dimanche 8 janvier 2017

JANVIER GIVRE



Bonjour !


Bonjour !

Ce mois de janvier ressemble  parfaitement à ce que doit être un mois de janvier : du froid vif, les matins blanchis de givre et les pare-brises à déglacer avant de démarrer.
Pour ceux qui se plaignent qu'il n'y a plus de saisons...

La pluie annoncée va faire du bien. La nature est sèche. Les feux démarrent en montagne sur une végétation asséchée. Froid de saison, sécheresse à contre-temps.
Tout est dans le tout, tout s'emmêle et rien n'est figé comme nous le pensons trop facilement.

La semaine a marqué un temps de pause. Et nous avec.
A la jardinerie, l'activité ralentit, forcément.
Les gelées sont persistantes, jour après jour, mais pas trop fortes.
Les plantes tiennent le choc, à part quelques exotiques aux extrémités recroquevillées sur ces températures trop rudes pour elles.

Je vous livre la chronique du potager :


La nouvelle année démarre en froids vifs.
Nous sommes surpris par cette persistance de journées froides. 
Un ou autre petit matin givré, oui, nous avons ça en mémoire, mais une suite de journées en dessous des cinq degrés, et nous voilà vite décontenancés, n'est-ce pas ?
Les jardins marquent une pause.
Les plantes sont comme nous, elles accusent la fatigue d'un froid exigeant et se figent en attendant des jours meilleurs.
Si les plantations d'espèces rustiques restent possibles, pour le reste, il ne faut pas s'attendre à contourner le temps de répit imposé.

Notre petit potager affiche les limites de son substrat minéral.
 
 






Les plants ont poussé normalement jusque là.
Suffisamment abreuvés et nourris régulièrement, ils semblaient indifférents à l'étrangeté du support à leur pied.




Souvenez-vous, nous, nous faisions des parallèles avec la culture traditionnelle en pleine terre.
Remarquions même l'absence des adventices et nous en félicitions.


Évidemment, notre satisfaction étonnée a été rattrapée !
Le jardin est un monde authentique. On ne triche pas longtemps avec la terre...

Nos plants poussés sur du gravier n'ont pas tenu le choc.
Au premier matin givré, ils ont ployé, lamentablement.
Les pois se sont écrasés sur leur tige. Ils ne repartiront pas.

Notre expérience aura été de courte durée.

Les plantes ont besoin de se fonder, elles aussi, de s'enraciner pour nourrir une rusticité suffisante.
Bien-sûr, si les températures descendent trop, même les pois cultivés dans nos jardins traditionnels vont geler.
 Mais là, la différence se note sans appel.
Nos pois sont fichus, quand ceux de votre potager ou du mien font le dos rond et repartiront sans peine, si l'hiver ne mord pas plus profondément.



Nous allons attendre des jours meilleurs pour décider de relancer notre potager.

En ces journées d'attente obligée, toute l'équipe de la jardinerie se joint à moi pour vous souhaiter une excellente nouvelle année !



L'étude de la nature est un enseignement.
J'ai dernièrement entendu une chronique à la radio, sur le fait de s'inspirer de l'organisation des forêts, pour en tirer un modèle adaptable à notre société humaine.
Pourquoi pas ?

Le scientifique intervenant mentionnait la cohabitation des grands arbres et d'espèces végétales moins demandeuses de lumière.
Tout ce petit monde vit en harmonie, les plantes de sous-bois profitant de l'ombrage des sujets élevés, et ceux-là profitant sans doute de la vie à leurs pieds pour s'en nourrir aussi.
Le grand arbre élevé vit sa vie, s'effondre un jour, et sa décomposition reconstitue un substrat propre à faire repartir la vie, encore et toujours.
Pas de compétition dans les forêts, disait l'homme. Une symbiose, une synergie, chacun vit sa vie à sa façon, personne ne cherche à prendre la place de personne, et tout le monde s'en trouve bien.
Ça paraissait idyllique, et un peu naïf.
Je ne doute pas de la compétence de ce scientifique et de la pertinence de ses observations.
Je suis d'ailleurs tout à fait persuadée de l'intérêt pour nous à regarder faire la nature.

Je suis sans doute trop simpliste et d'esprit grincheux. 
Essayant de transposer nos aspirations avec celle de la fougère de sous-bois, je me dis alors qu'il faudrait que le modeste champignon ne nourrisse jamais le rêve de devenir grand cèdre. 
Et que le grand cèdre, bien installé au milieu des autres grands cèdres pour le protéger des coups de vent trop forts, se soucie de la modeste sphaigne rampant entre ses racines pour lui faire passer un peu de la lumière qu'il capte.

Pas de compétition : pas d'aspiration à s'élever et pas de crainte de voir le tout petit prendre trop de place...
Je voudrais bien y croire. Je suis même certaine que la sagesse parle par la voix de ces forêts millénaires.
De là à espérer que l'homme renonce à être homme pour redevenir végétal...

Observer la nature et lui reconnaître plus de clairvoyance qu'à nous-mêmes, censés en être les formes supérieures !

Il nous faudra je crois buter plus fortement sur nos échecs. Nous sentir ployés aussi lamentablement que les pois de la jardinerie.
Cette humilié nouvelle amie, je ne la vois pas encore en passe d'assagir nos folies ! 

Je vous laisse là pour ce soir, à méditer le champignon et la montagne :



mercredi 4 janvier 2017

LES CATASTROPHES EVITEES



Bonjour !

Dans ma série, je cultive les motifs de joie, de satisfactions, je vous en raconte une.

J'étais hier à la jardinerie.
En cette période de début d'année, l'activité jardinière est assez molle.
Les clients se remettent de leurs agapes, reprennent le collier d'un quotidien écarté sur ces quelques jours de fin d'année.
Peu se lancent à corps perdu dans la réfection de leur jardin ou de leur terrasse.
Nous arrivons aisément à canaliser et satisfaire ces quelques aspirations décalées, mais fort bienvenues pour nous !

Les températures froides contribuent évidemment à ralentir cette activité extérieure.
Le petit matin givré, vous et moi, nous avons plus envie de nous pelotonner dans la tiédeur de nos intérieurs douillets, que de nous jeter dehors.
Quelques sorties vivifiantes font du bien, certes. 
Toute une journée, encombré de couches de vêtements superposés, dans une atmosphère à peine trouée par le soleil tout juste aperçu l'espace d'une heure à travers un brouillard épais, c'est une autre histoire.

Que voulez-vous, chaque métier a son lot de misères, et celui de pépiniériste n'y échappe pas !

Pour dévier mon esprit de ces constatations chagrines, j'avais devant moi une entreprise nouvelle : les serres.
Oui, nous avons décidé cet automne, à la jardinerie, de commercialiser des serres. Pas des petites serres de gnognotte comme nous en avions déjà, non, des serres, des vrais, des belles.
Olivier m'avait aiguillée sur le choix d'un fournisseur.
ACD, en Belgique. Si par cas vous êtes intéressé par l'acquisition d'une serre de qualité, n'hésitez pas, allez vous promener sur le Veb, vous verrez de quoi je parle.
Si vous persistez par chance dans votre projet, sachez que la jardinerie est toute prête à vous vendre cette merveille.

Cette petite parenthèse mercantile refermée, je reviens  à mon histoire.

Hier matin, je décidai donc de m'atteler à cette tâche inédite.
Nous avions réceptionné la marchandise jeudi dernier.
J'avais en commande trois serres.
Je m'attendais à recevoir trois ensembles de pièces détachées, à assembler.
Je reçus quatre palettes, et dix-huit colis. Ah...
Les serres de ce type sont construites sur un bâti aluminium plus ou moins grand et sophistiqué selon les modèles.  Des verres viennent fermer ce bâti.
La marchandise était parfaitement emballée, particulièrement les verres, posés debout l'un contre l'autre sur des palettes caparaçonnées de bois. Le poids en était méticuleusement réparti, de façon à éviter tout basculement.
C'était rassurant.

J'avais précautionneusement déchargé cette livraison délicate.
J'avais soigneusement contrôlé l'état des verres, le nombre de colis indiqué.
Tout allait bien, tout collait, impeccable !

Je ne disposais pas sur la fin de semaine de main d'oeuvre adaptée pour réaliser le montage de ces serres.
Les uns en congés, d'autres en weekend prolongé, tous la tête aux fêtes et moi pas plus pressée que ça.
Hier mardi, nous avions planifié l'opération.

Pour m'aider, Jean-Marc, habituellement en serre chaude, et Vincent, lui, préposé au magasin, en intérieur, m'offraient courageusement leurs services.
La serre chaude, comme son nom l'indique est chauffée. Jean-Marc s'y occupe des plantes d'intérieur, tropicales et autres. Des conditions de température bien agréables lui maintiennent le teint frais et le visage poupin.
Remarquez, au plein été, à près de quarante degrés sous les verres traversés par les rayons ardents du soleil estival, il y est aussi, un peu rosi et suffocant.
Je vous le dis, chaque métier ses misères...
Vincent, lui, s'occupe du magasin, chauffé toujours.

Ces deux collègues se sont hier matin équipés grand froid, arborant casquettes steppes aux oreilles d'épagneul, gants épais et vestes molletonnées.
Par solidarité, ils ont abandonné derrière eux des conditions de travail agréables, pour venir me prêter main forte.
Comme ils étaient bienvenus !
Tous ces colis satellites, indépendants et codifiés mystérieusement, me faisaient une conversation bien confuse.
Je ne m'y retrouvais pas, entre les références difficiles à rapprocher d'un document à l'autre, des lettres ici, des chiffres là, une logique sans doute lumineuse pour les belges, mais difficile à saisir pour nous.
Mon désarroi faisait peine à voir, et mes collègues pleins de sollicitude avaient le bon goût et la délicatesse de partager ma perplexité.
A force de persévérance, de recherches et de recoupements savants, nous finîmes par séparer trois lots, correspondant à nos trois serres.
Le sort malin évidemment s'en mêla, nous faisant constater au bout de deux heures de recherche, qu'il nous manquait en fait un colis important. Deux cartons sensément assemblés en un seul lot avaient été séparés. Le nombre total correspondait bien, mais ce subterfuge sournois masquait un manquement évidemment générateur de trouble.
Plusieurs échanges téléphoniques avec la Belgique voisine levèrent le mystère.
Des correspondants fort agréable, à l'accent si amusant, se mirent à leur tour en recherches, et identifièrent le problème.
Au moins, j'étais soulagée, retrouvant un peu de la confiance qui m'avait complètement abandonnée, quand je me voyais si empêtrée et inefficace devant une tâche à priori assez simple : je devais reconstituer trois serres, pas une centrale hydraulique !

La journée s'avançait. Mes collègues avaient entamé le montage de la serre moyenne.
Jean-Marc étudiait la notice, Vincent essayait de comprendre par-dessus son épaule.
Quand je m'approchais, je fus également surprise de la méthodologie de repérage des différentes pièces. Là encore, sur le document de colisage figuraient des numéros. Et sur la notice de montage, des lettres. Pour faire coïncider les deux, le dessin de la pièce... on aurait pu faire plus simple, non ?
Rien ne ressemble plus à un profilé laqué qu'un autre profilé laqué. Les longueurs nous guidaient. Les rainures, fentes, emplacements d'écrous et autres indices dispensaient le début du commencement d'un éclairage.
A première vue pourtant, les cartons s'ouvraient sur un petit plan bien précis.
Dès la première page ouverte, on était quand même un tant soit peu déstabilisé par la numérotation des étapes de montage, disséminée en désordre, le 1 en milieu du bas de page, et le 4 en haut à gauche, par exemple.
Non, vraiment, c'était surprenant...  Mais bon, petit à petit, nous avancions.
Le froid n'aidait pas à la manœuvre. Saisir avec des gants les petits écrous à faire glisser dans les rainures minces, maintenir la douille fuyante en bout de la tige non aimantée, tout cela s'avérait minutieux, et contraignant.

Pour le milieu d'après-midi, nous avions érigé un bâti ma foi honorable.
Nous travaillions sur le parking, puisque les serres doivent être visibles depuis la route.
Le soleil était hors de portée, et un petit courant d'air bien vif nous mordillait la peau partout où elle n'était pas couverte.
L'activité ne nous réchauffait pas trop, avec cet aluminium glacé et ces assemblages méticuleux.

Nous en étions à la pose des verres.
Encouragés par notre avancée, nous étions bien plus confiants qu'au petit matin.
Les belges nous avaient dotés d'un petit kit de montage. Deux poignées à ventouses devaient faciliter le maniement des verres. Aucune poignée ni prise sur ces verres, juste de grandes surfaces planes et lisses.
J'étudiais un peu ces poignées : elles me rappelaient les poignées vendues en pharmacie, pour aider les personnes handicapées à se mouvoir dans leur salle de bain. Plaquées à la faïence par les ventouses, elles sont sensées supporter de lourdes tractions, sans se décoller, évidemment !
Le dispositif simple de la ventouse par lui-même m'a toujours paru mystérieux, et je ne m'y fie pas trop.
Pour mon père, quand il a eu besoin de ces accessoires pour l'aider, j'ai préféré les bonnes vieilles poignées solidement arrimées au moyen de bonnes longues vis et de chevilles franches.
Nonobstant, je ne suis pas obtuse, et j'ai voulu croire que les professionnels belges connaissaient leur affaire. Les verres étaient pour certains hauts et larges, je pouvais difficilement les saisir autrement.
Un peu oppressée par une appréhension soutenue, je plaquai mes ventouses, les testai prudemment, et, constatant la facilité de la chose ainsi conduite,  me laissai rassurer.
Tout allait bien, le travail avançait rondement. J'approchai les verres un par un, les présentai dans leur logement, et mes acolytes fixaient le gros joint en caoutchouc dans la rainure appropriée pour les maintenir plaqués au bâti.
Nous avions placé tous les panneaux de toiture, en verre dépoli semblable à celui des paravents de douche.

Nous en étions au premier côté.
Les verres étaient ici hauts et étroits.
Sûre de ma technique éprouvée, je continuai d'apposer mes ventouses, et d'approcher le verre ainsi tenu.
Je ne sais pas ce qui s'est passé. Le froid est-il en cause, un positionnement défectueux ou quoi, toujours est-il que le panneau de verre que je maintenais à bouts de ventouses lâcha soudainement, me laissant inerte et stupide, mes deux ventouses vides aux mains.
Je m'attendais au fracas du verre brisé en mille morceaux, et crispai mes nerfs dans cette perspective, la tête déjà rentrée dans les épaules.
La tranche du verre tomba sur le bout de mon pied chaussé d'une coque de sécurité, heureusement.
Le panneau bascula en avant, rattrapé juste à temps par Jean-Marc tout aussi ahuri que moi, mais moins tétanisé.

Mes deux ventouses vides à la main, me vint l'idée de ces défibrillateurs appliqués sur la poitrine de ceux dont le cœur s'est arrêté. Je me les plaquais sur le torse,  en criant : chargez ! comme il me semblait l'avoir entendu crier dans les films.

Nous nous regardions tous les trois, éberlués de cette chance de circonstances, et ravis d'avoir évité le petit traumatisme d'un grand panneau de verre volant en éclats juste devant nous.
Quelques bons rires libérateurs après, nous reprîmes le cours de notre montage, attrapant les verres à trois, pour les mettre en place.
C'était plus long, mais plus rassurant.
Les deux ventouses défaillantes gisaient au sol, près du mur, tournées vers le ciel qui les avait abandonnées.

Ces petites catastrophes évitées, et les grandes, à fortiori, nous parlent d'un sort ami, capable de se montrer bon enfant.
Toutes ces choses qui auraient pu mal tourner, nous n'en percevons parfois même pas le souffle mauvais.
Et perdons de cette ignorance la sensation de chance qu'elles nous laissent quand nous les reconnaissons.

Ma foi, ces petits vertiges là, donnent bien l'ivresse et l'émoi, en même temps qu'un frisson désagréable.

Pour cette fois encore, tout est bien qui finit bien.
Et notre serre se dresse aujourd'hui fièrement !

dimanche 1 janvier 2017

JOUR DE L'AN



Bonjour... et bonne année !




La nouvelle année démarre sous le givre étincelant et pur.





Il y a dans cet air cristallin toute l'énergie du renouveau et l'élan d'un nouveau départ revigorant.

On se tourne résolument vers l'avenir, en ces moments, même si on ne fait jamais tout à fait table rase du passé, évidemment.
On peut quand même essayer de faire un peu d'ordre, de ne pas s'encombrer, pour voyager léger.
Une atmosphère froide et piquante comme celle de ce matin incite à se mettre en mouvement vivement, bien resserré autour de ses essentiels comme dans les pans d'un vêtement chaud.





La douce lumière de mes nouvelles lampes, ma bougie festive joliment allumée, tout me parle de clarté et tout m'y invite.

Alors, ma foi, je me laisse faire !

Je vous souhaite à tous une année lumineuse et légère, de beaux moments et du plaisir à vivre chaque jour qui nous vient.

A bientôt, pour dévider notre troisième année en ces pages.

samedi 31 décembre 2016

RESOLUTIONS



Bonjour !

Nous arrivons au terme de cette année 2016.
Je réfléchis aux bonnes résolutions à prendre en ces débuts d'année, quand, quitte à recommencer pour un tour, on a envie de le faire dans les meilleures conditions.
C'est une intention déjà louable en soi, n'est-ce pas, de se donner des objectifs bienveillants envers soi-même et les autres.
J'ai rarement entendu quelqu'un énoncer des résolutions négatives : je serai une peste, cette année, je me laisserai aller complet, prendrai vingt kilos et me mettrai à boire...
Ou alors, celles-ci, on ne les annonce pas, on les subit !

Je reste constante dans mon virage de 2016, pour 2017, s'il m'est donné de le vivre.
Cultiver la bienveillance, l'espérance et l'humilité.
Gardienner avec vigilance ma sérénité fragile et mon bien-être vulnérable.

Ces résolutions positives demandent constance dans leur application, et ténacité dans la lutte contre les dérives.
Si l'on prend une résolution, justement, c'est bien parce-que la chose à laquelle on se "résout", ne nous vient pas naturellement.
Si j'avais été de moi-même bienveillante, humble et emplie d'un espoir solide, je n'aurais pas besoin de m'y astreindre !
Tout cela me constituerait par essence, et je serais celle que j'essaie de devenir.
Il a fallu que je me reconnaisse autre, méfiante, habitée par la peur des autres, et bouffie d'un orgueil porté en masque dérisoire, pour avoir l'élan de ce changement.
Et bien soit ! j'étais ainsi, je le vivais plutôt bien, avant de m'apercevoir que, finalement, non, pas si bien que ça !
Ma prise de conscience a été brutale et expéditive : on ne se refait pas, tout de même !

Ma vie n'a rien de particulier, mon petit personnage non plus.
Je suis pourtant unique et différente.
Je me fonds avec confort dans ma nature humaine, dans notre société protectrice et enveloppante.
Je garde précieusement ma liberté d'être, émancipée de ces normes contraignantes.
Je respecte maintenant les autres et leur différence, sans m'en sentir remise en cause.

C'est un grand repos d'abandonner la lutte, et de se trouver à son aise et hors de danger, au milieu de ses semblables et dans son environnement.
C'est une chance et une grâce.

Je vous souhaite à tous de bien terminer cette année, et d'entamer la nouvelle en confiance et espérance.

A l'année prochaine !

NON CONFORME



Bonjour !

J'ai reçu dernièrement un courrier administratif.
Il y était question d'installation sanitaire, de réseau d'écoulements d'eaux, pluviales, usées, et je ne sais quoi encore. De vérifications à mener pour s'assurer de la bonne règle de notre façon de faire.

Agorreta est à l'écart de la ville.
Nous ne sommes pas reliés à ce circuit souterrain où se déversent les épanchements liquides de nos modes de vie.
Ce fameux "tout-à-l’égout" dont le nom  seul fait frissonner.
Tout à l'égout, tout à jeter, et rien à voir...

Nous vivons, tout de même, à Agorreta, la pluie y tombe comme ailleurs, et se déverse.
Nous utilisons l'eau, nous la souillons, et la rejetons.
Un système de recyclage a été mis en place, il y a une bonne vingtaine d'années.
Plusieurs fosses, des "épandages" dans le champ en dessous, collectent, recueillent et redistribuent les effluents de nos vies d'hommes et de bêtes.
Vivant au plus près de la nature, nous en connaissons les fragilités et les fonctionnements.
Nous savons que l'organique devient nourriture. La souillure, les odeurs nauséabondes, font partie de notre quotidien. Sans avoir le nez et les pieds constamment dedans,  nous côtoyons de près le fumier.

Nous avons remarqué, et partageons d'ailleurs, aussi, l'aversion des narines pincées par un assaut musclé de relents de putréfaction.
Nous avons enterré nos fosses, et l'épandage subséquent.
Nous apprécions même à l'occasion l'odeur agréable et fraîche des détergents et autres savonnettes.

Pourtant, j'essaie pour ma part d'éviter de m'éloigner de l'authentique fumet de vie.
Je véhicule d'ailleurs partout un relent d'étable, cette fragrance chaude et lourde un peu dérangeante dans les endroits clos.
Je travaille en extérieur, la plupart du temps, aussi, mes émanations se diluent-elles sans désagréments pour les autres dans le grand air.

Forte de ma philosophie nouvelle, je n'impose plus avec agressivité mes particularités.
J'utilise même ces artifices honnis pour masquer les effluents de mon mode vie à l'authenticité trop marquée !

Ce fameux courrier est resté lettre-morte, évidemment.
Notre installation est résolument non-conforme. Inutile de déranger un agent et de vérifier pour le constater.
Oui, nous vivons de façon non-conforme, à Agorreta.

Nous nous astreignons à respecter l'environnement, parce-que nous savons en dépendre.
Les normes des hommes ne nous paraissent pas toujours compréhensibles et judicieuses.
L'homme, cet animal capable de dérégler le climat, tout-de-même...

Oui, notre installation d'Agorreta est non conforme.

Notre façon de vivre doit l'être aussi. Et pourtant, tels quels, cette installation et ce mode de vie, ils me vont, parfaitement, à moi !

Bien-sûr un jour la réglementation nous rattrapera, et nous devrons rentrer dans ce moule étroit.
Jusque-là, pointés du doigts mais laissés libres encore, nous vivons, non conformément...








vendredi 30 décembre 2016

PETITS PROJETS GRANDS PLAISIRS



Bonsoir !








La journée embrumée au matin s'est purifiée au fil des heures.
J'ai encore une fois fait le plein de bonnes sensations, vivifiantes et toniques.

J'ai besoin d'éprouver ainsi la saine simplicité de mon environnement.
Je me lasse vite moi-même de mes élucubrations cérébrales, et reviens très régulièrement à ces petites occupations manuelles et "restructurantes" à souhait.

Rien de tel qu'un ou autre petit aménagement à réaliser pour "défibriller" le neurone !








J'ai en ligne de mire ces temps-ci la salle de bain vieillotte de l'appartement de l'étage.
Je l'avais audacieusement repeint l'année dernière, souvenez-vous, avec cette arche oblique au plafond.
L'envie m'est venue d'y intégrer la glace de l'armoire visible ici au fond.
Cette forme hexagonale m'a parue intéressante.
Cette armoire abritait avant la vaisselle des grandes occasions, aux motifs désuets et délicats.
Chaque assiette était séparée de l'autre par un morceau de papier journal . J'ai redécouvert à l'occasion du dernier rangement d'envergure les nouvelles datant d'il y a quelques décennies !
Dans le grand tiroir en bas, il y avait pèle-même tous les petits objets gagnés aux fêtes foraines : des portes-clés, des figurines, des billes et autres gadgets religieusement "désensevelis" des cartons de lessive Bonux. 
Je me souviens avec quelle ferveur je tirais doucement le long tiroir, retenant ma respiration, tel Ali-baba  dans la caverne aux trésors.
Mes plus grandes extases à triturer un objet me viennent de là, de ce tiroir où breloques et miniatures s'enchevêtraient comme des colliers de perles rares.
Je vais réhabiliter ce vestige de mes plaisirs d'enfants, à ma manière.
Je vous montrerai, si le résultat avoisine mes espérances.





Pour le moment, l'armoire est juste orpheline de sa porte.








En place de la précieuse vaisselle, j'y entrepose maintenant mes pots de peinture. Autre source d'immenses plaisirs...






Un rien me contente.
J'ai mis un bon moment à placer deux petites lampes opaline rosée. Un autre encore à m'extasier de l'effet de cette paire de rideaux orangés.
Je me souviens d'un soir où, d'une pièce à l'autre, j'essayai une lampe sur pied. Je la posai ici, ou là, l'allumai, jugeai de l'effet, la déplaçai pour l'installer mieux ailleurs.
Un bon moment, dont le souvenir me tire encore un sourire.

Une autre petite occupation qui me réussit toujours, c'est mon potager :






Il a pris ses atours de saison d'hiver.
J'y travaille au grand soleil,  binant légèrement la terre étonnamment sèche pour cette période de l'année.
Les fèves et les pois sont presque aussi hauts que moi ! Quelle force de vie dans ces tiges dressées résolument vers le ciel !

Voyez, cette journée toute simple, elle m'amène au soir toute ravigotée et apaisée en même temps.
Il m'en restera j'en suis sûre un souvenir bien agréable, quand rien ne la désigne particulièrement.
Une journée enchevêtrée aux autres comme mes breloques d'enfant, précieuse pour ce qu'elle donne sans valoir grand chose pourtant...

Bonne nuit à tous, et une pensée pour ces petites choses de rien qui nous tiennent et nous tirent en avant.

jeudi 29 décembre 2016

ERRANCES



Bonjour !
Le dernier article survole quelques fondamentaux, (rien que ça !!) en un désordre total et complet.
J'ai averti depuis le début de ce "bloc" : j'écris ici comme je pense, c'est-à-dire anarchiquement, sans queue ni tête, sans sens ni but.

J'avais pourtant en visée à peu près défini un semblant de recherche, une tentative de compréhension, un essai d'un bilan à faire pour une trajectoire à définir pour l'avenir.
C'est le moment qui veut ça, ce cap de la cinquantaine franchi, où l'on se demande ce que l'on va faire de la deuxième partie de sa vie, en partant de ce que l'on a fait, ou pas fait, justement, dans la première.

Ma recherche n'est pas tenace et assidue. Je dirais mieux que je reste attentive à tout indice, disponible à tout enseignement, mais pas plus demandeuse ni nécessiteuse que ça.

J'ai bien ressenti ce printemps 2016 un dysfonctionnement dans ma mécanique personnelle.
Les désagréments physiques s'accentuaient d'une morosité psychique préoccupante et surtout inconfortable.
J'ai pensé trouver dans ce "bloc" un cheminement sous-jacent me permettant d'éclaircir ce parcours.
J'ai voulu comprendre, trouver des pistes et des solutions à mon malaise passager. Pour éviter d'y retomber.

Je ne peux pas dire que le fatras déversé ici depuis tous ces mois m'ait éclairée.
Non, tous ces mots, tous ces textes, ne dessinent rien d'autre que des volutes gracieuses parfois, légères et sans prétention.
Tous ces mots, tous ces textes, disent simplement mon plaisir à écrire, mon bien-être à sentir et éprouver chaque moment et chaque jour comme important, dans son insignifiance.
Mes réflexions ne sont ni essentielles ni profondes. Elle sont juste amusement et attention à un monde offert à mon regard.

Je suis humaine, comme vous, et je cherche un sens à ma vie.
J'essaie de comprendre ce qui ne se comprend pas, ce que de bien plus perspicaces que moi n'ont pas réussi à expliquer et à donner à comprendre.
Nous sommes ainsi faits, et notre conscience d'exister dont je parlais la dernière fois nous pousse à continuer de chercher quand nous continuons de butter contre l'inexplicable.
Le besoin de contrôle, cette peur de l'inconnu, nous taraude et nous torture au lieu de nous rassurer.

Mon passage à vide a eu pour effet bénéfique de m'obliger à lâcher prise, à faire baisser la pression.
J'ai repris mes constantes à plat comme j'ai rectifié celles de mon surpresseur emballé.
J'ai laissé décanter les choses, et mieux vu un fond jusque là brouillé de trop de mouvement et d'agitation.

Un peu de sagesse m'est venue. Une certaine rondeur m'a adoucie.

Je n'ai pas l'intention de pousser une enquête savante sur les causes et effets de mes manières d'être. 
J'ai le goût de l'observation, et je continuerai d'observer, la nature, les autres, et moi-même.

Je le ferai avec moins de méfiance, moins d'agressivité.
Je me suis émancipée de mes peurs rentrées, et ça m'a fait grand bien !

J'admets avec humilité maintenant la juste nécessité d'un équilibre fragile entre mes aspirations, mes besoins, et ceux des autres, ceux-là avec lesquels je vis, ceux de mon espèce, si semblables à moi, et si différents aussi.

Comme tout cela paraît mauvaise littérature !
Et alors ?
Je ne revendique que mon droit au plaisir, d'écrire, de vivre.

Je ne voudrais pas vous lasser, pourtant, et m'arrête ici, pour ne pas en prendre davantage le risque !

A bientôt, et, encore une fois, ne vous privez pas de passer outre mes errances, si elles vous ennuient !

Je ne vous en voudrai sûrement pas. Puisque je ne le saurai pas...
Ce savoir si recherché et pourtant pas toujours nécessaire, n'est-ce pas ?