dimanche 11 octobre 2015

IL EST VENU, LE TEMPS DES CITROUILLES...



Me revoici, pour une chronique bucolique, cette fois.
Ce matin, j'ai fait le tour de mon champ de citrouilles.

Les journées chaudes de cette semaine font avancer les mûrissements.

Les maïs s'engrangent, illuminant les séchoirs de leur jaune éclatant :





Les courges ont emmagasiné toute la substance des lianes maintenant sèches.



Ma "carabosse" est sur le point de se détacher.

Toute parsemée de verrues épaisses, elle rayonne de ses côtes solides.

Je l'ai tâtée, poussée, un peu.
Elle pèse, la bougresse !









Celle-ci est encore plus grosse.
Il va me falloir assistance pour les basculer dans la bennette de Ttiki-Haundi.

Le temps de la récolte est arrivé.
Je dois m'assurer un renfort physique.
Il ne suffit pas d'être fort, pour cet ouvrage, il faut aussi être délicat. La courge se blesse facilement, et fond en eau très vite, si le coup a entamé sa chair.

Il me faut un homme fort, et doux. Le mien, celui que je me suis choisi, mon grand Olivier de mari.

Nous ferons ça dimanche prochain, si le temps s'y prête.
Cette année, j'ai plusieurs citrouilles de très gros calibre. Hybridées souvenez-vous de mon phénomène de l'an dernier, lui-même issu de la courge de 200 kg, livrée en démonstration par un fournisseur de terreau de la jardinerie. Vous suivez ?




Celle-là, oui, la voilà, fille de citrouille géante,  cultivée sur les hauteurs d'Agorreta l'année dernière.

Ma vache Pintta-Mona avait essayé, heureusement sans succès, de la croquer.










Celle-ci descend en droite ligne de sa "mère".

Elle en a conservé la forme et la couleur.
Encore une que je ne peux pas déplacer sans aide...












Les mulots essaient d'entamer la peau des courges.
Celles de notre fournisseur de terreau, ont été paraît-il toutes mangées, cette année.

Les miennes, moins poussées en culture, développent une meilleure résistance aux attaques.
Ce qu'une vache gourmande n'a pas réussi à faire, ce n'est tout de même pas un rat des champs qui va y arriver, que diable !
Ce fruit, à la peau plus fine sans doute, a failli être creusé. Puis, il a cicatrisé, juste à temps pour sauver sa chair, et sa peau !



Plus loin, les limaces voraces ont sillonné les flancs couchés des courges allongées sous les herbes humides.

Là encore, rien à faire, la citrouille a résisté, vaillamment, et s'en est tiré. Toute balafrée.

On n'imagine pas les luttes silencieuses dans nos potagers.
Les hurlements de douleur tus.
Les souffrances invisibles endurées à bas-bruit.

La vie de citrouille n'est pas un long fleuve tranquille.
Ces valeureuses combattantes rejoindront bientôt leur havre de paix, dans mon étable.

Elles y apporteront leurs rondeurs et leurs lumières, chaudes et gaies.

Là encore, bien-sûr, je vous montrerai...

Cette fois-ci, je vous quitte pour de bon, il est temps pour moi d'aller travailler.

A bientôt pour nos prochaines récoltes...


CONTRÔLE TECHNIQUE




Bonjour à tous les suiveurs des nouvelles d'Agorreta !





Matin calme sur Agorreta.
Quelques rares coups de fusils claquent.

La mini-meute s'affaire, pas trop loin de moi. Les coups de fusils, ils n'aiment pas trop ça, mes trois gardiens du temple, un peu poltrons...







Ils restent attentifs, inquiets, les oreilles vite dressées en alerte.

Ils patrouillent au plus près de moi et de la maison.

Le fourgon de la jardinerie, incongru à Agorreta, les distrait à peine de leur vigilance apeurée.





En rentrant hier soir, je me suis arrêtée à l'église de Guéthary. Je devais y récupérer des plantes louées pour un mariage.

Quel bijou, cet édifice !

Dressé coquettement sur un mont surplombant la mer, serré de son cimetière, entouré de maisons anciennes mais pimpantes, il traverse les âges, parfaitement entretenu.
Le galbe des boiseries sombres, les galeries longues et profondes, la pierre claire, tous les éléments parlent de milliers de mains glissées sur les surfaces polies, de milliers d'élans vers un apaisement espéré.
Je m'y suis attardée un peu avec Olivier, dans le soir tiède et lumineux.

Mon mari m'accompagnait pour exécuter la manœuvre avec le fourgon. Manœuvre rendue délicate à cause de l'étroitesse des lieux, le raidillon prononcé et exigu à l'arrivée nécessitant une certaine maîtrise.
Que je n'ai pas.

Depuis vendredi, ma conduite est sujette à commentaires déplaisants.
Je ne m'en offusque pas trop. Je n'ai jamais mis un point d'honneur à passer pour un as du volant. Manifestement, bien m'en prend...

Je vous raconte :

Vendredi, je devais mener ma petite automobile à son contrôle technique périodique. Bien.
Je n'ai aucun attachement particulier pour les voitures. Elles me sont strictement utilitaires, et je n'y mets aucun affect supplémentaire.

Ma modeste Modus n'est pas vieille. Six ans. Je mène généralement mes véhicules bien au delà, autour des 20 ans et des 300 000 kms. Quand c'est possible.
Ma petite auto est estampillée verte, écologique. Je ne suis pas une citoyenne acharnée sur les questions de développement durable de la planète. Nonobstant, j'y prête attention, dans l'idée de préserver cette nature à laquelle je suis tout de même attentive. Je remplis mon réservoir d'un carburant sensé respecter l'environnement, au prix de quelques centimes supplémentaires.
Non, vraiment, j'ai l'impression de faire comme il le faut.

Pour la conduite, je roule gentiment, de façon très régulière, en évitant les à coups, accélérations brutales et autres freinages violents. 
Par mesure d'économie de carburant, d'abord. Et aussi par goût.
J'aime la sensation de glisser sur la route, de traverser les paysages sans bruit, ni heurts.

Je me souviens de mes cours de physique. Pour illustrer la théorie du mouvement perpétuel, le professeur envoyait un palet glisser sur une surface lisse. Dans un milieu protégé de toutes forces contraires à cette impulsion donnée.
Le palet suivait une trajectoire jamais contrariée, et son avancée sans entrave paraissait fluide et presque voluptueuse.

Je recherche cette volupté en conduisant, cette impression d'avancer sans effort.
Je qualifierais ma conduite de souple et respectueuse.
Mes détracteurs me traitent de vieille mémère poussive et dangereuse...

Parfois, c'est vrai, quelques poids-lourds s'impatientent derrière moi, sur l'autoroute. Je roule généralement autour des 90 kms à l'heure. Ou un peu moins, si une rêvasserie me prend. Et il m'en prend assez souvent, je le reconnais.
Sur les montées, les véhicules lourds, lancés, doivent ralentir, s'ils ne veulent pas m'emboutir, empêchés par leur poids d’accélérer suffisamment pour me dépasser.
Les chauffeurs s'énervent alors, rendus moins tolérants par les heures au volant, sans doute. Et klaxonnent derrière moi, un peu rageusement.

Tirée ainsi de mes pensées, je reviens à la route, et appuie sur le champignon, un peu. Juste de quoi apaiser mon suiveur.

  - Tu es toujours en sous-régime ! me dit-on. Ah bon...

Ces remarques ne m'ont pas amenée à modifier mon comportement au volant.

Vendredi, retournant chercher ma voiture, je ne m'attendais nullement à ce verdict implacable :

   - inapte, trop polluante, encrassée à mort.

Tiens donc ! J'en suis restée baba. 

Dûment conseillée par mon frère professionnel de la mécanique automobile, j'ai entrepris une action en "décrassage".
A savoir : Hendaye-Bayonne, samedi matin, en troisième.
Ah ça ! la petite chenille télescopique du compteur des tours-minute a exploré des zones vierges pour elle jusque-là !
Jamais au grand jamais, les petits rectangles lumineux n'avaient investi cet arc de cercle dangereux. Pensez : ils frôlaient la zone rouge, celle de la surchauffe ! Je souffrais pour ce moteur rugissant, poussé bien au delà de limites jamais approchées ...
Sans parler de mes pauvres oreilles malmenées par ce vrombissement strident, rendant l'habitacle acoustiquement difficile à supporter.
J'ai soutenu cet effort nécessaire en serrant les dents, les entrailles nouées, le poing crispé sur un levier de vitesse douloureux, le regard rivé sur ce fameux compteur agressivement illuminé.

Quelle épreuve, Boudiou !

Enfin, j'espère avoir "décrassé" le circuit.
Nous verrons le verdict très bientôt.
En gros, pour pouvoir être autorisée à utiliser ma voiture à ma manière, sans accélérer ni polluer, il m'aura fallu disséminer un flot de particules rugissantes sur deux cantons.
Quelle étrangeté de raisonnement écocitoyen, n'est-ce pas ?

J'ai besoin de ma voiture pour aller travailler. Je suis bien obligée de me plier aux règles incontournables.
Et contradictoires.
Moi, qui ai quand même réussi à perdre la moitié de mes points de permis de conduire, pour excès de vitesse, en n'accélérant jamais.

Je reprends ma petite voiture ce soir, à la jardinerie. Toute haletante encore d'hier matin, je vais devoir encore nous faire violence, pour la bonne cause.

Je vous livrerai le résultat de cette souffrance, évidemment.

A bientôt, et portez-vous bien en ce dimanche paisible, lui.


En différé de huit jours :

Ouf, tout va bien. la seconde visite, après les hurlements du moteur mené à bout, s'est révélée satisfaisante.
Comme quoi, il aura bien fallu que je pollue à tout va, pour pouvoir continuer à ne pas le faire.
Une logique pas plus tarabiscotée que ça, n'est-ce pas ?
bref, la petite modus a l'autorisation de continuer de rouler, et ça me va très bien comme ça !




mercredi 7 octobre 2015

CONSERVATOIRE



Bonjour et bienvenus ici !

Vous savez que j'ai pris ce bon vieux Gegel comme conservateur de moments et d'images que je ne veux pas perdre.

A moins d'une panne informatique fatale et mondiale, je m'assure, à mon idée, ainsi, un 
coffre- fort inviolable, puisque ouvert à tous.

J'ai quelques images venues de haut.  Je vais vous les déposer ici, et vous me les garderez au chaud.
























Ne faites pas attention au désordre. Ne vous étonnez pas non plus de voir le Pic du Midi délocalisé à Agorreta.
Vous le savez, ce genre de fantaisies ne me dérange pas, moi.
J'utiliserai ces belles images, au gré des inspirations et des moments. 
En attendant, repaissez-vous avec moi, et transportez vous par la pensée hors de votre quotidien, du monde et du temps.
De l'altitude, que diable, de l'altitude...

Histoire de revenir sur terre ferme, notre petite mais si précieuse mère-Rhune, ce matin :





Modeste cousine de cet impressionnant  Pic du Midi, elle perd sa tête dans les nuages.
Issue de la même roche, du même élan gigantesque qui souleva la chaîne montagneuse entière, notre Rhune tend son versant le plus équilibré vers Agorreta. 
Sommet fier sans arrogance, pentes douces et harmonieuses, elle veille en sentinelle sur ces débuts de journée que je vous partage.
D'elle aussi, je vous parlerai davantage, une autre fois.

Nous en sommes à ce moment de l'année, où il faut saisir les opportunités des périodes de beau temps pour engranger les récoltes.
Les maïs sont prêts, les épis blanchis, suffisamment secs, et les grains remplis.

Ma betterave doit encore mûrir, et profiter de la substance des dernières feuilles  vertes.
Les courges finissent elles aussi de se gorger de chaleur.
Je laisse faire le temps, maintenant. Par contre, novembre, avec une petite gelée toujours possible alors, demande vigilance. Ce serait dommage de voir partir en eau toutes mes belles promesses, non ?
Les choux et les navets passent l'hiver en terre. Ils ne craignent pas le froid, et constitueront un aliment frais en vert pour mes vaches.

De frais, nous en rêvions presque lundi, avec cette brutale chaleur à contre-saison.
Nous sommes en automne, le temps change vite et radicalement. Tenons-nous prêts !








Lundi soir justement, les cieux changeants offraient un spectacle magique, sur le couchant.











Les riches fulgurances scintillantes ourlaient les masses sombres.

Un spectacle magique.

Le ciel est un grand démocrate. Il propose ses splendeurs à tous.
Il suffit de lever les yeux, et de se laisser imprégner.







On ne peut pas toujours avoir l'opportunité d'être sur les hauteurs des montagnes. Le ciel, grand seigneur, nous partage ses beautés.

Tourner son regard du bon côté suffit, souvent. Pour tous et partout.

Les panoramas les plus grandioses doivent être regardés, pas seulement vus...

Tiens, je pourrais vous faire une série sur les couchants d'Agorreta. 
Vous avez eu les levers de soleil sur bientôt une année. Ça changerait !

Bon, plus tard, ça aussi, peut-être, allez... 
A bientôt, alors, si vous voulez bien me suivre, encore.

dimanche 4 octobre 2015

RIEN DE NEUF SUR LA PLANÈTE ?



En ce premier dimanche d'octobre, bonjour à tous !





Aube tremblée incendiaire, ce matin.


















La Rhune s'assombrit de ces cieux flamboyants.

Le spectacle durera une dizaine de minutes seulement.

Ces cieux d'automne, profonds et presque inquiétants d'intensité lumineuse.

Augure de l'arrivée d'un temps incertain.




Une demie-heure à peine plus tard, on se croirait sur une autre planète, dans un monde raisonnable.

Comme si on avait rêvé les images précédentes.
Difficile de croire qu'elles ont seulement existé, en vrai.

Pourtant...






On sait l'altération des réalités par la durée ou la distance. L'éloignement dans le temps et l'espace modifie notre perception des choses.
C'est d'ailleurs bien commode quand on veut faire passer des vessies pour des lanternes...
Qui n'a pas entendu une personne avancée en âge laisser planer un doute séduisant sur un passé impossible à vérifier par un auditoire bien plus jeune ? 
Ou alors, n'est-il pas assez courant de se présenter avantageusement quand on arrive dans un endroit nouveau, en comptant sur le flou de l'inconnu pour arrondir les angles ?
A l'heure de l'information en libre-service, du temps réel et de l'espace à portée de tous, ces illusions risquent d'être démasquées assez vite, il est vrai.
Mais quand même, il reste toujours quelque chose de confortable dans une réalité malléable. Le petit coussin d'amortissement douillettement nourri du temps passé ou de la distance mise entre une chose et son évocation adoucit les arêtes trop vives d'un réel parfois rugueux.

Si je change mon cercle familier, je peux toujours prétendre à  ceux qui ne m'ont pas connue avant, que j'étais avenante et brillante, dans ma jeunesse. Qui le saura, de ceux-là qui m'écoutent maintenant ?
Evidemment, il me faudra éviter d'annoncer que j'étais une beauté à couper le souffle et un génie. La vérité peut se maquiller, un peu, ou beaucoup, mais il faut savoir garder un semblant de plausibilité, tout de même !

Non, non, je vous le dis, si on laisse faire le temps, on peut gentiment se nourrir d'illusions sur un passé flouté.
Et personne ne s'en prive, revisitant son histoire d'un regard totalement orienté.

J'énonce des platitudes, des lieux communs. Je le sais, je le reconnais bien volontiers.
J'en entends, j'en lis, beaucoup, aussi.

N'y a-t-il donc rien de nouveau à dire, rien d'inédit à inventer ?
La "création" est-elle une illusion pour se masquer notre médiocrité ?
Les fictions les plus fantaisistes ne sont-elles que des orchestrations plus ou moins réussies de situations réelles et connues ?
Rien ne remplacerait  le réel, le vrai ?

Notre seule latitude est de regarder, de sentir, de se laisser investir et de tenter de rendre une émotion, de la partager.
Nous n'inventons rien.  La nature avant nous a créé. Nous ne faisons que chercher, et, trouver, parfois, de nouvelles possibilités, qui existaient mais ne nous étaient pas accessibles.
Les notes de musique tentent de circonscrire des sons. Les désignations des couleurs ne rendent qu'une infime partie d'une palette immense.
L'artiste travaille une matière d'avant lui. Il explore et quête. Il ne crée pas, il assemble, autrement.
Les technologies les plus avancées n'inventent rien. La science est recherche. De ce qui est.
La nature ne nous a pas attendus pour hybrider les espèces, rendre les génomes évolutifs et adaptables aux milieux.

Notre imaginaire ne se détache pas des réalités. Il s'en éloigne, les transforme et les mélange.
Nous explorons, nous ne créons rien qui n'existait déjà.
Les idées nous viennent, elles ne sont pas notre oeuvre.
Du néant, que nous sommes incapables de concevoir, nous ne faisons rien d'autre que d'en cultiver l'effroi.
Incapables d'aller au delà.

Bah ! bah ! bah ! La belle affaire...
Puisque nous ne savons qu'observer, regarder, chercher, et imaginer à partir de là, et bien, observons, regardons,  cherchons, et imaginons :







Les scientifiques dans leurs observatoires, spectateurs privilégiés de la beauté d'une nature souveraine :










Un lever de soleil sur le Pic du Midi.

Comment imaginer créer plus grandiose ?










Avoir accès à ces réalités est une chance. S'en nourrir et s'y ressourcer une force.


J'ai parfois le vertige, au propre et au figuré. Le vertige de ces insondables où nos illusions s'effraient.
Pour ne pas perdre pied, j'ai besoin de revenir à la terre, au concret.





Faisant le tour de mon champ de courges, ce matin, je cherchai des traces de blessures sur les peaux épaisses. Un début de grêle dans la nuit de vendredi à samedi m'avait inquiétée.
Apparemment, rien de trop méchant. La conque de cette citrouille remplie d'eau se videra sans dommage. La carapace dessous est dure et étanche.
Les lianes au sol sèchent. Elles nourrissent encore les fruits. Les queues se détacheront au moment venu. Il faut attendre encore.

Ces rustiques et lourdes citrouilles nous parlent aussi de soleil et de magie. De couleurs chaudes et de fées qui les transforment en carrosses.
Notre imaginaire peut jouer dans un large champ, libre et léger. Les limites sont si lointaines, elles ne nous contraindront pas. Si nous gardons l'humilité de ne pas vouloir les effacer.

Encore une de mes envolées fantasques et échevelées. Ah ça ! des limites, il faudrait en mettre à tant de sottises éparpillées comme mes courges dans le champ.

Allez, allez, ne soyez pas mauvais !

Ayez un beau dimanche. Derrière le gris du ciel, souvenez vous des flammes et de la lumière. Elles sont là, et reviendront, à l'occasion, nous enchanter encore.

mercredi 30 septembre 2015

BONNE CONSCIENCE



Bonjour et bienvenus dans ce "bloc" !







Matin pur, rincé d'une averse de nuit.



La baie s'offre au soleil, les roux s'enflamment en or. L'automne resplendissant régale de ses couleurs chaudes et profondes.












A Agorreta, après deux nuits fracassées par les meuglements assourdissants de Pollita, tout est rentré dans l'ordre.

Hier soir, j'ai pris le temps d'un entretien avec ma belle, les yeux dans les yeux.

Au retour de la jardinerie, je rentre les vaches. Elles se rangent à leur place, et rien ne les distrait de leurs mangeoires garnies pendant dix minutes. Je fais alors le tour des pis, une rapide inspection générale de l'état sanitaire global.
Vient ensuite le moment où je passe ma main sur leurs flancs, où je parcours leurs échines ondoyantes.
Quelques vigoureuses frictions du poitrail et des joues sont aussi bien appréciées.

Ce petit rituel bouclé, je vais voir mon père à cette heure couché, et je m'occupe ensuite de la logistique domestique.
Un enchaînement assez immuable, efficace et ronronnant.

Hier soir, après les deux nuits précédentes où Pollita avait rugi à des heures indues, j'avais à lui parler.
Je me suis postée à son côté, et, lui parcourant le mufle en va-et vient réguliers, je lui ai dit :

- Ecoute ma belle. J'ai l'impression que tu t'inquiètes pour ta Rubita de fille. Tu sens une nouvelle vie dans ton ventre, et celle-ci est toujours accrochée à ton pis. Tu as peur sans doute, de devoir la délaisser, pour t'occuper du prochain à venir.


Je vous ai expliqué la relation fusionnelle de Pollita avec sa fille Rubita.

Je vous ai dit aussi que l'éclipse lunaire, même sûrement très "influante" sur l'instinct animal, ne me paraissait pas suffisante pour susciter à elle seule ce tourment.
La seule raison plausible à mes yeux, était  le premier mouvement perceptible par la mère, de ce petit lové en son ventre.
Et son inquiétude concernant son aînée, qu'elle avait peur de devoir abandonner.

Tout ceci étant mon interprétation du phénomène. Je le sais avant de vous l'entendre dire, c'est bien fantaisiste, et pourtant...

J'ai mis mon hypothèse en mots, à l'intention de la "plaignante" trop bruyante. 
Et j'ai tâché d'apaiser ses maternelles craintes :

- Tu sais, Rubita est maintenant grande. Elle peut se passer de ton lait. Je prends le relais, ne t'inquiète donc pas. Souviens-toi comment je t'ai nourrie, toi aussi, à son âge. Regarde la belle vache épanouie que tu es devenue. Ce sera la même chose pour elle. Tu la verras grandir et embellir non loin de toi. Bientôt, elle aura elle-même des petits, comme toi. Et vous élèverez tout ces petits veaux côte à côte. Ne t'en fais donc pas.

Pollita a écouté ma voix, en profitant de mes caresses.

Cette nuit, paix sur la ferme, silence et repos pour tous.




Le maître des lieux a pu dormir tranquille.
Frais et dispos, il revient de promenade dans le soleil levant.












Oui, oui, oui... je sais, tout ça n'est pas très étayé, ni raisonnable. Et alors ?

Tout ça me donne bonne conscience, à moi. J'ai l'impression de faire comme il faut. Et le semblant de résultat me conforte, envers et contre toute logique.

Les choses rentrent dans l'ordre. Mon intervention n'y est peut-être pour rien. Mais il me plaît, à moi, de croire le contraire. Laissez m'en l'augure, je vous prie...

Je suis comme vous. J'ai besoin d'avoir bonne conscience. Et pas toujours de raison valable pour y parvenir. Quand ce ne sont carrément pas les meilleures raisons du monde de la perdre, justement, cette bonne conscience !
J'aime pouvoir me dire que j'ai fait ce qu'il fallait faire. Que je me suis acquittée de mon devoir.
Evidemment, j'ai failli, parfois, à ce devoir. J'ai été en dessous de mon rôle. Je me suis déçue, désapprouvée. 
Je ne suis ni parfaite, ni irréprochable. Tiens donc !
Le costume trop raide et la posture intenable dans le temps, je les ai moi aussi abandonnés. J'ai évalué mesquinement le bénéfice à retirer d'une peine à me donner. Et laissé tomber, quand j'aurais pu davantage essayer.

Je suis restée dans une une moyenne raisonnable, raisonnablement convenue avec moi-même.
Le tête à tête d'hier soir avec Pollita, je l'ai eu avec moi-même bien des fois.
Et la même fantaisie a souvent déterminé mes choix. Je me suis soumise à un arbitraire admis, et reconnu.
J'ai bonne opinion de moi, sans grande raison pour ça. Je suis une spectatrice acquise à moi-même, sympathiquement dédiée à ma cause.
Je me pardonne mes fautes. Je les reconnais, oui, mais je me les pardonne.
Je m'étonne d'ailleurs que les autres ne me pardonnent pas toujours, eux.... Je constate ce ressentiment, cette rancune, et je m'en désole. 
Pour me consoler, je reprends les théories de cette fameuse Lise canadienne dont je vous ai déjà parlé. Et oui, ce "bloc" commence à être un tantinet touffu, maintenant, et mes références un peu perdues de vue, peut-être, qu'importe !
Là encore, je me pardonne quand vous pourriez très justement m'en vouloir.

Lise explique qu'il faut reconnaître les blessures des autres derrière celles qu'ils vous infligent, les leur pardonner, pour pouvoir se pardonner à soi-même de les infliger à d'autres encore, ou à ceux-là mêmes qui vous les ont infligées.
Personnellement, j'ai le sentiment d'inverser les deux dernières étapes. Je me pardonne avant de pardonner aux autres. Il me semble...
Une boucle à refermer pour sortir du cercle où l'on se tient prisonnier. Un petit tournis à détricoter, mais j'ai adoré !

Quand je rencontre la désapprobation autour de moi, et ça m'arrive, forcément, quelquefois, je reprends l’ellipse Lise, et je m'en tire comme une fleur. Épatant !
Il y a comme ça des rencontres dans une vie, qui vous apportent la lumière, n'est-ce pas ?

Je me souviens aussi d'un certain Binst. Connu durant une formation professionnelle. Celui-ci a révélé chez moi le chemin vers l'essentiel. J'y avais des prédispositions certaines, mais il me l'a tellement bien débroussaillé, ce chemin, que c'en est devenu mon fil conducteur. Mon essentiel...
D'aucuns vous diront, au détriment du reste ! Et ils auront raison, je les salue ici au passage, bien amicalement.

Pour pouvoir se pardonner, s'absoudre, il faut bien qu'il y ait matière à le faire, faute, mauvaise conscience.
De là à penser que sans faute, il n'y a point de salut, il n'y a qu'un pas, une pirouette. Et moi, j'aime bien les mouvements ronds et lestes...

Je vous laisse ici pour aujourd'hui, face à vos consciences partagées.

Une bête fantastique est venue explorer mon potager :









Une "taupinus monstera" ?

Il y en a eu une, dans le temps, dans la contrée.
Là quand-même, je m'interroge.






Ma taupe géante a l'air drôlement bien outillée :





Elle frôle mon carré de navets, le longe, sans Dieu merci me l’abîmer.
















Elle s'approche quand même bien près, je trouve, l'insolente bête...

Et mon petit choux de rosée perlé pourrait s'offenser de cette ombre portée.










Bah ! le coupable n'est pas bien loin, je le sens bien. Je crois même que je le connais, le bougre !

Ceci nous mènera à mes récits projetés pour l'hiver. Ces fameux remblais, et celui de notre non moins fameux Chemin des Crêtes, en particulier.
Là encore, les bonnes consciences s'affrontaient, comme des coqs hérissés.

L'historiette me démange, déjà. Elle me viendra sous les doigts, en son temps.
Parce-qu'en plus d'être trop centrée sur l'essentiel, il m'arrive d'être un peu impatiente, aussi.

Honte à moi ! Mais, faute avouée, n'est-elle pas à moitié pardonnée ?

A bientôt, mes amis, et ne me tenez pas rigueur de ces travers. Ils sont mon essence et ma chair.

lundi 28 septembre 2015

MEUGLER A LA LUNE ?



Bonjour à tous !

Bref signe de la main ce matin.

Histoire de nous souvenir dans longtemps de l'éclipse lunaire...





Saisissants, non, ces clichés ? Mémorables ? Non !

Je n'ai pas su faire mieux...

Remarquez, des images de l'éclipse de lune, vous en trouverez partout.
Personne n'attend après moi pour ça.
C'est une chance !


A voir, c'était pas mal. Je n'ai pas eu le moment le plus beau.

Ces trois instants, à imaginer faute de pouvoir admirer, à se remémorer, n'étaient pas les meilleurs, je crois.

Hier soir, juste avant minuit. Ce matin après cinq heures, puis, à sept heures.
Trop tôt, et trop tard...

En fait, je n'avais pas spécialement l'intention de me lever pour observer le phénomène. Je me suis dit que je verrais ça ce matin, à l'aube. Je l'ai fait, mais la lune à ce moment là était juste un disque brillant, pas particulièrement remarquable, ni par sa taille, ni par sa couleur.
Des couchers de lune, j'en ai vu de bien plus jolis.

Hier soir, un peu avant minuit, quand, douillettement installée dans mon meilleur sommeil,  je dormais paisiblement, quelque chose m'a tirée de cette agréable contrée. J'étais en plein rêve, et un rêve plutôt amical, pour ce qu'il m'en reste.

Réveillée aussi injustement, je me demandai, ce qui était venu me chercher là.
Je n'ai plus entendu le "tunk-tunk-tunk" d'appel de mon père depuis des lustres. Serait-ce ça ? me suis-je dit en sortant à regret de mon lit.
Je me chaussai, contrariée mais résignée à reprendre ce rite des levers nocturnes intempestifs.

Un mugissement venu de l'étable troua le silence tranquille. Tiens, Pollita, à cette heure là ?



Elle, la placide, la reine sereine ?

Si je ne descends pas suffisamment tôt, Pollita meugle, le matin.
Quand son pis rempli de lait devient lourd, elle appelle.
Je défais les chaînes de Rubita et de Galzerdi pour les libérer.
Elles ne se font pas prier pour aller voir leurs mères, et se mettre à téter les mamelles gonflées.


Là, ce n'était pas du tout son heure. Quand Pollita meugle ainsi, hors usage, c'est que quelque chose ne va pas. Elle n'est pas capricieuse. Son alerte doit être prise au sérieux.
Il arrive que Rubita s'éloigne dans le champ, passe sous le fil de clôture, et aille voir plus loin, si l'herbe y est meilleure.
Sa mère, plus respectueuse des limites autorisées, se campe en bordure, et meugle, sa détresse, de voir sa fille s'en aller loin d'elle, dans des parages interdits.

Pollita ne m'a jamais dérangée inutilement.
Cette nuit, je suis descendue voir ce qui se passait là, en bas.

J'ai allumé, la pathétique ampoule de 40 watts a éclairé mes bêtes couchées. A part ma Pollita, debout, tête dressée par dessus la murette. Rubita, sagement allongée à sa place, ne manifestait aucune anomalie.
Je me suis approchée, j'ai causé à ma vache. Rien n'expliquait ses meuglements.
Entre-temps, tout le monde s'était levé. 
Mes vaches ne sont pas tourmentées. Quand elles me voient, elles se disent, tiens, ce doit être l'heure de manger, et s'apprêtent au repas.

J'ai distribué quelques quignons de pain, lâché les petites qui tiraient sur leurs chaînes.
Nous avons fait une aube à minuit.
Les vêles contentées, puis rattachées,  les mères apaisées, je suis remontée.

Qu'est-ce qui a tracassé ma Pollita cette nuit ?
L'éclipse lunaire ?  Je ne pense pas.

Peut-être le petit qu'elle porte en elle. Pollita est pleine de quatre mois maintenant. Le pré-animal dans son ventre doit s'animer, à ce stade. Et j'imagine que c'est cette sensation qui a réveillé ma grande et belle vache.

Et tous les habitants nocturnes de la ferme, par ricochet.

Que Pollita soit pardonnée, elle ne savait pas au juste ce qu'elle avait. Et je ne le sais pas beaucoup mieux.

J'imagine, comme j'imagine la beauté de la lune à quatre heures ce matin, faute de savoir et d'avoir vu.

C'est notre chance d'humains, de pouvoir aller au delà des choses par l'esprit.
Et notre tourment...

A une autre fois, et portez-vous bien.


En différé de quatre jours :

Le croirez-vous ?
Notre bien-aimé directeur de la jardinerie, Jean-Michel, a anticipé ma défaillance.
Dimanche dernier, il s'est hissé au sommet du Pic du Midi de Bigorre.
Et, ces clichés de l'éclipse lunaire que j'ai lamentablement manqués, il les a, lui, parfaitement réussis.
Je vous les montre ici,  jugez par vous-mêmes :


















A cette altitude, cet homme n'est plus un supérieur hiérarchique, c'est un véritable ange-gardien, presque monté aux cieux, a défaut d'en descendre ailé.
Nulle part ailleurs en entreprise, je n'ai entendu parler d'un patron aussi presque saint, capable de prévoir ainsi et de pallier majestueusement les manquements de ses employés... 
Que le Très-haut nous le conserve longtemps en sa sainte garde, les pieds bien sur terre ici-bas, pour notre plus grande joie !







dimanche 27 septembre 2015

SEVRAGES




Bonjour aspaldikoak ! 
Approximativement : ceux d'il y a longtemps...

Une semaine sans passer par ici, ça m'a paru bien long ! A vous, non ? Ah bon...


J'ai quand même pensé à nous vendredi, en faisant mon petit reportage photos.

Ce matin, dans le calme et le silence de la ferme, je reprends nos conversations interrompues.
Oui, enfin, pour moi, ce sont des conversations. J'imagine très clairement vos interventions, et elles me satisfont pleinement, puisque je les conçois moi-même. Ainsi, pas de risque de déconvenue !





Vendredi, donc, l'atmosphère était moins humide que ce dimanche matin.

La transition entre saisons se fond en un enchaînement fluide, de nuances apaisées.
Les couleurs ne se heurtent plus. Elles abdiquent et se diluent en laitances diffuses, se confondent en pastels mélancoliques.
Une légère lassitude les affadit en langueurs dolentes.

Les glissades synchronisées des hirondelles maintenant parties, cèdent l'espace aux vols saccadés et désordonnés des chauves-souris à la tombée de la nuit. 

Les bêtes sentent ce ralentissement de rythme, cet apaisement :






Zaldi et les championnes prennent le soleil pas encore chaud.

















Les miennes, les "sans race", attendent aussi la levée de rosée pour se mettre à pâturer.








Les deux petites se rapprochent de la cabane des biquettes.

Galzerdi la brune et Rubita la roussette ont maintenant cinq mois.
Il est grand temps d'entreprendre le sevrage de ces demoiselles.
Elles broutent déjà l'herbe et le foin, depuis longtemps,  je leur distribue un peu de luzerne déshydratée, et quelques morceaux de citrouille, deux fois par jour, comme aux grandes.
Elles continuent de téter leur mère quatre à cinq fois dans la journée. La nuit, elles sont attachées à leur place, et n'ont pas accès aux pis.
Je vais hiverner mes vaches autour de la Toussaint, suivant le temps. A ce moment là, les petites téteront deux fois seulement chaque jour, puis une seule. Progressivement, j'espacerai ces repas laitiers, pour sevrer les vêles, et tarir les mères.

Ma méthode est un peu ancienne. 
Les éleveurs modernes sont plus rapides : ils privent les veaux très jeunes, et les vaches, en une journée au foin sec et sans eau, avec deux trois piqûres d'antibiotiques par là derrière, cessent la production de lait, quand l'éleveur l'a décidé.
Quelle brutalité, n'est-ce pas ? 
Pas à Agorreta, ça ! Jamais !

Là encore, la transition se fondra sans heurt, et ça prendra le temps qu'il y faudra.





La fougère est prête à être rentrée.
Elle constituera une excellente litière, bien sèche et filtrante à souhait.
Quelques refus de foin tombé des râteliers assureront un meilleur confort, en mélange.
Loin encore une fois des grilles dures et froides des étables modernes.






Les fougeraies sont maintenant mises à nue. Propres et rousses.
Les colchiques et les centaurées apparaissent au jour.







Je vous montre ici le petit bois derrière chez moi, où je promène souvent ma mini-meute.

J'aime son ambiance un peu magique. Une journée à la ferme sans un détour par ce petit bois me semble incomplète.
C'est là que nous avons ramassé les châtaignes, il y a deux semaines. 
C'est cette atmosphère que j'essayais de vous décrire. Le soleil en moins, c'était ça. Ca rendait autrement. Il fallait y être, quoi !

J'ai comme ça des habitudes, des rituels. La promenade dans le petit bois en fait partie.
Une journée sans une séance de caresses aux chiens, sans ma main arrondie sur leurs têtes, mes doigts grattouillant leur oreilles, est une journée un peu manquée.
Une journée sans vigoureux bouchonnages de mes vaches me laissera un petit vide.

Une semaine sans écrire ici, maintenant, imaginez...
Je suis "addicte" à ce "bloc". Et j'aime bien ça.

Je me déverse sans queue ni tête, et ça me fait un bien fou.
Pour vous évidemment, qui supportez un flot de bêtises ennuyeuses, dans le seul espoir de tomber par ci par là sur quelque chose d'amusant, vous vous passeriez de mes logorrhées verbales.
Je m'en veux de vous imposer ça, un peu, pas assez pour arrêter.

Après tout, il m'arrive aussi de commencer à lire quelque chose, de ne pas accrocher aux trente premières pages, de continuer en espérant trouver mieux à mon goût plus loin. Et de refermer, deux cent pages après, insatisfaite et vexée de m'être ainsi laissée gruger. Avec la bonne conscience tout de même de ne pas avoir abandonné en route, au risque de manquer quelque chose.

Nous sommes tous un peu pareils, sans doute. Accrochés à nos rites, ficelés par les obligations que nous nous imposons tout seuls, bien à l'étroit, tel le rôti prêt à aller au four...


Moi, dans mon solide carcan autour d'Agorreta, je me sens rassurée, pas du tout entravée ni limitée.
J'ai assez d'espace, là. Je connais les voies d'accès au monde en dehors. Ce "bloc" est ma passerelle, d'une certaine manière.
Je l'emprunte comme le petit chemin du bois derrière chez moi, en flânant.

Tiens, je vais d'ailleurs y retourner, là. 

Bientôt, les récoltes à engranger m'occuperont dehors.
Je vais devoir moi aussi me sevrer de ces pages, un peu.

Je le ferai doucement, en transition lente, sans rien heurter.

Je vous partagerai tout ça, au fur et à mesure, vous pensez-bien.

Passez un beau dimanche, un dimanche d'automne idéal et serein.