, sans perdre plus de temps à tergiverser sur le bien-fondé de ce relâchement.
 
Il est là. Qu'il le soit pour la bonne cause !
 
 
Si l'envie d'écrire et de me triturer les neurones me quitte comme me quitte cette frénésie épuisante, et bien, soit, cela aussi sera !
 
Et le monde ne s'en trouvera pas changé pour autant...
 
Je vous laisse en toute bonne conscience, assurée que là où vous êtes, comme là où je suis, vous et moi, nous ferons notre chemin, du mieux que nous pourrons.
 
Pour moi, ce silence est bienfaisant, ce calme nécessaire.
Pour vous, faites comme vous le pouvez.
Quoi que vous ou moi nous fassions, la force de vie persistera. Différemment, peut-être, mais toujours là.
Alors...

lundi 24 avril 2017

ELARGIR



Les résultats de ce premier tour des élections présidentielles parlent d'une envie de croire encore à ce qui paraît pourtant impossible. S'accrocher, coûte que coûte, s'aveugler si nécessaire.
Je ne suis pas une férue de politique et mon analyse est sûrement simpliste.
Une autre forme de ce "ne pas penser"...

J'ai fait dernièrement l'expérience de la cruauté d'une lucidité crue et sans amortisseurs.
Il vaut mieux parfois ne pas tout voir, ne pas tout savoir, pour vivre mieux.
Se distraire, s'aveugler, même, par moments, d'une réalité implacable.

Pour cela, nous ne manquons pas d'opportunités. Alors, saisissons-les.
Je refuse de me morfondre. Analyser pour améliorer ce qui peut l'être, oui. Gratter, fouailler et faire toujours saigner les vieilles cicatrices, non !
Tourner en rond sur soi, s'étrécir à en perdre l'horizon, non, et renon !

Je veux regarder plus large, m'intéresser à ce monde dont je fait partie. C'est ce monde qui est mon avant et restera mon après. Ma petite personne là au milieu peut choisir d'y apporter une contribution légère mais au moins gaie.
J'ai failli me fourvoyer sur un sentier bon à se perdre.

Je relâche enfin cette tension mauvaise et inutile.
Je dois rester vigilante. J'ai eu la vision bien grise d'une erreur d'aiguillage.
Je n'écarterai pas toutes les ombres.
Je veux quand même les empêcher de prendre toute la place.

Les acacias fleurissent. Les aubépines se couvrent de milliers de fleurs délicates et immaculées.
Tout parle de renouveau et d'une force de vie entêtée.

Je préfère regarder de ce côté là.
Et, surtout, je préfère regarder maintenant dehors, prendre de l'air et de la lumière.
Je ne regrette pas mes options passées. Elles m'ont menée là où je suis, et d'où, si je prends la juste mesure de moi-même, je peux repartir, sereine et bien plus légère.

Il ne tient qu'à moi, ou presque !
Alors...
Le choix est vite fait.

Comme il paraît vite fait entre l'utopie Macron et le repli Marine...

jeudi 20 avril 2017

NE PAS PENSER



Dans la continuité de mes simples d'esprits, les esprits simples, sains, me revient une réflexion de ma pauvre mère défunte, paix à son âme :
"Je vais aller travailler au jardin, ça va m'empêcher de penser".

Penser était pour elle quelque chose à éviter. Il fallait occuper son esprit à autre chose qu'à "penser". Penser était néfaste.
Je trouvais ça curieux.
Aujourd'hui, je comprends bien mieux.
Moi, jusqu'ici, penser, j'aimais bien.
J'ai toujours eu l'imagination fertile. Dès que je le pouvais, des historiettes me trottaient dans la tête. Ca me semblait agréable, divertissant. Je prenais l'air, sans bouger de place. Mes petits voyages étaient à l'intérieur de moi, je pouvais m'évader, même coincée en vase clos.
Les têtes à têtes avec moi-même, je les recherchais. Je me trouvais de bonne compagnie.
Sans être jamais une grande méditatrice ou une contemplatrice éperdue, mes moments solitaires me paraissaient enviables.

Je continue de croire que l'on devrait pouvoir être le meilleur ami de soi-même. Se regarder avec bienveillance, et lucidité cependant.
Tous ces rôles que nous endossons tout au long de nos vies laissent des traces en nous. Je me demande même s'ils ne nous égarent pas, au point de nous masquer notre véritable identité.
Nous existons plus par ce que nous faisons, par ce que nous paraissons, avant de nous sentir être.
Lors d'un échange banal de civilités entre deux personnes qui viennent de se rencontrer, le "que fais-tu dans la vie ?" remplace bien souvent le "qui es-tu dans ta vie ?" Réducteur, et tellement incomplet !

Je ne suis pas seulement la pépiniériste, la bonne fille qui s'est occupée avec dévouement de sa mère, qui voudrait continuer de le faire pour son père.
Je ne suis pas que cette tracassière qui se mêle de tout et veut mettre son grain de sel partout.
Je ne suis pas non plus uniquement cette frustrée noircissant du papier sans jamais intéresser personne.

Non, en ce moment, je suis une femme mâture, en recherche d'elle-même.
Désorientée de sentir tous ces rôles s'effriter et de ne pas reconnaître ce qui reste, quand les faux-semblants sont tombés.
Cette recherche se fait dans la douleur et la fatigue. L'énergie des adolescents m'a depuis bien longtemps quittée, et j'ai dilapidé mes réserves sans y prendre garde, les croyant inépuisables.

Et bien, cela demandera des efforts et de l'aide.
Mais cela en vaut la peine, j'en suis persuadée.

J'ai l'impression de vivre dans un monde malade de faux-semblants. Où paraître prime sur être. Je sais l'humain adaptable, et je souhaite sincèrement à nos jeunes générations de trouver le moyen de s'épanouir dans toute cette agitation frénétique et bruyante.

Moi, j'ai envie de calme. Je me sens capable de participer encore à la marche du monde, d'y apporter une contribution utile et bénéfique.  Mais mon rythme m'est propre, mes envies et mes besoins me sont personnels, et je dois les respecter, ne plus prendre le risque de me perdre de vue.

Les positions trop longtemps tenues déforment les postures. Redresser tout ça ne se fait pas facilement.
C'est pourtant essentiel, je le crois, de se tenir debout en s'appuyant sur soi-même, et non sur un avatar...


mercredi 19 avril 2017

HEUREUX LES SIMPES D'ESPRIT



Non, non, je ne me prends pas pour le Christ descendu de sa croix et ressuscité dernièrement.
Je reprends juste ces paroles, avec toutes les interprétations qui ont du y mettre des sens approximatifs.

Le catéchisme d'ailleurs tel qu'on me l'a enseigné m'a toujours paru être une fable trop imagée pour qu'on puisse y adhérer tel quel.
Il faut de la maturité, la capacité de transposer, l'acuité de voir derrière ce qui se montre, pour saisir la substantifique moelle d'un tel enseignement.
Tous ces courants d'idées spirituels, habillés d'apprêts différents finissent par nous perdre, et nous décourager, quand ils sont sensés nous dispenser une clairvoyance propre à mener nos vies au mieux.

C'est bien dommage, mais c'est ainsi.
Le trop abstrait devient difficile à s'approprier. On se fatigue de chercher un sens là où on ne perçoit qu'histoires trompeuses, quand ce n'est pas contradictoires !
A croire que ces enseignements sont à destination des seuls initiés capables de déceler derrière la parabole le sens vrai et profond. Sûrement pas à la portée d'enfants à la tête remplie de jeux et de plaisirs. Remarquez, à chacun de s'y replonger s'il en a envie... Je n'en suis pas !

Pour le coup, je me posais cette question à propos de cette formule-ci : "heureux les simples d'esprit".
On peut comprendre heureux les imbéciles, et s'appuyer sur cet "imbécile-heureux" dédaigneux.
On peut aussi préférer heureux les esprits simples, pas compliqués. Heureux les gens qui vivent sans se poser milles questions existentielles pour lesquelles ils n'obtiennent jamais de réponses totalement convaincantes.

Se résigner à admettre que l'on ne saura jamais, quand on se prend pour un esprit éclairé, c'est frustrant, c'est difficile.
Toutes nos avancées scientifiques nous donnent l'illusion que tout s'explique pour peu que l'on dissèque suffisamment.
Et pourtant, il reste toujours une part de mystère à laquelle nous n'avons pas accès.

Ma petite expérience du moment me fait sentir combien il est présomptueux, douloureux, et, pour le moment, stérile, de chercher à savoir à tout prix, de vouloir comprendre, pour neutraliser l'angoisse de ne pas savoir et avoir l'impression de maîtriser notre destin.

Elle me fait courber suffisamment l'échine pour m'éduquer à cette humilité que je croyais  revendiquer pour mienne, sans en être sincèrement persuadée.
Se sentir fort, c'est bien. Se savoir faible, l'admettre et vivre serein avec ce sentiment, c'est une force bien supérieure.

Je veux simplifier mon esprit, ne plus l'embarrasser de toutes ces quêtes qui l'empêchent de me donner cette joie que je réclame.
Je dois accepter de payer ce tribut momentané de mal-être à ma présomption passée.
Je dois veiller à maintenir cette présomption loin de moi, comme l'ennemi intérieur qu'elle est.

Ces ennemis là doivent pouvoir se combattre aussi. Leurs ruses se déjouer.
J'y suis bien décidée.
Mon cheminement est lent, pour moi toujours trop impatiente. Le temps fait partie du remède...




lundi 17 avril 2017

LE CHAT ET LA SOURIS



Ma petite parade semble être efficace.
Mon écriture, déshabillée d'images, devient plus intimiste et mieux authentique.
Je cherche le véritable sens de ce que je sens, et je montre au plus près. Il y aura toujours une part de distorsion dans les phrases que l'on propose aux autres , comme dans celles que l'on se dit.
Nous sommes tous, plus ou moins, un peu tordus...

L'enjeu pour moi maintenant est de ramener ces volutes dans des limites raisonnables.
De ne plus les laisser me donner des tournis vertigineux et m'envoyer à terre.
Il faut tout, pour le moment. La mécanique s'emballe encore très vite, et m'entraînerait facilement là où je ne veux plus aller. J'ai mes atouts, mes alliés, mes béquilles. j'apprends à m'en servir, au mieux. Ca ne va pas tout seul, ça non plus, mais ça vaut vraiment la peine du mal qu'on s'y donne.

Notre propre esprit peut devenir un chat qui joue avec une souris. Pas forcément méchant, mais cruel dans son désir de jeu. Comme n'importe lequel de nos organes peut se transformer en notre pire ennemi. C'est ainsi.
Et la souris, ma foi, elle essaie ce qu'elle peut pour s'échapper. Savoir qu'un jour elle finira, entre les griffes du chat, les mâchoires d'un piège ou les dents acérées d'un rat de passage, ne doit pas l'empêcher de vivre au mieux sa vie de souris. D'apprendre à éviter autant que possible ces dangers qui partout guettent, mais souvent passent au loin, aussi.

Mon "bloc" va devenir de moins en moins séduisant.
Je finirai sans doute par en être la seule lectrice.
Il sera mon témoignage fidèle de petit reporter sans envergure, juste appliqué et plein de la meilleure volonté.

La volonté de se laisser oublier du chat dangereux qui s'ennuie, et de se tenir loin des pièges bien maquillés qui séduisent pour mieux vous tromper.

Je reviens à mes essentiels.
J'ai cette chance d'en avoir conservé beaucoup, de ne pas m'être trop éloignée de notre nature animale et organique.
Ce sacré mental  que j'ai cru pouvoir maîtriser, il paraît un peu trop sophistiqué pour mes facultés du moment. Et peut-être me porterai-je tout aussi bien de m'en éloigner, d'en rester aux choses légères et agréables, mieux à ma portée.


Ma quête intellectuelle est peut-être trop ambitieuse, ou trop pernicieuse.
Puisque qu'elle paraît pour la période plus nocive qu'utile, je vais la remiser, et, peut-être, l'oublier là.
On n'a peut-être pas besoin de tout comprendre. Il est peut-être risqué de trop analyser.
En ce moment pour moi, manifestement, ça l'est.

Alors, pas d'introspection fouilleuse et juste la cueillette de sensations agréables.
Apprendre à vivre sain, ce n'est pas qu'une affaire de régime alimentaire ou d'hygiène de vie.
C'est aussi un exercice cérébral, comme les mots fléchés, tiens, où l'on assouplit le neurone, sans le torturer.
En prenant bien soin de choisir la bonne force, ni trop ardu, ni trop simple...
Toujours ce satané équilibre à trouver !

Ca s'apprend, je veux devenir bonne élève, de toutes mes forces.








vendredi 14 avril 2017

POURQUOI CE BLOC



Je m'interroge beaucoup, ces temps-ci.
J'essaie de le faire dans une visée constructive.
Je suis bien placée maintenant pour savoir qu'il faut se méfier de ses motivations annoncées...
Comme il faut se méfier des images montrées, des assertions appuyées, des justifications anticipées et autres manigances farceuses.

Une chose certaine, c'est la vérité de l'appel de mon premier article.
Il y a longtemps déjà...
Je demandais que l'on jette un œil bienveillant sur moi.
Nous avons je crois, pour la majorité d'entre nous, besoin de ce regard là.
Les ermites sur les hauts sommets népalais s'en passent, semblerait. N'est pas ermite qui veut...

Je crois, disais-je, que notre humaine nature a besoin de s'exprimer, que les échanges avec nos semblables sont essentiels, et nous nourrissent.
Comme toute nourriture, il faut apprendre à trier celle qui fait du bien, donne de la force, et celle qui nuit.
Encore et toujours cette histoire d'équilibre raisonnable à trouver, cette balance bénéfice-risque.

Dans mon entourage naturel et familier, nous sommes plutôt des taiseux. Notre nature paysanne ne nous porte pas à l'introspection, et à la divulgation de nos émotions, états d'âme et autres chinoiseries.
La matérialité, les éléments tangibles, le concret, là, ça roule.
Le reste, on ne remue pas trop, et, si possible, on oublie.
La joie, la satisfaction, la gratification rattachées à une réussite, une événement heureux, un travail bien mené, nous en voyons bien le mécanisme et en apprécions légitimement les effets.
La tristesse, la peine, la douleur, reliées à un de ces chaos de la vie, un deuil, une blessure, une maladie, ou autres aléas mauvais, là encore, ça se comprend, ça s'explique, et ça se surmonte, si possible.

Pour toutes ces méandres floues et lentes, pour tous ces mouvements plus abstraits, et moins faciles à expliquer, ça devient plus subtil, et, pour le coup, plus difficile.

J'ai l'impression pourtant que ces arabesques là font partie de notre nature, et qu'il faut apprendre à les apprivoiser, sous peine de les voir se jouer de nous avec une malice pas toujours amicale.
Mon univers étant peu perceptible à cette demande, je me suis naturellement tournée vers une écriture où je pouvais livrer mes pensées farfelues.
J'ai ce plaisir d'écrire. Je n'ai pourtant pas le talent suffisant pour que mes écrits trouvent écho largement. Je fais bien la différence entre mes babillages gentillets, et le véritable art de manier les mots de ceux qui vous prennent aux tripes quand vous les lisez.
C'est dommage, mais c'est ainsi !

Cette opportunité de "bloc" ouvre à tous les écrivaillons en mal d'édition dans mon genre une issue acceptable.
On écrit, on s'épanche, on déblatère, on se prend à croire que l'on pense, avec un grand P.
Le côté pitoyable d'une solitude avouée, le pathétique de confidences sans intérêt n'enlèvent pas le bienfait de partager ses petits intérieurs à ceux que ça intéresse.
Au pire, on est ennuyeux comme une pluie têtue sur un pré déjà inondé, au mieux, on peut distraire, voire, divertir. Intéresser, peut-être, pourquoi pas ?

L'écueil à éviter, là comme partout, c'est de vouloir coller à une image trop éloignée de soi.

Se montrer à son avantage, c'est bien humain. Ouvrir  à partir d'une fêlure une faille impossible à réunifier, là, ça devient risqué.

Je veux maintenant revenir à moi, à ce véritable moi oublié et un peu perdu de vue.
Je me sers de ce "bloc" dans cette aventure conservatoire.
Je me sers aussi de mes proches et de mon entourage.
C'est pour répartir la charge, de façon à la rendre mieux supportable pour tous que je dépose un peu partout mes petits fardeaux.
Me débarrasser de mes vieilles peaux est indispensable.
Je les dépose là où je le peux.
 Qui sait si ce cheminement ne donnera pas à d'autres l'idée de s'alléger aussi ?
Là, c'est mon prétexte, et cette petite entorse à mon éthique du moment ne me fait pas sentir trop coupable.
C'est comme pour les régimes, il faut s'octroyer de petits plaisirs ponctuels, pour pouvoir mieux tenir sur la durée...

Et moi, tenir, c'est ce que je veux. Et si possible bien, et pendant longtemps encore.







jeudi 13 avril 2017

OU J'EN SUIS



Ecrit le 13 avril 2017


Je décide aujourd'hui de livrer de nouveau mes tribulations.
En me concentrant sur une authenticité revendiquée jusque là, et pourtant faussée.

Il est essentiel de se fonder par soi-même. De ne pas se construire uniquement sur le regard des autres, et sur l'orgueil destructeur que ce regard peut nourrir.
Le regard des autres, et, par effet de calque, le sien propre, biaisé.

Je sais que me remettre à me dévoiler ainsi peut ressembler à la quête de ce regard aux effets pervers.
Je sais aussi que quand on est tombé de cheval, il ne faut pas tarder à se remettre en selle.
En gardant bien en tête ce qui vous a fait chuter, et en évitant de commettre les mêmes erreurs.

Cela peut sembler présomptueux  de penser que l'on est capable d'éviter cet écueil.
Cela peut être aussi le bon moyen de vérifier cette capacité.
Des deux options, je choisis la plus optimiste.

Je veux aussi me servir de l'effet bénéfique de ce partage d'une expérience formatrice.
Je sais que je ne suis malheureusement pas la seule à m'être sentie ainsi vulnérable, humiliée de cette faiblesse, honteuse de ne pas être ce qu'on attendait de moi, ou du moins, ce que j'imaginais que l'on attendait de moi.
Je sais aussi et surtout que ce "je sais" est une faute. Je dois dire, je crois, et mieux, j'espère.
Voyez, j'ai de quoi faire...

Je vais éviter de montrer des images bucoliques et une vision surfaite.
Je vais livrer des mots, au plus près de ce que je sens de moi.
Ne pas chercher à paraître. Chercher à toute force à être, ce que je suis vraiment, et proposer cet être, comme on tend un cadeau, modeste mais offert avec cœur.

Je vais commencer. Il était grand temps.
Le chantier est grand, mon envie de commencer par le bon bout aussi.
Je me lance, précautionneusement, échaudée par ces dernières semaines douloureuses.
Je me lance, avec confiance cependant, épaulée par les miens et leur sollicitude réconfortante.
Je suis affaiblie, c'est vrai, mais je suis combative, aussi.
Je suis décidée à me servir de tout, à ramasser chaque petit caillou pour faire mon chemin, dans la bonne direction.

Le mieux-être physique est déjà incontestable. 
Les crises de vertiges qui me mettaient à terre n'ont pas disparu, mais elles se sont estompées. Je ne me raidis plus comme en transe quand je sens mon équilibre vaciller.
Le tintamarre insupportable dans mon oreille qui me privait de sommeil s'est assourdi suffisamment depuis deux trois jours pour me rendre ce repos indispensable.
Mon cerveau survolté, affolé de fatigue et d'angoisse,  faisait tourbillonner dans ma pauvre tête des idées sombres et mauvaises.
Là  aussi, la tension s'apaise, tout doucement.

Je ne suis pas encore rendue. Mais je crois avoir pris le bon chemin pour retrouver le mieux-être et une vie agréable.

Je ne veux plus surestimer ma capacité à surmonter les épreuves. J'ai senti durement les limites de cette capacité. Pour autant, je sais que je ne l'ai pas perdue, non plus. Elle est là, fatiguée, retirée dans sa tanière comme une bête blessée.

Les tanières sont faites pour ça : pour se mettre à l'abri et se refaire.
C'est ce que je fais, raisonnablement, enfin.