mercredi 14 octobre 2015

TU T'ATTENDS A QUOI ?




Bonjour !

Petit matin frais sur les hauteurs d'Agorreta.




On commence à penser à allumer le poêle, quand les vitres s'embuent.




Il fait bon admirer les flamboiements incendiaires des feuillages, au chaud, dans le calme et le silence de la vieille ferme.
Tant d'hivers déjà passés bien à l'abri de ces vieux murs épais.
Tout ce temps, gage de sécurité.
La ferme a résisté à bien des tempêtes et des frimas, elle tiendra encore, longtemps, sans doute.
C'est en tout cas ma perspective et mon espoir !







La vigne vierge sur le mur du hangar résiste, elle aussi.
Elle a perdu une bonne moitié de sa végétation.
Pourtant, elle aussi se pare de couleurs pourpres irradiant une force de vie encore bien présente.
Je l'avais condamnée un peu vite.
Tout de même, une telle amputation, pour une aussi vieille liane, ce doit être un traumatisme difficile à surmonter. Mais bon, pour le moment, ma vigne est encore vivace, et fait son chemin.


Le maître des lieux continue lui aussi sa route. Entêté et tenace. Il y a trois ans lui aussi à cette période de l'année se voyait bien mal parti.
On le pensait fini, pour dire vrai.
Et il est toujours là...

Ce sentiment d'imminence de sa mort annoncée alors, cette fatalité omniprésente depuis, même si le temps passant et l'homme avançant vaillamment les font reculer du paysage quotidien, me sont entrés dans la moelle.
Je n'arrive pas à m'en défaire. L'évidence de l'âge est incontournable. Mais mon père paraît en très bonne santé, meilleure même qu'avant cet épisode critique.
Rien à part sa vieillesse n'augure sa mort, pour tout dire. Pas plus que la mienne ou celle de l'un de mes frères par exemple.

Le coup de fil de ce médecin urgentiste en pleine nuit m'est resté dans l'oreille. Je ne vais pas vous refaire le coup du : cherchez plus haut, vous trouverez ! Moi-même, je ne sais plus où exactement j'ai rangé mes affaires et histoires, alors...
Le spécialiste en question me demandait de rapatrier immédiatement mon père à la clinique, parce-qu'il était en danger de mort. 
Finalement, oui, il vous faudra chercher un peu, parce-que je ne vais pas raconter de nouveau cette nuit si étrange. Un article autour de "il ne mourût pas", je crois.

Ce que j'essaie de comprendre aujourd'hui, c'est en quoi cette épée de Damoclès suspendue il y a trois ans au dessus de ma tête, ne s'écarte pas.
Tous ceux dont les parents vieillissent ont-ils la même sensation que moi ? Je ne le crois pas.

J'ai en tête depuis ces derniers mois que quelque chose va arriver. Et je ne sais pas au juste quoi.
Cette année de "bloc" partagée se termine. J'ai l'impression qu'une époque de ma vie se termine avec elle. Sans pouvoir expliquer davantage.

Il arrive dans une vie des moments, comme ça, où une période se termine et une autre s'enclenche. La fluidité des jours s'étrangle d'un cahot, plus ou moins violent ou prononcé.
L'inflexion n'est pas toujours à angle droit, la courbure peut être plus douce, moins abrupte.
Pourtant, on a le sentiment d'un moment différent, d'une étape bouclée, et d'une nouvelle à commencer.
Une transition dans la continuité modulée, ou une cassure, c'est selon.

Ce cap de mes 50 ans annoncés depuis que j'en ai quarante, y est-il pour quelque chose ?
J'ai eu cette coquetterie de me dire plus vieille que mon âge, toute cette dernière décennie. 

Coquetterie avortée, puisque personne, jamais, n'a relevé, en me disant : 50 ans ?! Non, ça n'est pas possible !! 
Non, non, tout le monde trouvait très plausibles mes 50 ans, quand je n'en avais pas encore 45. Tiens ! prends ça dans les dents !
J'ai toujours eu l'air plus vieille que mon âge, semblerait. Quand j'avais 15 ans, ça faisait bien mon affaire. Aujourd'hui, je me passerais évidemment de ces années ajoutées à mon pedigree...

Mes introspections ne datent pas d'hier. Mon goût pour les recherches vagues quoique attentives, des histoires, familiales ou autres, je l'ai toujours connu.
Je vois bien la finalité de ces explorations : je cherche un enchaînement, un sens, caché ou tu, une justification à la trame de l'existence, et de la mienne en particulier.
Une façon de nier le hasard pur, l'inconnu, le néant et le rien  inexplicables, par essence.

C'est désagréable de se sentir impuissant et voué à n'être qu'un fétu de paille ballotté au gré de vents capricieux et sans but.
L'idée pourrait m'alléger de toute responsabilité. Je me dirais : quoi que je fasse, quoi que j'entreprenne ou élabore, tout est voué à se perdre dans un aléatoire complet. Alors, ma foi, plus besoin de me casser la tête ! Je fais comme je le sens, et je ne cherche pas plus loin.

Oui, je pourrais... Tout le monde le pourrait. Et pourtant, peu le font, n'est-ce pas ?
Nous sommes pour la plupart corsetés dans cette illusion que nos actions, nos pensées, nos vies, ont un sens, une utilité.
Et nous nous accrochons ferme à ce garde-fou. Nos sociétés s'organisent autour de cette ligne, et, peut-être, ne tiennent que par elle.

Je suis comme ça, moi. Je crois sentir dans la marche du temps une arabesque diffuse.
Et, en ce moment, je pense être dans un tournant, engagée dans une spirale dont l'issue me conduira vers une autre perspective.

Je ne m'attends à rien de particulier, rien de définissable. Je suis prête, sans savoir à quoi.

Limpide, tout ça, n'est-ce pas ? Les eaux troubles ne sont pas ma contrée de prédilection, pourtant. Quand, dans le même temps, une vie sans remous paraît morne et plate.

Le temps parlera, comme disent les sages...






Les chemins les plus ombragés mènent aussi à la douce lumière.

lundi 12 octobre 2015

LA NOIX DE JEAN-MICHEL




Bonjour à tous !

Ce lundi sombre, pluvieux, tout en douceur, feutre le monde dans un silence ouaté.
Il ne manque plus qu'un banc de brume pour s'imaginer au cœur de l'hiver, le froid en moins.

Pas d'image du jour, elle serait grise, uniforme, sans relief ni contours.


Je repensais à notre étape de samedi soir en l'église de Guéthary, avec Olivier.
En plus de ce moment doux, là aussi, mais lumineux, doré et riche, il a été pour nous l'occasion de résoudre une énigme vieille d'il y a trois ans. Et oui, tout de même...

Il relève de Bigoudi, Bigoudi ma vache, dont il était question dans mon article précédent. Comme quoi, sans qu'il n'y paraisse, et même pourrait-on dire avec toutes les apparences de l'opposé complet, tout se tient, dans ce "bloc". 
Cette construction d'allure disparate révélerait finalement une logique de maçonnerie solide. De "bloc" à parpaing, vous suivez ? Oui, bon, c'est un peu tiré par les cheveux, mais les choses s'imbriquent parfois bizarrement, dans la vie, n'est-ce pas ?

Ainsi donc, il y a trois ans, par un dimanche après-midi gris comme aujourd'hui, nous avions avec Olivier rendez-vous devant l'église d'Ahetze.
Il était question d'aller chez le maquignon, vous savez, Marcel. Vous ne savez pas? Allez lire plus haut, vous tomberez dessus, peut-être, dans une histoire avec Madonna, par là.
Le maquignon d'Agorreta, Marcel de son petit nom, réside à Ahetze. 
Il y a trois ans, il me téléphona, pour me dire qu'il avait chez lui une petite génisse adorable, mignonne, douce et gentille. Tous arguments de nature à me faire fondre, comme il le sait parfaitement, le bougre...
Incapable de résister, je décidai d'aller voir cette beauté sur place. Et demandai à Olivier de me rejoindre, lui, depuis ses Landes.
Entre époux, nous convînmes de nous retrouver à Ahetze, à mi-chemin de nos domiciles respectifs. Vous le savez aussi, ou peut-être pas, d'ailleurs, nous sommes un couple moderne, mariés mais vivant à 80kms l'un de l'autre. 

Pour ne pas nous manquer, je proposai comme lieu de rencontre facile à repérer, l'église. 
Et, nous nous manquâmes, lui m'appelant en me jurant qu'il était devant l'église d'Ahetze, et moi, vociférant que ça n'était pas possible, puisque j'y étais, moi, et que je n'y voyais personne !
Le ton monta, et nous nous raccrochâmes au nez, très fâchés l'un comme l'autre.
J'allai voir ma vache, la trouvai effectivement mignonne, gentille et adorable. Le soir même, Marcel me l'amenait, manquant pour se faire le début d'une partie de pelote. Fallait-il que sa fibre commerciale soit tendue... ou l'affaire inespérée.

Bigoudi devint la vache dont je vous parle. J'en suis entièrement satisfaite.
Notre dispute de ce jour là se dilua. Je mis la méprise sur le compte de l'énervement de mon mari, capable quand ses nerfs le prennent, de confondre une église et un cagibi technique d'EDF. Référence à notre premier rendez-vous, pas manqué, lui...

Nous nous en sommes amusés plusieurs fois depuis, à chaque fois qu'il s'est agi de se retrouver quelque part.
Samedi soir, en m'approchant de l'église où je devais récupérer mes plantes, la lumière se fît, enfin.
L'église que je croyais d'Ahetze, est en fait celle de Guéthary... Tiens donc ! Ça alors...
Mon maquignon habite tout près de là, pourtant. La limite entre les deux communes doit être dans les parages.
Olivier comprit évidemment comme moi mon erreur, et se rappela aussi notre dispute de trois années en arrière.
En bon mari, décidé à ne pas gâcher l'ambiance amour et paix de la soirée, il ne revint pas là-dessus, le saint-homme.
Je ne suis pas sûre d'être aussi magnanime. Je ravalai ma honte rétrospective assez facilement, et me sentis un peu allégée de cette énigme enfin résolue.

Il y a ainsi des éclaircissements qui viennent sans qu'on s'y attende. Des histoires floues qui se dénouent quand on n'en cherche plus le fil.

Dans le même registre, cette dernière semaine encore, Jean-Michel, mon patron, (oui, celui-ci je vous en ai  parlé, aussi, déjà), a fait resurgir de ma petite enfance une histoire enfouie au point que je ne la savais même plus là.

Il s'est agi d'une noix. Une simple noix qu'il m'a tendue, à la jardinerie, jeudi dernier.

Il m'a expliqué que dans l'imaginaire traditionnel basque, la noix porte bonheur. Et il m'a fait présent d'une coque tombée d'un fruitier près de nous.
Prenant dans la main la noix, je fis la remarque que les noyers attirent souvent la foudre. Sans savoir si cela tient à leur charpente, leur enracinement dans le sol, ou le sort, pourquoi pas...
Nous en avions deux beaux, à l'ancien poulailler sur la hauteur, à Agorreta.
Et les deux ont été séchés par la foudre.

J'énonçai mes théories, quand me revint l'image d'une boule de feu traversant l'étable. Une fulgurante résurgence, un déclic.

Je vous ai parlé il y a peu d'un rêve récurrent qui m'a tourmentée longtemps.
Un terrible danger menace ma famille, j'essaie de la mettre en garde, de la préserver de cette catastrophe imminente. Et personne ne me prend au sérieux. Je ne sais comment les convaincre, ils ne prennent aucune mesure de sauvegarde. Je ne pourrai pas les sauver, s'ils ne me croient pas.

Je vous ai dit que ce rêve s'était finalement résolu, quand j'en avais eu l'aboutissement, un jour, ou plutôt une nuit : à savoir le danger n'était pas si grand, et personne n'en mourait.

Jeudi dernier, ma noix dans la main, je me suis revue, toute petite fille.
Je suis dans l'étable, près de la grande porte. Le volet en est ouvert, mais je suis trop petite pour voir la cour à l'extérieur. Il pleut, très fort, le tonnerre gronde. Je regarde le ciel, sombre et menaçant.
Soudain, un claquement terrible me fait porter les mains à mes oreilles. (Mes oreilles, déjà...)
Je ferme les yeux et me recroqueville. Une lueur formidable transperce mes paupières, une lumière bleue condensée en une boule de feu.
La foudre traverse notre étable, et ressort par l'une des trappes menant au grenier, juste au dessus des vaches attachées à leurs chaînes.
Le mouvement a été fulgurant. Je n'ai rien compris, rien fait. La peur n'a même pas eu le temps de se manifester.
Je reste sidérée.

Une vache meugle de terreur, elle sort de sa place en reculant, la chaîne coupée pendant à son cou. Elle court vers le fond, ses sabots heurtent le sol en désordre.
Je ne me souviens pas qui l'a rattrapée et remise à sa place, mon père, sans doute.
A peine revenue de mon saisissement, je tente d'expliquer à mes grands-parents sortis de la cuisine ce que j'ai vu.
Affairés par le remue-ménage dans l'étable où toutes les vaches s'agitent, on me pousse dans un coin, en me faisant taire.
La vache deviendra folle. Il faudra l'abattre.
Bien plus tard, quand l'incident est oublié de tous, et même de moi, mon grand-père s'étonne un jour de cette chaîne à vache cassée et bleuie. Elle est restée accrochée au mur, sur un piton, parmi d'autres, attendant d'être réparées.

  - Hau xutan ibillia duk ero zer ? s'étonne-t-il.
  - Elle est passée dans le feu ou quoi ?

Il l'écarte et en prend une autre, pour en rafistoler une troisième. Nous sommes à Agorreta, déjà, en ce temps-là...

Toute cette histoire m'était sortie de la tête. Je me souviens avoir entendu parler de la vache devenue folle à cause de l'orage. Mais jamais je n'avais fait le rapprochement avec cette boule de feu bleue, cette foudre entrée et ressortie de l'étable à travers une chaîne en acier. Jamais non plus la petite fille terrorisée qu'on n'avait pas voulu écouter n'était revenue à ma mémoire.

Une petite noix tendue a ouvert une vanne fermée. Une coque dure dans ma main a déverrouillé un souvenir enfoui.

Je suis très attentive à ces déclics, et très intéressée , par ces phénomènes où un détail révèle la solution d'une énigme.
Rien ne s'oublie tout à fait. Les émotions, les peurs, les joies tissent une trame dont les mailles se mêlent.
Un bout de fil mène à une source lointaine, parfois. 
Il ne faudrait rien négliger, rester disponible et vigilant.

Les signes sont là. Là où on ne les attend souvent pas.

Je vous partage ces petites choses, comme je vous partage mes moments simples et banals.
De tout ça sortira quelque chose, je le crois.
Quelque chose, attendu ou pas. 
J'ai pris ce chemin en novembre dernier. Je me laisse conduire, je m'y promène, et vous emmène avec moi.

Nous verrons bien où tout cela nous mènera, n'est-ce pas ?
A bientôt, amis de ce "bloc" construit sans règles ni lois. Ayez comme moi la foi, la foi en ce qu'il adviendra.






dimanche 11 octobre 2015

COMMENT VA BIGOUDI ?



Amis suiveurs des nouvelles d'Agorreta, bonjour !

Je réponds par cette brève  chronique tardive à un ou autre de mes lecteurs, intéressés par la conduite de mon modeste élevage.

Je vous l'ai dit plusieurs fois déjà, j'aime écrire. Et savoir que certains aiment me lire est une satisfaction supplémentaire. 
J'ai donc à cœur,  quand elles me parviennent, de lever les interrogations de ceux là qui me suivent en ces pages.

Pour ce soir, c'est Bigoudi qui suscite l'intérêt, donc.





Bigoudi, la normande gourmande. La malicieuse et enjouée petite vache blanche tachetée de cœurs noirs..
Bigoudi, la mère attentive et prospère de la noire Galzerdi.




Que ses fans se rassurent, Bigoudi se porte en ces jours à merveille.

Je l'avais laissée la dernière fois en début de dressage, souvenez-vous.
Ma Bigoudi refusait de se laisser traire, alors que sa fille, un peu incommodée par la chaleur, sans doute, ne la vidait pas complètement de son lait.

Pour éviter une infection de ses mamelles, je devais impérativement lui retirer ce restant de lait.

Comme madame se montrait rétive, je devais lui entraver les pattes, au moyen d'une corde souple.

Depuis, Galzerdi a retrouvé son bel appétit. Le pis de Bigoudi est parfaitement assaini, tous les jours.
Pour ne pas perdre le bénéfice de mes séances de traite rocambolesques, je continue chaque soir de visiter ce pis.
J'assouplis les trayons de la belle, en appliquant de la graisse à traire sur les mamelles. Je frictionne doucement le pis souple, étalant le baume sur les appendices sollicités par Galzerdi plusieurs fois par jour.
Bigoudi se laisse faire sans broncher. Elle apprécie même ce moment, j'en suis sûre, et tourne vers moi sa tête carrée en signe de gratitude.
Si j'insiste, par contre, si je fais mine de presser un ou autre trayon pour en tirer un filet de lait, elle proteste assez vite, et lèverait facilement le sabot, la diablesse !

Je passe alors la corde accrochée au mur de l'étable, derrière elle, entre ses postérieurs, sans serrer.
Alors seulement, elle se résigne à me laisser lui soutirer son lait.
M'ayant clairement manifesté sa désapprobation, elle s'incline d'assez bonne grâce. Ma vache me reconnaît le droit d'user sur elle d'une autorité qu'elle admet nécessaire.
Je ne lui en demande pas davantage. Vache à lait elle est, vache à lait elle restera, réservant préférentiellement à sa petite vêle le produit de son pis.
Bigoudi, comme Pollita et Fauvette, est pleine, elle aussi. Elle ne s'inquiète pas, elle, de manquer de lait pour sa première née. Elle connait son potentiel, et s'appuie en confiance sur ce capital génétique abondant. Sa petite vêle sera nourrie, en abondance et qualité, tant qu'il le faudra. Ces normandes sont capables d'enchaîner les vêlages sans dommages, avec une période de tarissement minimale, de quelques semaines seulement.

La petite vêle en question, cinq mois à peine, se montrait hier à la rentrée bien agitée. Elle meuglait et trottinait de ci de là, contrairement à son attitude habituelle, toute raisonnable.

Elle connaissait ses premiers émois de jeune fille, ma Galzerdi, encore au pis de sa mère, et déjà en chaleur !
Quelle précocité chez cette petite !
Elle tient sûrement de sa mère ce sang vif, et un tempérament enjoué et ardent.
Une dynastie richement pourvoyeuse en péripéties, assurément !

Voilà, pour les nouvelles de Bigoudi, et de sa fille Galzerdi.
De son côté, Pollita, agitée la nuit de l'éclipse lunaire, a retrouvé son flegme, auprès de sa fille Rubita, calme et tranquille, elle.

Mes vaches sont toutes particulières et différentes.
Elles m'apportent joies et divertissements.

Soyez remerciés par mon entremise de cet intérêt qui les flatte.
A une prochaine fois !


IL EST VENU, LE TEMPS DES CITROUILLES...



Me revoici, pour une chronique bucolique, cette fois.
Ce matin, j'ai fait le tour de mon champ de citrouilles.

Les journées chaudes de cette semaine font avancer les mûrissements.

Les maïs s'engrangent, illuminant les séchoirs de leur jaune éclatant :





Les courges ont emmagasiné toute la substance des lianes maintenant sèches.



Ma "carabosse" est sur le point de se détacher.

Toute parsemée de verrues épaisses, elle rayonne de ses côtes solides.

Je l'ai tâtée, poussée, un peu.
Elle pèse, la bougresse !









Celle-ci est encore plus grosse.
Il va me falloir assistance pour les basculer dans la bennette de Ttiki-Haundi.

Le temps de la récolte est arrivé.
Je dois m'assurer un renfort physique.
Il ne suffit pas d'être fort, pour cet ouvrage, il faut aussi être délicat. La courge se blesse facilement, et fond en eau très vite, si le coup a entamé sa chair.

Il me faut un homme fort, et doux. Le mien, celui que je me suis choisi, mon grand Olivier de mari.

Nous ferons ça dimanche prochain, si le temps s'y prête.
Cette année, j'ai plusieurs citrouilles de très gros calibre. Hybridées souvenez-vous de mon phénomène de l'an dernier, lui-même issu de la courge de 200 kg, livrée en démonstration par un fournisseur de terreau de la jardinerie. Vous suivez ?




Celle-là, oui, la voilà, fille de citrouille géante,  cultivée sur les hauteurs d'Agorreta l'année dernière.

Ma vache Pintta-Mona avait essayé, heureusement sans succès, de la croquer.










Celle-ci descend en droite ligne de sa "mère".

Elle en a conservé la forme et la couleur.
Encore une que je ne peux pas déplacer sans aide...












Les mulots essaient d'entamer la peau des courges.
Celles de notre fournisseur de terreau, ont été paraît-il toutes mangées, cette année.

Les miennes, moins poussées en culture, développent une meilleure résistance aux attaques.
Ce qu'une vache gourmande n'a pas réussi à faire, ce n'est tout de même pas un rat des champs qui va y arriver, que diable !
Ce fruit, à la peau plus fine sans doute, a failli être creusé. Puis, il a cicatrisé, juste à temps pour sauver sa chair, et sa peau !



Plus loin, les limaces voraces ont sillonné les flancs couchés des courges allongées sous les herbes humides.

Là encore, rien à faire, la citrouille a résisté, vaillamment, et s'en est tiré. Toute balafrée.

On n'imagine pas les luttes silencieuses dans nos potagers.
Les hurlements de douleur tus.
Les souffrances invisibles endurées à bas-bruit.

La vie de citrouille n'est pas un long fleuve tranquille.
Ces valeureuses combattantes rejoindront bientôt leur havre de paix, dans mon étable.

Elles y apporteront leurs rondeurs et leurs lumières, chaudes et gaies.

Là encore, bien-sûr, je vous montrerai...

Cette fois-ci, je vous quitte pour de bon, il est temps pour moi d'aller travailler.

A bientôt pour nos prochaines récoltes...


CONTRÔLE TECHNIQUE




Bonjour à tous les suiveurs des nouvelles d'Agorreta !





Matin calme sur Agorreta.
Quelques rares coups de fusils claquent.

La mini-meute s'affaire, pas trop loin de moi. Les coups de fusils, ils n'aiment pas trop ça, mes trois gardiens du temple, un peu poltrons...







Ils restent attentifs, inquiets, les oreilles vite dressées en alerte.

Ils patrouillent au plus près de moi et de la maison.

Le fourgon de la jardinerie, incongru à Agorreta, les distrait à peine de leur vigilance apeurée.





En rentrant hier soir, je me suis arrêtée à l'église de Guéthary. Je devais y récupérer des plantes louées pour un mariage.

Quel bijou, cet édifice !

Dressé coquettement sur un mont surplombant la mer, serré de son cimetière, entouré de maisons anciennes mais pimpantes, il traverse les âges, parfaitement entretenu.
Le galbe des boiseries sombres, les galeries longues et profondes, la pierre claire, tous les éléments parlent de milliers de mains glissées sur les surfaces polies, de milliers d'élans vers un apaisement espéré.
Je m'y suis attardée un peu avec Olivier, dans le soir tiède et lumineux.

Mon mari m'accompagnait pour exécuter la manœuvre avec le fourgon. Manœuvre rendue délicate à cause de l'étroitesse des lieux, le raidillon prononcé et exigu à l'arrivée nécessitant une certaine maîtrise.
Que je n'ai pas.

Depuis vendredi, ma conduite est sujette à commentaires déplaisants.
Je ne m'en offusque pas trop. Je n'ai jamais mis un point d'honneur à passer pour un as du volant. Manifestement, bien m'en prend...

Je vous raconte :

Vendredi, je devais mener ma petite automobile à son contrôle technique périodique. Bien.
Je n'ai aucun attachement particulier pour les voitures. Elles me sont strictement utilitaires, et je n'y mets aucun affect supplémentaire.

Ma modeste Modus n'est pas vieille. Six ans. Je mène généralement mes véhicules bien au delà, autour des 20 ans et des 300 000 kms. Quand c'est possible.
Ma petite auto est estampillée verte, écologique. Je ne suis pas une citoyenne acharnée sur les questions de développement durable de la planète. Nonobstant, j'y prête attention, dans l'idée de préserver cette nature à laquelle je suis tout de même attentive. Je remplis mon réservoir d'un carburant sensé respecter l'environnement, au prix de quelques centimes supplémentaires.
Non, vraiment, j'ai l'impression de faire comme il le faut.

Pour la conduite, je roule gentiment, de façon très régulière, en évitant les à coups, accélérations brutales et autres freinages violents. 
Par mesure d'économie de carburant, d'abord. Et aussi par goût.
J'aime la sensation de glisser sur la route, de traverser les paysages sans bruit, ni heurts.

Je me souviens de mes cours de physique. Pour illustrer la théorie du mouvement perpétuel, le professeur envoyait un palet glisser sur une surface lisse. Dans un milieu protégé de toutes forces contraires à cette impulsion donnée.
Le palet suivait une trajectoire jamais contrariée, et son avancée sans entrave paraissait fluide et presque voluptueuse.

Je recherche cette volupté en conduisant, cette impression d'avancer sans effort.
Je qualifierais ma conduite de souple et respectueuse.
Mes détracteurs me traitent de vieille mémère poussive et dangereuse...

Parfois, c'est vrai, quelques poids-lourds s'impatientent derrière moi, sur l'autoroute. Je roule généralement autour des 90 kms à l'heure. Ou un peu moins, si une rêvasserie me prend. Et il m'en prend assez souvent, je le reconnais.
Sur les montées, les véhicules lourds, lancés, doivent ralentir, s'ils ne veulent pas m'emboutir, empêchés par leur poids d’accélérer suffisamment pour me dépasser.
Les chauffeurs s'énervent alors, rendus moins tolérants par les heures au volant, sans doute. Et klaxonnent derrière moi, un peu rageusement.

Tirée ainsi de mes pensées, je reviens à la route, et appuie sur le champignon, un peu. Juste de quoi apaiser mon suiveur.

  - Tu es toujours en sous-régime ! me dit-on. Ah bon...

Ces remarques ne m'ont pas amenée à modifier mon comportement au volant.

Vendredi, retournant chercher ma voiture, je ne m'attendais nullement à ce verdict implacable :

   - inapte, trop polluante, encrassée à mort.

Tiens donc ! J'en suis restée baba. 

Dûment conseillée par mon frère professionnel de la mécanique automobile, j'ai entrepris une action en "décrassage".
A savoir : Hendaye-Bayonne, samedi matin, en troisième.
Ah ça ! la petite chenille télescopique du compteur des tours-minute a exploré des zones vierges pour elle jusque-là !
Jamais au grand jamais, les petits rectangles lumineux n'avaient investi cet arc de cercle dangereux. Pensez : ils frôlaient la zone rouge, celle de la surchauffe ! Je souffrais pour ce moteur rugissant, poussé bien au delà de limites jamais approchées ...
Sans parler de mes pauvres oreilles malmenées par ce vrombissement strident, rendant l'habitacle acoustiquement difficile à supporter.
J'ai soutenu cet effort nécessaire en serrant les dents, les entrailles nouées, le poing crispé sur un levier de vitesse douloureux, le regard rivé sur ce fameux compteur agressivement illuminé.

Quelle épreuve, Boudiou !

Enfin, j'espère avoir "décrassé" le circuit.
Nous verrons le verdict très bientôt.
En gros, pour pouvoir être autorisée à utiliser ma voiture à ma manière, sans accélérer ni polluer, il m'aura fallu disséminer un flot de particules rugissantes sur deux cantons.
Quelle étrangeté de raisonnement écocitoyen, n'est-ce pas ?

J'ai besoin de ma voiture pour aller travailler. Je suis bien obligée de me plier aux règles incontournables.
Et contradictoires.
Moi, qui ai quand même réussi à perdre la moitié de mes points de permis de conduire, pour excès de vitesse, en n'accélérant jamais.

Je reprends ma petite voiture ce soir, à la jardinerie. Toute haletante encore d'hier matin, je vais devoir encore nous faire violence, pour la bonne cause.

Je vous livrerai le résultat de cette souffrance, évidemment.

A bientôt, et portez-vous bien en ce dimanche paisible, lui.


En différé de huit jours :

Ouf, tout va bien. la seconde visite, après les hurlements du moteur mené à bout, s'est révélée satisfaisante.
Comme quoi, il aura bien fallu que je pollue à tout va, pour pouvoir continuer à ne pas le faire.
Une logique pas plus tarabiscotée que ça, n'est-ce pas ?
bref, la petite modus a l'autorisation de continuer de rouler, et ça me va très bien comme ça !




mercredi 7 octobre 2015

CONSERVATOIRE



Bonjour et bienvenus ici !

Vous savez que j'ai pris ce bon vieux Gegel comme conservateur de moments et d'images que je ne veux pas perdre.

A moins d'une panne informatique fatale et mondiale, je m'assure, à mon idée, ainsi, un 
coffre- fort inviolable, puisque ouvert à tous.

J'ai quelques images venues de haut.  Je vais vous les déposer ici, et vous me les garderez au chaud.
























Ne faites pas attention au désordre. Ne vous étonnez pas non plus de voir le Pic du Midi délocalisé à Agorreta.
Vous le savez, ce genre de fantaisies ne me dérange pas, moi.
J'utiliserai ces belles images, au gré des inspirations et des moments. 
En attendant, repaissez-vous avec moi, et transportez vous par la pensée hors de votre quotidien, du monde et du temps.
De l'altitude, que diable, de l'altitude...

Histoire de revenir sur terre ferme, notre petite mais si précieuse mère-Rhune, ce matin :





Modeste cousine de cet impressionnant  Pic du Midi, elle perd sa tête dans les nuages.
Issue de la même roche, du même élan gigantesque qui souleva la chaîne montagneuse entière, notre Rhune tend son versant le plus équilibré vers Agorreta. 
Sommet fier sans arrogance, pentes douces et harmonieuses, elle veille en sentinelle sur ces débuts de journée que je vous partage.
D'elle aussi, je vous parlerai davantage, une autre fois.

Nous en sommes à ce moment de l'année, où il faut saisir les opportunités des périodes de beau temps pour engranger les récoltes.
Les maïs sont prêts, les épis blanchis, suffisamment secs, et les grains remplis.

Ma betterave doit encore mûrir, et profiter de la substance des dernières feuilles  vertes.
Les courges finissent elles aussi de se gorger de chaleur.
Je laisse faire le temps, maintenant. Par contre, novembre, avec une petite gelée toujours possible alors, demande vigilance. Ce serait dommage de voir partir en eau toutes mes belles promesses, non ?
Les choux et les navets passent l'hiver en terre. Ils ne craignent pas le froid, et constitueront un aliment frais en vert pour mes vaches.

De frais, nous en rêvions presque lundi, avec cette brutale chaleur à contre-saison.
Nous sommes en automne, le temps change vite et radicalement. Tenons-nous prêts !








Lundi soir justement, les cieux changeants offraient un spectacle magique, sur le couchant.











Les riches fulgurances scintillantes ourlaient les masses sombres.

Un spectacle magique.

Le ciel est un grand démocrate. Il propose ses splendeurs à tous.
Il suffit de lever les yeux, et de se laisser imprégner.







On ne peut pas toujours avoir l'opportunité d'être sur les hauteurs des montagnes. Le ciel, grand seigneur, nous partage ses beautés.

Tourner son regard du bon côté suffit, souvent. Pour tous et partout.

Les panoramas les plus grandioses doivent être regardés, pas seulement vus...

Tiens, je pourrais vous faire une série sur les couchants d'Agorreta. 
Vous avez eu les levers de soleil sur bientôt une année. Ça changerait !

Bon, plus tard, ça aussi, peut-être, allez... 
A bientôt, alors, si vous voulez bien me suivre, encore.

dimanche 4 octobre 2015

RIEN DE NEUF SUR LA PLANÈTE ?



En ce premier dimanche d'octobre, bonjour à tous !





Aube tremblée incendiaire, ce matin.


















La Rhune s'assombrit de ces cieux flamboyants.

Le spectacle durera une dizaine de minutes seulement.

Ces cieux d'automne, profonds et presque inquiétants d'intensité lumineuse.

Augure de l'arrivée d'un temps incertain.




Une demie-heure à peine plus tard, on se croirait sur une autre planète, dans un monde raisonnable.

Comme si on avait rêvé les images précédentes.
Difficile de croire qu'elles ont seulement existé, en vrai.

Pourtant...






On sait l'altération des réalités par la durée ou la distance. L'éloignement dans le temps et l'espace modifie notre perception des choses.
C'est d'ailleurs bien commode quand on veut faire passer des vessies pour des lanternes...
Qui n'a pas entendu une personne avancée en âge laisser planer un doute séduisant sur un passé impossible à vérifier par un auditoire bien plus jeune ? 
Ou alors, n'est-il pas assez courant de se présenter avantageusement quand on arrive dans un endroit nouveau, en comptant sur le flou de l'inconnu pour arrondir les angles ?
A l'heure de l'information en libre-service, du temps réel et de l'espace à portée de tous, ces illusions risquent d'être démasquées assez vite, il est vrai.
Mais quand même, il reste toujours quelque chose de confortable dans une réalité malléable. Le petit coussin d'amortissement douillettement nourri du temps passé ou de la distance mise entre une chose et son évocation adoucit les arêtes trop vives d'un réel parfois rugueux.

Si je change mon cercle familier, je peux toujours prétendre à  ceux qui ne m'ont pas connue avant, que j'étais avenante et brillante, dans ma jeunesse. Qui le saura, de ceux-là qui m'écoutent maintenant ?
Evidemment, il me faudra éviter d'annoncer que j'étais une beauté à couper le souffle et un génie. La vérité peut se maquiller, un peu, ou beaucoup, mais il faut savoir garder un semblant de plausibilité, tout de même !

Non, non, je vous le dis, si on laisse faire le temps, on peut gentiment se nourrir d'illusions sur un passé flouté.
Et personne ne s'en prive, revisitant son histoire d'un regard totalement orienté.

J'énonce des platitudes, des lieux communs. Je le sais, je le reconnais bien volontiers.
J'en entends, j'en lis, beaucoup, aussi.

N'y a-t-il donc rien de nouveau à dire, rien d'inédit à inventer ?
La "création" est-elle une illusion pour se masquer notre médiocrité ?
Les fictions les plus fantaisistes ne sont-elles que des orchestrations plus ou moins réussies de situations réelles et connues ?
Rien ne remplacerait  le réel, le vrai ?

Notre seule latitude est de regarder, de sentir, de se laisser investir et de tenter de rendre une émotion, de la partager.
Nous n'inventons rien.  La nature avant nous a créé. Nous ne faisons que chercher, et, trouver, parfois, de nouvelles possibilités, qui existaient mais ne nous étaient pas accessibles.
Les notes de musique tentent de circonscrire des sons. Les désignations des couleurs ne rendent qu'une infime partie d'une palette immense.
L'artiste travaille une matière d'avant lui. Il explore et quête. Il ne crée pas, il assemble, autrement.
Les technologies les plus avancées n'inventent rien. La science est recherche. De ce qui est.
La nature ne nous a pas attendus pour hybrider les espèces, rendre les génomes évolutifs et adaptables aux milieux.

Notre imaginaire ne se détache pas des réalités. Il s'en éloigne, les transforme et les mélange.
Nous explorons, nous ne créons rien qui n'existait déjà.
Les idées nous viennent, elles ne sont pas notre oeuvre.
Du néant, que nous sommes incapables de concevoir, nous ne faisons rien d'autre que d'en cultiver l'effroi.
Incapables d'aller au delà.

Bah ! bah ! bah ! La belle affaire...
Puisque nous ne savons qu'observer, regarder, chercher, et imaginer à partir de là, et bien, observons, regardons,  cherchons, et imaginons :







Les scientifiques dans leurs observatoires, spectateurs privilégiés de la beauté d'une nature souveraine :










Un lever de soleil sur le Pic du Midi.

Comment imaginer créer plus grandiose ?










Avoir accès à ces réalités est une chance. S'en nourrir et s'y ressourcer une force.


J'ai parfois le vertige, au propre et au figuré. Le vertige de ces insondables où nos illusions s'effraient.
Pour ne pas perdre pied, j'ai besoin de revenir à la terre, au concret.





Faisant le tour de mon champ de courges, ce matin, je cherchai des traces de blessures sur les peaux épaisses. Un début de grêle dans la nuit de vendredi à samedi m'avait inquiétée.
Apparemment, rien de trop méchant. La conque de cette citrouille remplie d'eau se videra sans dommage. La carapace dessous est dure et étanche.
Les lianes au sol sèchent. Elles nourrissent encore les fruits. Les queues se détacheront au moment venu. Il faut attendre encore.

Ces rustiques et lourdes citrouilles nous parlent aussi de soleil et de magie. De couleurs chaudes et de fées qui les transforment en carrosses.
Notre imaginaire peut jouer dans un large champ, libre et léger. Les limites sont si lointaines, elles ne nous contraindront pas. Si nous gardons l'humilité de ne pas vouloir les effacer.

Encore une de mes envolées fantasques et échevelées. Ah ça ! des limites, il faudrait en mettre à tant de sottises éparpillées comme mes courges dans le champ.

Allez, allez, ne soyez pas mauvais !

Ayez un beau dimanche. Derrière le gris du ciel, souvenez vous des flammes et de la lumière. Elles sont là, et reviendront, à l'occasion, nous enchanter encore.