lundi 13 juin 2016

IL NE FALLAIT PAS LE RATER !




Bonjour, suiveurs des nouvelles d'Agorreta !




Inutile de tenter de vous montrer Mère-Rhune ce matin. On ne voit rien de mieux que ces nuées fermées.
Il tombe une pluie légère et silencieuse. Idéale pour faire fondre l'engrais dispensé sur mes petites cultures démarrées.
De furieuses bouffées venteuses secouent rageusement l'ambiance. Pas vraiment un temps de belle saison !
Heureux celui qui par ces journées mouillées a son foin rentré !
Il ne fallait pas rater ce petit créneau de quelques jours de la semaine passée !

Pour les retardataires, l'herbe haute ne va pas tarder à ployer sur les tiges creusées. Les épis vont se vider. Le fourrage sera de bien moins bonne qualité. 
Ma foi, si je voulais plomber le moral du paysan au fourrage encore sur pied, je ne m'y prendrais pas autrement...
Ainsi va la vie du paysan : le moment venu, il ne faut pas le laisser passer !

Sans grand risque de se tromper, on peut élargir le champ d'action de cette sage maxime, n'est-ce-pas ?

Je vais tâcher aujourd'hui de verbaliser les menues turbulences des derniers jours, à Agorreta.
Je me suis sentie un peu bousculée. J'ai du décider en précipitation, des choses pour moi pénibles, toujours. Mais bon.

Vous l'aurez compris, nous parlons encore de mes vaches...
Du moins, à travers mes vaches, plus généralement, de ma préemption d'une réalité floutée par un élan émotif exacerbé pour moi en cette période.

Toute la gente féminine autour de la cinquantaine comprendra immédiatement de quoi il est question. Pour les plus jeunes, il sera toujours temps d'aviser le moment venu, qu'elles ne s'en inquiètent pas prématurément...
Pour nos homologues masculins, s'ils ignorent le phénomène, par procuration au moins, et bien, qu'ils connaissent longtemps la grâce de ne pas y être confrontés !

On parle souvent pour les hommes du démon de midi. Et on les tient pour coupables de se laisser ainsi gouverner par leurs hormones exigeantes.
Sans vouloir les dédouaner tout à fait de ce penchant regrettable, parfois, j'admets pour eux des circonstances atténuantes. En la personnalité déstabilisante de leurs partenaires, épouses ou compagnes, affligées de cet âge au même moment.
Rien de plus difficile à supporter qu'une femme de cinquante ans ! Pour les autres, et pour elle-même...
Que les féministes ne me tiennent pas grief de ce constat. Je n'engage que moi. Et toutes ces malheureuses qui m'ont partagé leur ressenti, malheureusement parent du mien.

La femme de cinquante ans se débat dans les tourments émotionnels de ses hormones en plein chamboulement. Elle y perd ses nerfs, son énergie et devient moins avenante, assurément.
On peut toujours tricher avec le temps et maquiller les circonstances artificiellement. On peut...
Mais, tôt ou tard, la réalité vous rattrape au tournant et vous jette à la face l'inanité de vos simagrées.
Alors... alors moi, j'essaie, tant bien que mal, de garder la tête hors de l'eau dans ce flot bouillonnant et contraire.
Je vous avoue ne pas toujours y arriver. Mais, je vous l'assure, j'essaie !

Les petits démons émotionnels lâchés à tous vents s'en donnent à cœur joie,  dans ce tumulte exaspéré. Voyez-les gambader, sautiller et rire, ces petits diables libérés et contents !
Difficile de les canaliser, de les garder sous le seuil de débordement. Ils grimacent et ricanent sardoniquement, s'encourageant les uns les autres à outrepasser les limites.
La raison appelée à la rescousse a fort à faire. Sa voix porte mal et se fatigue vite dans le brouhaha confus où elle se perd.

J'essaie, je dis bien j'essaie, de lui maintenir bonne place et presse raisonnable, à cette pauvre raison malmenée.
J'envisage les choses en tâchant de les tenir à distance. Je pose des postulats mathématiques en tentant de refroidir les braises rougeoyantes de mes affects turbulents.

Pour l'affaire de ces derniers jours, j'ai bien du mal, c'est vrai. Pourtant, il va bien falloir remettre les petits diables dans leurs boîtes, et refermer sur eux le couvercle.

Je vous explique le cas. Posément, avec froideur, presque, à dessein, comme par nécessité.

Il s'agit de Pollita et de son Xokorro de petit :




Là, ce n'est déjà pas gagné ! 
De les voir me serre les entrailles. Ce n'est pas du sadisme contre moi-même, un peu quand-même...

J'ai choisi de voir dans mon micro-élevage l'illustration de la vie. Je m'appuie sur mes vaches pour comprendre le sens des choses, sans perdre de vue les réalités, douces ou dures.
Xokorro est né mâle. Son destin ne pouvait pas le mener bien loin. Sans race, il ne pouvait prétendre qu'à quelques mois de vie saine et paisible à Agorreta. Pour la suite, je l'imaginais partir en "broutard", sur les larges plaines italiennes. Il serait devenu un rustique taurillon de deux ou trois ans, pour finir évidemment sur les étals de boucherie.
Une de ces réalités un peu rude, mais incontournable.

Sa mère, ma royale Pollita, elle, je pensais la garder, longtemps encore. Elle était parfaite et aurait pu donner naissance à de nombreux veaux, encore.
Je voyais cette configuration là, fluide et claire, jusqu'à tout dernièrement.

Il y a eu Avril, le vêlage mauvais de Fauvette, Petit-Breton rejeté. Ces deux là emmenés loin d'ici, en me laissant déçue et désemparée. Si ça vous intrigue, voyez plus haut, au début du mois d'avril.




Bigoudi et sa mignonne Agatte paraissaient pouvoir éclairer cette ombre.

Je le voulais.

Le fait est, la vue de ces deux-là est plaisante et positive à souhait.

Je me remettais de déceptions. Tout n'était pas mauvais, allez ! 






Je sentais cet équilibre précaire et facile à mettre à mal.
Bigoudi produit du lait en quantité. La jeune Agatte ne vide que la moitié de ce pis gonflé.
Tous les soirs, à la rentrée, je vide consciencieusement les mamelles de ma blanche tachetée.  Elle ne se montre pas très coopérative. C'est un exercice un peu acrobatique. Tout de même, en évitant quelques coups de sabots, j'arrive à aplatir ce pis productif.
J'attends avec impatience le moment où la petite aura suffisamment d'appétit pour m'épargner cet épisode quotidien. Nous n'y sommes pas encore...

A l'autre bout de l'étable, Pollita et Xokorro sont une paire parfaitement autonomes.  Je me contente de vérifier la souplesse des mamelles de la grande, et de flatter le petit en lui parcourant l'échine de mes doigts repliés. Un moment agréable.
J'en parle encore au présent !

Dimanche matin, Marcel, notre maquignon maison, (là, il faut remonter à Agorreta et la vache de Madonna, un peu loin dans le temps), survient.
Je lui avais parlé de Xokorro, à enlever d'après moi en fin d'été.
L'homme de métier me presse d'avancer mon projet. Le marché sera à ce moment saturé, mon petit mâle sans race restera sur le quai. Là, justement, il a des opportunités, et mon Xokorro trouverait à s'établir. Ah, bon...
J'ai noté déjà qu'à chaque fois que j'avais une bête à vendre, quelle qu'elle soit, le "marché" à ce moment là, m'était défavorable.
Par contre, si dans mes intentions il y avait à faire un achat, là, la bête convoitée devenait rareté, à payer au prix fort, bien-sûr !
Tactique professionnelle ? Réflexe de négociant matois ? J'en nourris le soupçon.
Toutefois, me représentant mon Xokorro devenu grandet, impossible à caser, je préférai ne pas prendre le risque de me le garder sur les bras.
Evidemment, en dernière extrémité, je pouvais toujours me résoudre à le faire tuer moi-même, et à le partager pour le faire manger.
Faisable, mais, dans mon état émotionnel aigu-ravagé, pénible à envisager.
Je vous le dis, ces temps-ci, tout ce qui jusque là ne me posait pas plus de problème que ça devient insoluble. Une vraie calamité !

D'un autre côté, mon élevage maintenant est purement de l'ordre du loisir. Je ne recherche ni performance économique, ni productivité, encore moins rentabilité. En gardant à l'esprit de couvrir les frais engagés, je ne veux pas pour autant m'asservir à des choses qui ne me plaisent pas.
Mener mon Xokorro jusque sous le couteau du boucher, si besoin, je le fais. Si je peux, je préfère l'éviter. Mes bêtes finissent abattues, je le sais. Mais hors de ma vue, généralement.

Pressée de décider, je pris dans l'instant l'option proposée. Xokorro partirait.
Mais alors, et Pollita ? Que faire de son lait ? Lui faire adopter un second petit, après mon expérience malheureuse avec Fauvette, ne me tentait pas. Et puis, ce petit, qu'en faire après ? Je ne suis pas dans l'optique d'agrandir mon cheptel, au contraire. 
La traire et la tarir progressivement, en plus de Bigoudi, je ne me le sentais pas beaucoup mieux.
Repartir sur une insémination et un futur vêlage, le tableau de Fauvette, encore une fois, me freinait.
Je vous le dis, ce printemps 2016 est pour moi un tournant. Les choses me paraissent difficiles et risquées, quand avant je les voyais naturelles et logiques.

Vaincue d'une fatigue subite, j'abdiquai. J'abandonnai ma Pollita à son sort.
Je confiai à Marcel le soin de lui retrouver un potentiel repreneur.
En sachant pertinemment que les chances d'en trouver un étaient bien minces.

L'affaire fut conclue rondement. La bétaillère chargea les deux bêtes à midi.
Un moment que je n'aime pas, là encore. 

Je me sens mal d'être devenue ce que je sens là. Et pourtant, je suis effectivement devenue cette femme là, vite découragée et facilement "renonçante". Rattrapée par des culpabilités qui relèvent la tête.
Quel dommage ! Moi si combative jusque là.

J'entretiens l'espoir de retrouver un peu d'allant, plus tard. Comme je m'aveugle, pour m'alléger, de la perspective d'une longue carrière ailleurs de mes bêtes sacrifiées.
Des bêtes, il s'en tue tous les jours, aussi braves et belles que les miennes.
Mais celles-ci, j'en suis responsable. Et, ces temps derniers, je me montre incapable de mener à bien ce que j'entreprends.
Je trahis mes propres serments, moi si attachée à la parole donnée.

Quelle sale époque !
Je n'admets pas sans mal ma faiblesse. Je n'en fais pas l'aveu sans difficulté.
Mes confidences pathétiques m'auraient insupportée, il y a peu. Là, je cherche en les déposant devant moi à me soulager de leur poids.

Aujourd'hui, je veux étaler les faits, en retirer les enseignements.
Je ne veux pas me mentir ou me cacher derrière de faux prétextes.

Je ne suis plus celle que j'étais. Et ne le redeviendrai sans doute jamais.
Des rémissions inespérées, à part celle de mon vieux père, je n'en connais pas.
Il est déçu de mes manquements. Et je m'en veux de lui causer cette peine. Parce-qu'il n'y a pas d'âge pour essayer de gagner l'admiration de ses parents, et pas d'âge pour être perméable à ce jugement là.
Je dois trouver ma voie hors de ces regards là, maintenant.

Je vous livre mes tourments et mes mots sonnent plat.
Ils ne rendent pas les reliefs épais et acérés de mes sentiments profonds.
A travers ces anecdotes insipides, je crois pourtant déceler une réalité importante.
Je ne lève pas encore les voiles sur ces mystères. Je ne les lèverai peut-être jamais.

Qui sait...





mercredi 8 juin 2016

LES FOINS SONT RENTRES




Bonjour !







Bel astre boursoufle une lueur étouffée, ce matin. Il pousse les nuées pour se faire de la place.
Des bancs de brume mobiles se lèvent en légions précipitées depuis les creux frais de la nuit.
Ils galopent vers la mer, tirés des fonds par la puissance solaire en plein élan conquérant.








Mère-Rhune en cette saison se tient loin de cet adolescent assoiffé de puissance.
Elle se voile d'amicales laitances, plus paresseuses et moins fatigantes.












Les fleurs, rassasiées de sève énergique et pas encore écrasées de chaleur, sont au plus joli temps de la saison.
Le maître de maison profite de cette heure douce. Sur le banc frais de la nuit au soleil levé, il savoure la douceur du jour.

Les foins ont été séchés sans une goutte de pluie, cette année.
Coupés entre samedi et dimanche, tous les champs sont déjà ratissés comme une moquette fraîchement aspirée.
Une affaire rondement menée, cette fois !






Le temps suit son cours, à Agorreta comme ailleurs.
Nous sommes aux portes de l'été. Nous nous apprêtons à la chaleur parfois brutale. 
Ce temps des volets tirés sur une pénombre silencieuse et reposante.
Ce temps où le mitan du jour appelle le repos, quand les petits matins et les crépuscules nous tirent dehors.

Le printemps a apporté son lot de pluie cette année, largement. La végétation en témoigne.
L'an dernier les verts se paillaient déjà. L'herbe maigre et râpeuse ne rassasiait plus mes belles.

Nous verrons bien ce qu'il nous vient maintenant.
Le grand soleil est là. Il appuie avec force mais sans méchanceté sa main sur nos épaules.

Les cultures ont un peu manqué de chaleur en mai. Elles vont se rattraper maintenant, à la faveur de ces degrés supplémentaires et de cette humidité encore présente dans les sols.
Les jours à venir, dans les champs, les faneuses et les pirouettes survoltées cette dernière fin de semaine feront silence.

Le bon foin embaumera les hangars, en promesse d'un hiver où le bon fourrage ne manquera pas.
Un doute levé, sur un possible manque écarté.
A chaque fois, un petit soulagement, vague atavisme des disettes ancestrales.

L'idée du manque nous alarme vite.






Même ici, à Agorreta, avec mes quelques vaches de compagnie, la vue des granges vides en mai m'est désagréable. Quand les belles piles de foins en balles apaisent si bien mes vieilles peurs de misère...

Irrationnelle crainte, et pourtant, tellement profondément enracinée !

Nous sommes de là d'où nous venons. 
Et les peurs paysannes ne taisent pas leur nom dans mon sang, encore maintenant.

Je vous laisse ici pour aujourd'hui, à contempler vous aussi avec gratitude vos placards remplis d'anciens hominidés réduits à courir derrière les mammouths (ou devant !) pour se nourrir.

Comme quoi, l'évolution n'est pas toujours  mauvaise chose, n'est-ce pas ?
Et oui...

A bientôt !


lundi 6 juin 2016

AU PIED DU "BARBOT"



Bonjour à tous !













Ça, c'était hier matin.
Et aujourd'hui, c'est plus ou moins pareil.
Une certaine "poisseur," une humidité lourde, épaissit l'air.

Le soleil est pourtant tout près, et, éternel recommencement des saisons, années après années, le moment des fanaisons est arrivé.






Les uns fanent et les autres fouettent.
Le foin est haut, la saison avancée. Les épis en bout de tige blanchissent les ondes poussées mollement par le vent.
La semaine est annoncée sans pluie, ça devrait aller. Les percées solaires sont autoritaires, et, même si l'humidité persiste, à grands coups de pirouettes, les andains devraient être de bonne qualité.
A voir...

Ces travaux toujours recommencés nous rassurent dans des cycles réguliers.
Comme si le temps se renouvelait, au lieu de nous être compté. Illusion apaisante. Illusion quand-même, évidemment !

J'ai retrouvé cette vieille photo. Elle date de la fin des années 60.

Mon père, jeune quadragénaire dans la pleine force de l'âge, rentre à la ferme, suivi du chien, à travers le champ d'alors. Au loin, Agorreta, le vieux garage et le premier hangar, appelé le "Barbot", du nom de son constructeur.
Autour, des prés, des arbres, du maïs.
Un joli paysage, bucolique à souhait.







Près de 50 années plus tard, la même vue est bien différente. 
Toutes ces années recommencées ont pourtant du paraître tisser une trame continue. Les naissances, les morts, bien-sûr, ont scandé ces séquences planes de leurs reliefs.
Ce temps a passé, comme passe celui du moment.
Le brutal raccourci parle de changement, de rupture, d'une évolution que l'on n'est pas sûr d'apprécier...

A la vue, on est même certain de préférer le passé, n'est-ce pas ?
Et pourtant, on n'y reviendrait pas sans mal !







La joyeuse fratrie de ces années là a bien changé, elle aussi.
Réunie autour de la table en pied du vieux hangar cinquantenaire,  les rires l'animaient. L'insouciance, la joie. Des plus jeunes. Le visage triste pourtant de l'Amatxi Manuella, veuve depuis peu.

D'autres rires égaient la cour de la ferme, maintenant. Ceux des petits-enfants et arrière-petits enfants de ceux-là d'alors maintenant vieillis.
La jeunesse et la belle énergie triomphent toujours, dirait-on. Et l'avenir nous tourne le regard loin de ces nostalgies un peu poisseuses, elles-aussi...

Avançons, puisque tel est le mouvement, et mettons-y ce qu'il nous reste d'allant !






vendredi 3 juin 2016

UN MIEUX ?



Bonjour tout le monde !





Le printemps ne s'est à aucun moment joliment installé cette année.
Mai a été maussade. Du frais, presque froid, avec des pointes de chaleur coléreuses. Beaucoup d'eau. Une ambiance tout début avril, et encore...

J'ai fait pendant ce temps d'attente une retraite, bénéfique, et nécessaire.
Je me suis sentie affaiblie, dans mes certitudes, et dans mon énergie. 
Je l'ai été, objectivement, ce n'était pas juste une impression, une idée.

Dieu merci, la situation semble en voie d'amélioration. 
Ma petite virose mauvaise paraît s'éloigner, repue sans doute de mon allégeance humble et sincère.

Quel bienfait de se sentir remonter la pente !
Je n'ai jamais expérimenté la véritable maladie, celle qui vous met à terre, et parfois vous y laisse.
La modeste épreuve traversée ces dernières semaines ne m'a pas trouvée bien combative... J'étais désarmée et manquais totalement d'un ressort qui aurait pourtant été bienvenu. C'est la caractéristique de l'état "virosé", me dit-on. Ah, bon...  Soit !
Que l'état "virosé" me quitte, et oublie de revenir à jamais, si possible !

Nous verrons bien ce qu'il en adviendra, et prendrons le sort tel qu'il se présentera.

L'enseignement à tirer de ce triste passage ne m'a pas échappé. J'en ai retenu ma vulnérabilité, la confrontation de ces limites jusque là ignorées.
Si j'étais présomptueuse, ce qu'à Dieu ne plaise que je devienne un jour (!), je penserais avoir surmonté ce cap, comme on gagne une bataille.
Je refuserais ce terme d'"allégeance".  C'est une notion peu séduisante à mes yeux de vieille péronnelle imbue de sa petite personne.
Pourtant, même si la tentation en danse à l'orée de ma perception, je me contrains à retenir ce que je crois être la "substantifique moelle" de la chose :
Je suis "vincible",  j'ai des limites, je dois en tenir le compte.
Cette alerte gentille ne doit pas être oubliée. J'en aurai sûrement d'autres. Je me relèverai peut-être encore de plusieurs passes basses. Ou pas. 
Avec la certitude finale d'y rester, définitivement.

On naît, de chair et de sang.
On croît et on embellit, on reste laid, c'est selon.
On devient vieux, malade ou pas, là encore, c'est selon.

Puis, on devient mort. Et on le reste. Et là, pas d'alternative à espérer !

Le cours des choses va ainsi, naturellement.
Des enfants tombent malades, aussi. Des jeunes meurent.
Histoire de nous rappeler que de cours naturel des choses, parfois, il n'y en a pas.
Que cette courbe logique, d'après nous juste, et, presque, acceptable, est soumise à des caprices et des nœuds incompréhensibles et révoltants.
Que toutes nos révoltes pourtant ne les annihileront jamais. 
Que le plus sage est d'admettre et d'accepter de vivre au mieux, dans cet espace là.

Vivre, vivre clairvoyant, c'est s'attendre à mourir, n'est-ce pas ? Et, si possible, au mieux, s'y préparer...

Quel optimiste entraînant, me direz-vous ! 

Je vous le répète, vivre, vivre clairvoyant, c'est se savoir mortel, et ne pas perdre cet inéluctable de vue. S'y appuyer comme sur la seule base solide, et construire une vie là dessus. Si possible agréable. Et possible, ça l'est, je le crois, je veux le croire !

L'une des voies de cette vie bienheureuse, réside pour moi dans l'observation bienveillante de mon quotidien.
Vous le savez maintenant, je m'attache à ces petites choses légères et colorées qui rendent mes jours chatoyants.

Je vous ai fait un petit reportage photos des actualités de la ferme.
Elles ressemblent aux actualités de la même époque de l'an dernier.
Et, je ne demande pas mieux, celles de l'année prochaine pourraient leur ressembler tout autant.
Manque d'ambition, ou sécurité d'une routine éprouvée, je ne sais. Ce dont je suis sûre, c'est de ma volonté à ne pas m'en écarter. Puisque dans cette voie là j'ai creusé mon bien-être.

Voyez plutôt :










Le couple d'hirondelle est revenu dans le grenier. Le mâle, avec sa tâche claire sur l'aile, veille, perché ici ou là. La femelle couve dans ce fameux nid judicieusement posé sur le projecteur électrique désaffecté pendant cette période. Reportez-vous à mon article de l'an passé, même saison, même endroit...

Tous les soirs, avant de fermer la grande porte basculante, je m'assure de la présence de mes petits volatiles à l'intérieur. J'ai l'impression parfois que je pourrais les héler comme je le fais avec mes chiens, pour les ramener au bercail.
Les savoir là me plaît. Et les menues contraintes inhérentes ne me pèsent aucunement.

Il y a quelques semaines, je regardais tristement ces vieilles poutres poussiéreuses, en me demandant si je ne ferais pas tout aussi bien de m'y pendre. J'y aurais fini momifiée dans les toiles d'araignées superposées, comme un vieux fagot d'herbes sèches oublié. Les courants d'air m'auraient ballottée mollement, comme les jambons durs que l'on y suspendait encore il y a peu.
Toujours mon sens de la mesure dans mes envolées, tristes ou gaies, n'est-ce pas ?

Là, je regarde mes hirondelles. Le mâle se laisse approcher sans bouger. Leurs gazouillis du petit matin me tirent du sommeil en notes toniques et vives.
Dans l'étable encore, les nuées lestes animent la vieille charpente.
Cela est dans le bon ordre. Cela m'apaise et me conforte.








Le lever du soleil est encore noyé dans les nuages épais. La lueur est là. Derrière les brumes grises. Elle laisse espérer et croire.





Bigoudi, mère depuis à peine un mois, s'enflamme déjà d'une nouvelle pulsion vitale. Elle est en pleine forme, elle ! Et ma mélancolique atonie juste passée ne la guette sûrement pas, la bougresse !
Il est beaucoup trop tôt pour lui faire redémarrer une nouvelle gestation.
Je dois choisir mes options d'élevage, en fonction de mes nouvelles perceptions. Il n'est pas temps encore, ni pour elle, ni pour moi, de prendre une voie. Gardons les toutes ouvertes.

Les deux petits, Agatte et Xokorro, grandissent gentiment.







Le mâle fils de Pollita devient lourd et massif, déjà. Il a à peine deux mois.






Les frasques de Bigoudi créent une petite perturbation. Xokorro est bien trop petit pour comprendre les enjeux qui se trament ici. Il s'éloigne, en repliant les oreilles en arrière.



La petite Agatte est perplexe. Sa mère agitée la prive d'une tétée sereine.
Dans la journée, Bigoudi s'apaisera. Et sa fille se remplira la panse alors.









Ma betterave cette année a jailli de terre comme un seul homme !
J'ai déjà éclairci deux fois les plants trop serrés. Et vais devoir y revenir encore, et encore...






Le maïs pointe sans souci ni grande surprise. Une culture sans caprice, ce maïs...




La citrouille est bien là, elle aussi.
L'humidité ne lui manque pas. Les coups de chaleur l'épanouissent.

Voyez, cette année, je n'ai pas du m'y reprendre à plusieurs fois. Mes premiers semis ont marché. 
Heureusement ! Sans ça, dans l'état semi-dépressif où je me perdais, faute de me pendre à une poutre, je me serais jetée dans le sillon pour y sangloter ma déprime, si malheureuse que j'étais !
J'ai sagement attendu, pour une fois. Mes semailles, je les ai faites le lundi de Pentecôte , autour de la mi-mai. Quand par le passé, je trépignais dès la fin mars, avec mes graines de betterave à la main.
Là encore, j'ai retenu les enseignements de mes échecs passés. 

Vieillir n'est pas seulement se décatir, Dieu merci ! C'est apprendre aussi. Et tirer profit de cette science...


Nous avons fait ensemble le tour d'horizon de mes nouvelles d'Agorreta du moment.
Rien de bien nouveau à l'horizon, à première vue.

Quand je sens en moi mûrir tant de choses. Quand mon parcours aboutit à une clairière nouvelle, à la lumière moins vive peut-être, mais plus pleine.

Je laisse remonter ces sensations diffuses. Je me laisse investir et imprégner dans une acceptation positivement résignée.
Je fuis les fatigues inutiles et destructrices des refus stériles. Les évolutions ne sont pas toujours fluides et faciles. Quelques chaos les rendent inconfortables parfois.

Et bien, je m'efforce d'ingérer l'inconfort au mieux. De ne pas me laisser détourner de ma visée première. Je veux vivre en paix. Je veux vivre bien.  
Je cultive les conditions de cette paix et de ce bien-être comme je cultive mes rangs de betterave. Avec constance et ténacité.

A une prochaine fois. Portez-vous bien et ne vous découragez pas, vous non plus, quand quelques nuées sombres atténuent votre lumière...




mercredi 11 mai 2016

ENTRE DEUX



Bonjour à tous !




Les cieux sont ambivalents, ces jours-ci. Sombres nuées, trouées piquantes d'un soleil nerveux, le temps n'est pas bien certain.

A Agorreta, il n'est pas tombé de pluie, ou très peu. Les orages nous sont passés à côté. La terre paraît sèche. J'attends une ou autre bonne averse pour faire mes traditionnels semis de printemps. Il ne faudrait pas trop tarder non plus... 




Mon petit troupeau vit sa vie.
Pollita et Xokorro son petit (xokorro signifie petit taurillon en basque), n'ont besoin de rien ni de personne. Ils se suffisent à eux-mêmes.
Après son épisode agité à la survenue du fugitif petit Breton, Pollita a retrouvé sa sérénité, progressivement.

La naissance  il y a dix jours de la petite Agatte, la fille de Bigoudi, "marrainée" par une jeune collègue de la jardinerie, a suscité la curiosité, mais pas de perturbation.
Ces deux là demandent un petit suivi quotidien. Bigoudi produit plus de lait que n'en boit Agatte. Progressivement, la petite fera son affaire de cette belle manne. En attendant, il faut vider ce pis renflé. L'affaire de quelques jours encore.

Les deux aînées, tentées dans un premier temps de recommencer à téter leurs mères, se sont maintenant découragées. Quelques bons coups de bâton et deux ou trois jetés de sabots les ont détournées définitivement de ces réminiscences de jeunesse.

Les choses rentrent dans l'ordre, dans la vieille étable. Progressivement, là encore, mais bien inscrites dans une courbe favorable, maintenant.

Mon mieux-être se met lui aussi en place gentiment. 
Je voudrais ce sursaut plus tonique, évidemment. Mon dernier article se voulait résolument optimiste. 
Pourtant, là encore, l’inflexion demande du temps. La progression est enclenchée dans le bon sens, mais le mouvement est encore lent.

Jusqu'ici, pour autant que je m'en souvienne, mes changements de cap et d'allure ont été rapides, voire brutaux. Je passais aisément d'un état à un autre, je changeais de visée sans ralentir le pas.
Et bien, maintenant, après cet Avril de triste mémoire, il semblerait que mes virages demandent ralentissement de cadence. Soit...

Puisque je commençais à m'inquiéter de ce qui me tombait dessus, j'ai poussé l'investigation jusqu'à la science médicale.
Je cherchais une cause, une justification, à ce malaise si désagréable.
La science m'a répondu : une sale virose s'est installée chez moi comme à la maison, prenant ses aises, et mon énergie au passage. La bougresse !
Ces petits diables vous tournent autour comme mes grandes autour du pis tentant de leurs mères. Un moment de distraction, une inattention, et zou ! ils vous foncent dessus comme les petits démons qu'ils sont !
En période ordinaire vous êtes tout à fait capable de les tenir à distance, ou de les diluer sans même leur laisser le loisir de se faire remarquer. De les envoyer bouler, comme mes vaches tiennent leurs aînées à distance.
A d'autres moments, vous devenez perméable et vulnérable. Tout devient problématique et tout vous atteint.
Ce petit cor au pied ignoré jusque là rosit et devient douloureux, sans que vous ayez pourtant changé de chaussant...
Cette petite irritation locale à l'intérieur de votre joue se fait gênante comme une (un ?) sale aphte, quand vous êtes bien certain d'avoir évité tout aliment de nature à le fâcher.
Ces vilaines courbatures vous grippent le mouvement et l'allant.

Non, vraiment, il est des moments dans une vie où tout se conjugue pour vous jouer une méchante farce. Vous vous en seriez bien passé, évidemment. Pourtant, il faut bien la prendre en compte, cette sorcière là, et l'entendre. 
Vous n'êtes pas en position de la faire taire.

J'ai bien compris. Un haussement d'épaules et deux soupirs ne suffiront pas à éloigner le malaise. Il va falloir consentir à verser un impôt à la chose.
Puisqu'il faut la contenter d'une manière ou d'une autre, faisons amende honorable, et acceptons de payer ce tribut là...

Je reconnais, par force !, ma faiblesse. Je l'espère passagère, et sans doute l'est-elle. La science dit ainsi.
Ma virose fera son chemin en moi. Elle s'apaisera de ma résistance domptée, et finira par s'éloigner,  quand sa démonstration de suprématie l'aura assagie.

Je me tiens humble et patiente. Soumise et résignée.
Je perçois le mieux-être, je le touche du doigt, parfois. Quelques assauts récurrents de nuées grises ne me dévieront pas le regard de cette lumière promise.

Ma virose se mesure et se teste. L'enseignement qu'elle amène avec elle est plus diffus et moins facile à doser.
Je veux prendre le parti d'en retenir l'essence évanescente. 

Comme tout cela encore une fois parait confus et flou ! 
Pourtant, je suis persuadée de ces réalités voilées cachées derrière les mesures et les chiffres.
Et beaucoup plus intéressée par leur mystère, quand leurs manifestations me semblent trompeuses.

Tout cela s'éclaircira sûrement, en son temps.
Ce temps de mûrissement qu'il faut apprivoiser avec humilité.

Je suis sur cette piste.
Et vous laisse ici pour aujourd'hui. Perdue dans ces alambics compliqués pour le moment. Mais décidée à les décrypter, patiemment.

A une prochaine fois !


mercredi 4 mai 2016

AGORRETA : LE RETOUR !




Amis du jour, bonjour !









Me voici de retour, après ces trois semaines de retraite silencieuse.
Je devais avoir besoin de ce temps, sans doute.
Je ne saurais pas trop vous expliquer pourquoi, et comment reprendre nos conversations ce matin me paraît mieux venu qu'hier, par exemple.
Une idée à moi...







L'aube idéale semble annoncer une belle journée, pour la reprise.
Le poirier en fleur ombre la pointe exacte du triangle de mère-Rhune.
Les perspectives paraissent printanières, vraiment, enfin !


Je vous ai laissés abruptement.
Une chape pâteux-vaseuse m'est tombée dessus, ces dernières semaines. Et ce poids lourd et inconfortable ne s'est allégé que tout dernièrement.
Une dépression printanière, comme il en est plus classiquement d'automnale, paraît-il... Et pourquoi pas, après tout : c'est bien aussi, un printemps gris et froid, pour se laisser couler gentiment vers le fond, non ?
Enfin, je n'ai pas choisi, ça s'est trouvé comme ça.

J'ai eu pendant cette triste période le ressort d'une serpillière usée abandonnée au fond d'un seau sale. Sans exagérer ! J'étais lamentable, un spectre, l'ombre de moi-même, m'accrochant mécaniquement au quotidien morne, comme à une bouée.
Je vous assure, un sale moment ! 

Je ne suis pas trop coutumière de ces vagues à l'âme où l'on se giflerait d'être aussi mou, sans plus de raison de l'être. Dieu merci ! 
Je n'ai jamais montré trop de compassion pour ceux-là qui se plaignent vite et facilement. Je ne pouvais pas m'en manifester davantage à moi-même, évidemment ! Pourtant, on devrait moins vite hausser les épaules quand des gens sans histoire particulière vous dévoilent leur détresse. La détresse sans justification apparente existe, je l'ai expérimenté. Elle en est d'autant plus insidieuse.

Toujours est-il que je pense en être sortie. Je l'espère, du moins.
Et tout ça, grâce à qui ? Grâce à Bigoudi, et oui !
Toujours, la vache a été pour moi essentielle.

Vous ai-je dit que j'ai été nourrie au lait de vache ? Ma mère s'étant tarie à ma venue, il fallût me trouver nourrisse. On n'alla pas chercher trop loin, puisqu'il y avait tout ce qu'il fallait sous la main, à Agorreta.
Une brave vache me prît à son pis. Ou tout comme...
On comprend mieux mon attachement à ladite bête, n'est-ce pas ?

Mon malaise lourd et épais s'est manifesté après le vêlage malheureux de Fauvette, souvenez-vous.
Ah oui, je ne vous ai pas tout raconté :

Fauvette vêle d'un mort-né. Je prends en pension Petit Breton pour le remplacer :


Ca peut marcher. Mais là, ça ne l'a pas fait, du tout !
Fauvette n'a pas voulu allaiter Petit Breton. Elle l'a rejeté loin d'elle à grands coups de sabots. Pour finir par retenir son lait, au point de se tarir pour moitié, à même pas un mois de son vêlage...
Je vous ai raconté les désagréments induits pour tout le monde, durant cet essai infructueux d'adoption. Je ne m'en sortais pas !

Ce rejet tacite, ce tarissement incongru, m'ont-ils replongée dans ce traumatisme de ma toute première enfance ?
Ai-je ressenti par procuration de nouveau cette souffrance d'alors ?

Ma pauvre mère, paix à son âme, a-t-elle malgré elle semé en moi ce germe réveillé un demi-siècle plus tard, telle la graine indestructible de la grande oseille sauvage ?
Je ne sais, et pourtant, ma réaction outrée résonnait bien d'une douleur profonde et antérieure à l'événement par lui même. Des veaux morts, j'en ai déjà sortis. Des petits adoptés mal reçus, c'est déjà arrivé aussi, à nourrir au biberon, à défaut d'être admis au pis.
Mais un refus de donner son lait quand on est une vache, qui plus est, une vache à lait, là, ça a été trop fort de café, pour moi !

Je n'en veux pas à ma belle Fauvette, paix à son âme à elle aussi. Sa réaction lui venait sûrement de loin, comme la mienne. On ne pouvait décemment pas lui en comptabiliser le débit.

La psychanalyse pour vaches n'en étant qu'à des prémisses floues, j'ai renoncé à faire comprendre à Fauvette son tourment intérieur. Elle devenait aigrie, bagarreuse, elle la si placide jusque là. J'ai du m'en séparer, et la faire abattre. Cela fait partie des tristesses de l'élevage. A l'heure qu'il est, sa chair nourrit d'autres chairs...

Il est trop tard aussi pour aller demander des comptes à ma mère. Elle même sûrement bien incapable de maîtriser ces mécanismes alambiqués. Les choses se sont ainsi déroulées, à moi de m'en arranger !

Petit Breton est retourné à son destin de veau en batterie. Il aura fugitivement entraperçu la lueur séduisante d'une autre vie, promise, puis refusée.

La vie est injuste, tout le monde le sait. Et peu y peuvent quelque chose. Alors...

J'ai vécu cet échec amèrement. J'ai entretenu une angoisse exagérée, à l'approche du vêlage de ma Bigoudi. Je vous l'ai dit, ce moment est toujours mêlé d'une inquiétude raisonnable. Là, ma peur prenait des proportions anormales, et paralysait toute envie et ressort en moi.
Un échec parmi d'autres, mais un coup accusé comme jamais. Tout me paraissait teinté de noirceur, voué par avance à une issue mauvaise. La fatalité finale ramenée à tout et partout ! Rien ne paraissait mériter de se remettre à sourire. Quelle horreur ! Quelle désolation ! 
Je ne me reconnaissais plus. Je me décevais. Je ne m'aimais plus, moi pourtant si bonne amie de moi-même...


Dieu merci, Bigoudi, ma vache, m'a tirée de ce mauvais pas. Comme elle a tiré de ses entrailles cette petite vêle mignonne.





Avec aisance et fluidité, elle a ouvert une voie optimiste de sortie de crise.

La petite sœur de Galzerdi a les mêmes chaussettes blanches que son aînée.







Sa robe est fauve, comme celle de ma grande malheureuse.














Pollita accepte ce petit dans le troupeau sans histoires, naturellement.

Tout devient simple, sans qu'on sache ce qui facilite ici le si compliqué de là...












Mon père ne se demande pas. Mon père observe et se contente.

Moi, je sors de ce marasme visqueux où je m'engluais sans trop savoir pourquoi.
Je ne suis pas sûre encore de ma résurrection. J'en prends le pari, histoire d'impulser un mouvement positif, et d'aider à cette sorte de "renaissance" de moi.
Je me saurai pour la suite vulnérable. J'en ai fait l'expérience, à mon regret et aux dépens des miens, repoussés à la périphérie de cette sphère sombre où je ne voulais plus personne.

Si mon analyse de bazar ne vous convainc pas, sachez que je n'en suis pas plus vexée que ça.
L'essentiel pour moi est de retrouver le goût et l'envie de vivre chaque jour, simple et sain.

De sortir de ces semaines mornes et grises. 

Nos rendez-vous seront peut-être moins fréquents, à partir de maintenant.
Le beau temps nous tire tous dehors. Et mes investigations ne me persuadent pas au delà de ce bien-être retrouvé. Je le sens fragile encore, et veux le préserver comme le bien précieux qu'il est.

A bientôt, et portez-vous bien vous aussi de ce beau soleil revenu !